🎙 Interview – Sonny Anderson : « Les entraĂźnements de van Gaal, c’Ă©tait le top du top ! »

100% Liga Accueil Articles Barça En avant Entretiens Liga Santander

Consultant pour BeIN Sports qui diffusera Real Madrid-Barça dimanche (16h15), Sonny Anderson a portĂ© le maillot du FC Barcelone pendant deux saisons et marquĂ© Ă  deux reprises lors d’un ClĂĄsico. Pour ÂĄFuria Liga!, le BrĂ©silien Ă©voque son passage en Catalogne, la pression constante et le jeu chaloupĂ© de Rivaldo. 

Vous avez disputĂ© 3 fois le ClĂĄsico et vous avez marquĂ© Ă  2 reprises. Ça compte dans une carriĂšre ?

C’est Ă©videmment un match trĂšs attendu par tout le monde et si vous marquez ce jour-lĂ , vous jouissez d’une garantie et d’une tranquillitĂ© par le club pendant un certain. Quand ça arrive, c’est trĂšs agrĂ©able parce que vous faites la une des journaux et c’est toujours satisfaisant car le ClĂĄsico n’est jamais un match comme les autres.

Le 7 mars 1998, vous ouvrez le score tard au Camp Nou mais votre but a tout déclenché.

Hormis les matches oĂč l’un des adversaires est trĂšs supĂ©rieur, un ClĂĄsico se dessine toujours sur un dĂ©tail. Au dĂ©part, Rivaldo parvient Ă  centrer fort, je devance Roberto Carlos pour prendre le ballon de la semelle et marquer. C’Ă©tait la 70e minute et le Real Madrid a Ă©tĂ© contraint de jouer et de dĂ©couvrir et nous en avons profiter pour gagner largement (3-0). Le 1er but est toujours crucial parce que le jeu s’ouvre beaucoup plus ensuite.

Guardiola disait qu’au Barça les annĂ©es comptaient doubles, voire triples. Bojan Krkic l’a Ă©galement Ă©voquĂ©. Vous l’avez aussi ressenti ainsi ?

Quand vous ĂȘtes en forme, vous ĂȘtes adulĂ©, mais quand ça va moins bien… En Espagne et en Catalogne, vous avez tous les jours, des journaux, des programmes radio, des Ă©missions tĂ©lĂ© qui vous jugent en permanence, y compris en ce qui concerne les entraĂźnements. C’est une pression permanente mais elle fait partie de ce mĂ©tier et de notre quotidien. Il faut ĂȘtre fort mentalement et faire avec, parce que vous donnez du rĂȘve aux gens. Comme le football est un sport populaire, vous ĂȘtes constamment observĂ©. Il faut savoir adopter la pression et s’en servir pour progresser.

Photo : PA Images / Icon Sport

Louis van Gaal est souvent citĂ© en modĂšle mais aussi comme quelqu’un de dur, voire de caractĂ©riel. Sa gestion du cas Riquelme colle Ă  son passage. Vous en gardez quelle perception ?

Les entraĂźnements de van Gaal, c’Ă©tait le top du top ! Il parvenait Ă  faire comprendre le jeu Ă  tout le monde, avec beaucoup de tactique pour nous emmener Ă  progresser avec de la possession, aussi bien avec des passes courtes qu’avec des passes longues. Le 4-3-3 Ă©tait ancrĂ© dans la culture du club et on ne jouait qu’avec ce systĂšme. GrĂące Ă  ça, c’est plus simple de gĂ©rer de grandes stars parce qu’elles comprennent lĂ  oĂč vous voulez aller, avec quelle philosophie de jeu. Van Gaal essayait de trouver des postes pour les joueurs, en fonction du systĂšme et de sa tactique. Mais cela ne peut pas fonctionner pour tous les types de joueurs.

Jouer avec un duo tel que Rivaldo et Figo, il y a plus difficile pour un attaquant ! 

Évidemment, et il ne faut pas oublier la prĂ©sence de Luis Enrique. C’Ă©tait un rĂ©gal !

À ÉCOUTER – Luis Figo et le ClĂĄsico del Cerdo

Beaucoup de supporters du Barça en veulent Ă  Figo mais c’est peut-ĂȘtre en Catalogne lĂ  oĂč il a Ă©tĂ© le meilleur.

Le Figo des Galactiques Ă©tait trĂšs fort mais c’est un joueur qui a beaucoup jouĂ© partout oĂč il est passĂ©. C’est vrai qu’au Barça, il est monstrueux et on ne parlait autant de Ballon d’Or et de qualitĂ©s individuelles seulement pour un seul joueur comme aujourd’hui. Mais on a eu la chance comme moi de le voir Ă©voluer, on s’aperçoit qu’il Ă©tait bon tout le temps, Ă  l’entraĂźnement comme en match.

Est-ce qu’on a tendance Ă  oublier l’influence de Rivaldo au Barça, notamment par rapport Ă  Ronaldinho ? 

Rivaldo n’avait pas le mĂȘme style que Ronaldinho qui Ă©tait capable de faire des gestes techniques incroyables. Mais qu’est-ce qu’il Ă©tait efficace ! Quand il avait le ballon sur le pied gauche, il pouvait crocheter trĂšs vite et frapper enroulĂ© trĂšs fort ensuite. Il Ă©tait capable de marquer des buts dingues, notamment des ciseaux, quand personne ne s’y attendait. Je me souviens d’un but exceptionnel contre l’AtlĂ©tico de Madrid oĂč il inscrit un lob de 50 mĂštres ! Rivaldo avait la vista, un numĂ©ro 10 qui voulait aussi ĂȘtre buteur. Ce n’Ă©tait pas le genre Ă  faire des grigris pour amuser les supporters. Il arrive au Barça la saison avant sa conquĂȘte du Ballon d’Or en 1999. Il montait en puissance et il voulait absolument jouer 10 quand van Gaal, pour une question d’Ă©quilibre d’Ă©quipe, lui demandait de jouer Ă  gauche. Mais c’est Ă©videmment quand il a Ă©voluĂ© en 10 qu’il a Ă©tĂ© le meilleur.

Pour conclure, comment voyez-vous le Barça actuel ? Y a-t-il de quoi avoir peur plus que de raison ? 

Il y a toujours de l’inquiĂ©tude Ă  l’Ă©gard de l’Ă©quipe par rapport Ă  ses derniĂšres prestations. Contre Valencia, le contenu a Ă©tĂ© un peu meilleur, mĂȘme si l’adversaire n’a pas exactement montrĂ© beaucoup de danger. Mais c’Ă©tait dĂ©jĂ  mieux. Cela dit, un ClĂĄsico n’est pas un match comme les autres et tout le monde oublie ce qui s’est passĂ© avant. La gestion est diffĂ©rente car c’est complĂštement Ă  part. On ne peut pas juger un ClĂĄsico avant qu’il ne soit disputĂ©. Beaucoup de joueurs ne sont plus lĂ , mais Koeman a rĂ©cupĂ©rĂ© des blessĂ©s, en plus de Memphis Depay, il peut dĂ©sormais compter sur Ansu Fati et Kun AgĂŒero. Il y aura plus de confiance et de jeu.

Est-ce que vous percevez des similitudes entre votre Barça et l’actuel ?

Le Barça de Van Gaal n’avait pas la mĂȘme pression sur les Ă©paules et puis le club a remportĂ© deux fois la Liga, en 1998 et 1999. Le collectif dont il bĂ©nĂ©ficiait n’avait rien Ă  voir avec celui de Koeman aujourd’hui. Il y avait Pep Guardiola, Giovanni, Figo, Rivaldo, Patrick Kluivert. C’est sans comparaison. Nous Ă©tions plus armĂ©s Ă  l’Ă©poque.

Quel est votre pronostic pour ce ClĂĄsico ?

Joker (rires) Mais j’espĂšre que le Barça gagnera pour pouvoir travailler plus sereinement.

Propos suscités par François Miguel Boudet

Commentaires