Barça / Koeman, Garcia Pimienta : comment Laporta a géré les coachs ?

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President of FC Barcelona, Joan Laporta, addresses a press conference to inform about the club in Barcelona, Spain, 28 May 2021. Efe/ABACAPRESS.COM// Andreu DalmauPhoto by Icon Sport - Joan LAPORTA - Barcelone (Espagne)

La saison du Barça s’est achevée dans un relatif anonymat sur la pelouse alors qu’Atlético de Madrid et Real Madrid se disputaient le titre. En coulisses en revanche, une fois le dernier coup de sifflet retenti, Joan Laporta et son équipe se sont activés pour commencer la reconstruction d’un club qui s’est un brin perdu ces dernières années, notamment du côté des coaches. Quelques jours plus tard, Ronald Koeman, contesté, a été confirmé alors que Francisco Garcia Pimienta, loué, a été licencié. Que s’est-il passé pour assister à un tel renversement ? 

Nul n’est à l’abri lorsque la période est critique ! Francisco Garcia Pimienta l’a appris à ses dépens. Confirmé dans un premier temps, le coach du Barça B, qui est pourtant parvenu à qualifier son équipe deux fois consécutivement pour les play-offs d’accession à la Liga Smartbank, a été remercié le 11 juin. Excellent formateur, coach loué par tous, Garcia Pimienta, qui a vu passer sous ses ordres Cesc Fabregàs, Leo Messi, Sergi Roberto ou plus récemment Riqui Puig, Oscar Mingueza ou Ronald Araujo, a dit adieu à presque 20 ans passés au sein du club catalan. Une nouvelle étonnante, très étonnante même, qui a fait beaucoup parler du côté de Barcelone. Sortons des sempiternelles, mais réelles, amitiés médiatiques qui polluent encore l’environnement culé : cette nouvelle est difficilement explicable sur le plan sportif, peu importe que l’on soit Rosellista ou Cruyffista.

Les qualifications en play-offs avec des effectifs amoindris par les blessures et les promotions en A (la saison dernière, le filial a dû disputer les barrages avec seulement une dizaine de joueurs appartenant à l’équipe B, le groupe ayant été complété par des Juvenils A) suffisent à replacer dans son contexte les performances de « Pimi ». Son travail de formation, lui, ne prête d’aucune contestation non plus à la vue de son CV. Alors qu’est-ce qui a cloché ?

(Photo by Dave Winter/Icon Sport)

Arrivé lors du premier mandat de Joan Laporta, le formateur a survécu depuis à tous les présidents, mais il n’est pas vraiment un proche de l’avocat à proprement parler, et c’est bien de cela dont semble avoir besoin Jan pour reconstruire : des hommes de confiance. Des hommes de confiance certes, mais aussi des hommes qui l’ont soutenu, comme Sergi Barjuan, le remplaçant de Garcia Pimienta, dont le CV d’entraîneur inquiète plus qu’il ne rassure.

En interne, et c’était assez clair, le souhait affiché dès le départ était de faire partir Garcia Pimienta, mais aussi Ronald Koeman. Le coach néerlandais n’est pas le premier choix de Joan Laporta, c’est le cas depuis la campagne présidentielle. Mais il l’a joué grand seigneur avec lui dans un premier temps : on parle d’une légende du Barcelonismo ! La nouvelle direction n’aime pas vraiment non plus la manière de jouer de l’équipe, ni même le sort réservé à certains joueurs, dont Riqui Puig. Des personnes qui ont personnellement participé à la campagne de Laporta à ses côtés le confirment. Ce qui dérange aussi le nouveau board, ce sont les amitiés médiatiques nombreuses du coach Oranje, prêtes à partir à la guerre pour lui. Alors pourquoi l’un a survécu au grand ménage et pas l’autre ?

Un licenciement peut en cacher un autre !

Les raisons financières avancées par une partie de la presse catalane sur le cas Ronald Koeman sont réelles. Licencier l’ex-coach des Pays-Bas coûterait une somme considérable pour un club en grosse difficulté économique (15M d’euros). Mais ce n’est pas tout. Le Néerlandais n’a que peu apprécié, et on peut le comprendre, les déclarations de Garcia Pimienta se plaçant en tant qu’alternative à son poste pour prendre la tête de l’équipe première. Et il l’a dit ! Une excuse toute trouvée pour une direction qui voulait placer un autre homme à la tête de l’équipe B. L’erreur de Pimienta : le manque de solidarité ! Un comble pour un entraîneur qui n’a pas fait de vagues malgré un filial appauvri depuis plusieurs saisons, contraint de s’adapter sans cesse mais qui a toujours voulu proposer un jeu collectif typique du Barça.

Joan Laporta a compris rapidement qu’il n’aurait pas d’autres choix que de garder le coach néerlandais, aussi parce que son premier choix, Julian Nagelsmann, a été très vite indisponible. Alors il s’en est servi pour se débarrasser d’au moins un indésirable. Interrogées, des sources indiquent pourtant que le Néerlandais est toujours sur la sellette. Joan Laporta sait trouver les occasions pour obtenir ce qu’il veut et Ronald Koeman est bien placé pour le savoir.

By Icon Sport – Ronald KOEMAN – Camp Nou – Barcelone (Espagne)

Pourtant la continuité du coach néerlandais tient aussi à une raison sportive, ou tout du moins politique. Après une période difficile en début de saison, Ronald Koeman qui avait dans un premier choisi de marcher seul, retirant le pouvoir des cadres, a décidé de laisser un peu plus couler. Une bonne décision, parmi d’autres, qui a permis au Barça de croire au titre. Avec la prolongation de Leo Messi qui apparaît de plus en plus probable et la promesse de Joan Laporta qui va de pair de gagner une Ligue des Champions avant la retraite de l’Argentin, le temps n’est pas à la révolution totale en équipe première. Ca n’empêchera pourtant pas des mouvements chez les vaches sacrées : le départ de Sergi Roberto par exemple est possible.

A la fois critiqué mais aussi ardemment défendu par un environnement catalan qui n’accepte que très peu la mesure, Joan Laporta n’en reste pas moins l’homme de la situation pour l’instant. Même son rival Toni Freixa a appelé au calme et à laisser le président travailler. Les décisions de Laporta, parfois conservatrices avec le placement de certains de ses soutiens ou de membres de sa famille à des postes clés, n’empêchent pas la réussite. Il incarne l’espoir de toute une aficion, mais cet espoir nécessite travail, temps et, pourquoi pas, aussi un peu de critiques constructives.

Tracy RODRIGO (@tracyrodrigo_)

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