Cádiz / Espino, la vie de Pacha

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Formé au Nacional comme Luis Suárez, Alfonso Espino n’est pas un buteur mais un latéral dur au mal. À Cádiz depuis janvier 2019, le gaucher uruguayen est devenu un cadre inamovible d’Álvaro Cervera.

À Cádiz, l’accession en Liga s’est acquise avec un sérieux défensif inaltérable. Le repli, la cohésion tactique, l’âpreté sont des prérequis pour l’entraîneur, Álvaro Cervera. Ce n’est pas toujours joyeux à regarder, et c’est un euphémisme. Mais telle est l’identité gaditana actuelle, loin de l’image renvoyée par le passage mythique du Mágico Gónzalez.

« Le problème, c’est que nous encaissons beaucoup de buts depuis le côté gauche. C’est dans cette zone que viennent les occasions adverses et qui nous rendent fébriles. Le latéral gauche doit être un joueur qui défend, pas qui attaque. Je ne suis pas content de la forme dont on défend dans ce secteur »
Álvaro Cervera en 2018

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Besoin d’un besogneux

Álvaro Cervera n’est pas du genre à proposer du « fútbol cava ». Brian Oliván, actuellement titulaire à Mallorca, et le Brésilien Lucas Bijker sont priés de mettre les voiles. Un latéral, ça doit savoir défendre avant tout ! En quête d’un profil rugueux pendant le mercato d’hiver en 2019, Cádiz dégote gratuitement un Uruguayen du Nacional qui répond au nom de code du « Pacha » et qui débarque pour sa 1re expérience européenne à 27 ans. Le duo n’est certainement pas aussi séduisant que Georges Lautner et Jean Gabin, mais il fonctionne tout aussi bien. Pour sa 1re titularisation en Segunda, contre Lugo, il se permet même le luxe d’adresser une passe décisive. Il dispute seulement 5 matches lors de la phase retour, Cádiz n’accroche pas le barrages d’accession mais la greffe a pris. La saison 2019-2020, malgré la pandémie, est cette fois-ci couronnée par une montée tant attendue. Quand il joue, le Pacha est toujours titulaire. En tout, ça fait 36 matches agrémentés d’un but et 2 passes décisives. Les Gaditanos font la course en tête toute la saison et sont proclamés champions sans leur bouillante afición.

« Nous avons fait un phase aller terrible et nous sommes montés. C’était incroyable ! Malheureusement, à cause du coronavirus, nous n’avons pas pu fêter avec les gens comme nous l’aurions voulu »
A. Espino dans El País édition Uruguay, le 7 février 2021

La Libertadores chaque weekend

À Cádiz, Alfonso Espino découvre le football européen à la sauce Cervera. L’implication doit être constante et maximale, surtout au sein d’une équipe où les fondations sont solides, peut-être un peu trop. Après avoir goûté à la rudesse de la división de plata, le passage à l’élite a été un nouveau palier à franchir.

« La Segunda est difficile car c’est un championnat très long. Mais le changement avec la Liga se ressent, pour la qualité technique des joueurs qui ne perdent jamais le ballon ou presque. C’est très difficile de la prendre aux adversaires »
A. Espino dans El País édition Uruguay, le 3 février 2021

Photo by Francis Gonzalez / SOPA Images/Sipa USA) By Icon Sport

En 2020, le retour en Liga ne laisse aucun doute quant au jeu proposé par les Gaditanos : la défense avant tout. Un parti pris assumé par l’entraîneur, pas toujours compris ailleurs, surtout quand Cádiz parvient à faire déjouer ses rivaux et prend des points inespérés. Pour un latéral gauche, la dose de travail est colossale et elle n’empêche pas l’équipe de terminer 19e défense du championnat. Mais le Pacha s’y plie de bonne grâce et en est même récompensé en prolongeant dès le mois d’octobre jusqu’en 2023

« Ici, je ne peux pas tellement monter offensivement car, c’est logique, les équipes viennent nous attaquer et il faut défendre davantage. Notre jeu est plus défensif qu’offensif et j’attaque moins. Ça me manque parce que ça me plaît et j’y étais habitué au Nacional. J’ai dû m’adapter à ce qu’on demandait de moi. Je dis toujours que jouer ici, c’est comme disputer la Libertadores, où ça se passe moins devant et qu’il faut défendre un peu plus. Chaque weekend, c’est un match de Libertadores ! »
A. Espino dans El País édition Uruguay, le 3 février 2021

Deux buts qui valent 4 points

La saison 2020-2021 a commencé fort pour le Charrua. Au bout du bout du temps additionnel contre Levante, il a inscrit le but égalisateur (1-1). Le retour de bâton a eu lieu deux matches plus tard, contre Osasuna : deux buts encaissés dans les arrêts de jeu alors que les 3 points tendaient les bras aux Gaditanos. Et il a fallu attendre la 5e journée et le déplacement au Celta de Vigo pour enregistrer un premier succès. A l’affût après que le penalty de Salvi Sánchez a été repoussé par Matías Dituro, le Pacha a marqué de nouveau. Le genre de dépassement de fonction qui ne peut déplaire à son coach… Un autre but qui compte lourd dans le bilan de Cádiz qui, avec 5 points sur 15, reste mitigé. Pour l’heure, l’Uruguayen n’est pas soucieux.

« Au niveau des sensations, le début a été positif. Nous devons apprendre et maintenir cette ligner. Je crois que allons bien. Ce qui nous manque, c’est ne pas prendre de buts. Nous sommes meilleurs que la saison dernière et j’espère que ça continuera de la sorte. L’enthousiasme est plus grand car l’objectif est plus difficile à atteindre. Il faut consolider Cádiz en Primera »
A. Espino sur le site officiel du club, le 6 septembre 2021

Indéboulonnable dans le XI de départ d’Álvaro Cervera, Pacha Espino est une vraie satisfaction gaditana. Membre éminent de la colonie charrua en Liga, le latéral gauche est devenu une valeur sûre du championnat. Reste à savoir si cela sera suffisant pour maintenir une équipe qui propose trop peu et se focalise sur un travail défensif qui n’a jamais constitué une garantie suffisante pour conserver cette approche et améliorer le rendement collectif.

François Miguel Boudet

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