Alavés / Pacheco, le mur porteur

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Depuis 2015, Fernando Pacheco est le gardien indiscutable du Deportivo Alavés. Formé à la Fábrica du Real Madrid, il a attendu ses 25 ans pour découvrir la Liga. Pilier des Babazorros, il est devenu l’arme principale pour gagner le maintien.

Où serait Alavés sans Fernando Pacheco ? Peut-être pas en Liga. Le gardien de Badajoz est davantage qu’un dernier rempart : c’est le taulier incontesté. Il a survécu à tous les entraîneurs et à toutes les tempêtes. A chaque fois, il a été celui qui a fait grappiller de précieux points pour assurer le sauvetage du club de Vitoria. A l’image de nombreux joueurs passés par la Fábrica, c’est loin de Valdebebas qu’il s’est épanoui. Gardien titulaire en 2013-2014 lors que le Castilla évolue en Segunda, Pacheco ne peut empêcher la descente en 3e division. A l’époque, il est le coéquipier de Diego Llorente, Leandro Cabrera, Lucas Torró, Omar Mascarell, Burgui, Álvaro Medrán, Lucas Vázquez, Willian José, Raúl de Tomás.

Au panthéon Glorioso

Malgré 47 buts encaissés et seulement 10 porterías a cero en 39 matches et surtout une saison blanche en 2014-2015, Fernando Pacheco est recruté par Alavés. Ce n’est pas une bonne pioche : c’est un coup parfait. Sous les ordres de José Bordalás, l’Estrémègne devient titulaire dès le début de saison. Son bilan est éloquent : 40 matches, 34 buts encaissés et… 20 porterías a cero ! Les Babazorros sont sacrés champions de Segunda et remontent en Primera après 10 ans de purgatoire.

« Je dois beaucoup au Real Madrid car il m’a formé et valorisé en tant que personne. Il m’a offert l’opportunité de brûler les étapes. Ensuite, le Deportivo Alavés est apparu et c’est là que j’ai achevé ma formation. Un gardien a besoin de jouer, d’être régulier au quotidien et c’est ce que j’y ai acquis ».
F. Pacheco dans Marca, 19 septembre 2020

Si Bordalás n’est pas conservé, l’arrivée de Mauricio Pellegrino ne change rien pour le statut du gardien. Malgré quelques cartons mémorables, notamment un 6-0 encaissé à Mendizorroza contre le FC Barcelone, le retour d’Alavés est une grande réussite. Car sous les ordres du Flaco, le Glorioso se maintient et atteint la finale de la Copa del Rey. Pacheco est inamovible, même quand, les saisons suivantes, le navire tangue dangereusement. Luis Zubeldía, Giovanni de Biasi, Pitu Abelardo, Asier Garitano, Juan Ramón López Muñiz, Pablo Machín, Javi Calleja : les entraîneurs passent, mais tous ont la même certitude concernant leur gardien. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il reste le seul, avec le défenseur central Víctor Laguardia (avec qui il part en vacances), le dernier vestige de la remontée. Même Manu García, le capitaine emblématique éconduit en fin de saison dernière, ne peut en dire autant !

Photo : Maria Jose Segovia/DeFodi Images/ Icon Sport

Si proche de la Roja…

Devenu le joueur qui a disputé le plus de minutes en Liga de toutes l’histoire du club en décembre 2020, Fernando Pacheco approche de la trentaine, l’âge de la maturité pour accéder à un autre palier. Lors du mercato d’été 2020, le Real Madrid et Séville ont paru intéressé. Mais pourquoi incarner une doublure quand la rumeur l’annonçait proche de la Selección ?

« Quand tu te sens aimé et respecté dans un club comme le Deportivo Alavés, il faut le prendre en compte. Le club veut grandir et nous avons grandi ensemble. Il m’a offert l’opportunité de venir ici et de jouer en Segunda. Il a misé sur moi pour jouer en Primera, sans jamais douter. Je valorise ça ».
F. Pacheco dans Marca

L’international U19 a encore deux ans de contrat et en dépit d’un début de saison très délicat avec 8 buts encaissés en 3 matches (Alavés a vu son match contre Villarreal reporté lors de la 4e journée), il ne devrait pas manquer d’offres. Celui qui a débuté comme attaquant avant d’enfiler les gants est réputé pour le nombre incalculable de parades qu’il réalise chaque saison, au point concurrencer Jan Oblak. Ses problèmes de blessures musculaires apparues après le « parón » sont désormais oubliés. Régulièrement capitaine, Pacheco est une référence en Espagne. Mais peut-être ferait-il mieux de ne pas imiter son ami Laguardia : le train passe rarement deux fois, même quand on a du talent à revendre.

François Miguel Boudet

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