Koke : ténacité et leadership en 500 matches

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Koke Resurreccion of Atletico de Madrid during the La Liga match between Atletico de Madrid and SD Huesca played at Wanda Metropolitano Stadium on April 22, 2021 in Madrid, Spain. (Photo by Ruben Albarrán / Pressinphoto / Icon Sport) - Koke RESURRECCION - Estadio Wanda Metropolitano - Madrid (Espagne)

Mercredi dernier, à l’occasion de la 36e journée de Liga face à la Real Sociedad, Koke Resurrección est devenu le deuxième joueur le plus capé de l’Atlético de Madrid. Avec 500 matchs au compteur en 11 saisons, il se place juste derrière Adelardo Rodríguez, l’une des plus grandes légendes rojiblancas. L’occasion de revenir sur le parcours du capitaine de Colchoneros et sur ses performances qui ont changé l’issue de certains matches. 

Le compteur commence sérieusement à chiffrer. En étant titularisé face à la Real Sociedad pour une victoire capitale en vue du titre, Jorge Resurrección alias Koke a franchi la barre symbolique des 500 matchs joués avec son club formateur. Véritable maestro et leader du milieu de terrain de l’Atlético, le milieu de terrain est loin d’en avoir fini avec les rouges et blancs. De quoi détrôner Adelardo (517 matchs), joueur des années 1960-1970 et artisan du succès des Colchoneros en championnat à trois reprises. Mais le numéro 6 des Indios n’a pas à rougir de sa place de second joueur le plus capé du club.

Des débuts prometteurs, aiguillés par Forlán et Gabi

Koke n’a rien d’un dribbleur. Il n’est pas non plus un buteur. Mais il a laissé une empreinte dans la quasi-totalité des 500 matchs qu’il a joués sous les couleurs de l’Atlético de Madrid. Acharné et teigneux, le milieu de terrain a continuellement évolué, d’abord avec Quique Sánchez Flores, ensuite lors du court passage de Gregorio Manzano pour finir par devenir l’un des symboles de l’Atleti version Diego Simeone. Un statut qu’il doit en partie à Gabi qui lui a transmis le brassard de capitaine.

Des débuts du numéro 6, on retiendra ses quelques interventions face au FC Barcelone. Timide et maladroit, il faudra attendre un match contre le eévilla FC en 2011 pour voir Koke s’imposer. Un but de la tête, sur un centre de Diego Forlán a marqué le commencement d’une très belle aventure avec son club de cœur.

La saison 2011-2012 reste pourtant une année compliquée pour le milieu de terrain. N’ayant pas beaucoup de temps de jeu, il songe à partir. Un départ qui ne se matérialisera jamais car Diego Simeone qui s’y connaît un peu pour le poste de milieu défensif, le convainc de rester. Au final, Koke aide son équipe à gagner l’Europa League face à l’Athletic en mai 2012.

La machine est lancée. Koke brille dans l’équipe, mettant ses passes et son intelligence tactique au service de ses coéquipiers. Il apprend beaucoup de Gabi, Diego Godín, Juanfran ou encore Raul García et devient un bel artisan de la saison 2013-2014 ponctuée par le titre de champion d’Espagne et une finale de Ligue des Champions contre l’eterno rival, le Real Madrid. C’est d’ailleurs grâce au milieu de terrain que l’Atlético réussit à aller en demi-finale puisqu’au cours des quarts contre le FC Barcelone, un certain 9 avril 2014, Koke inscrit le seul but de la rencontre, envoyant ses coéquipiers au tour suivant de la compétition européenne.

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De joueur à capitaine

Les années passent et Koke devient un atout majeur pour le jeu d’El Cholo Simeone. A la récupération et dans la projection, il se montre bien présent dans l’entrejeu. Sa seule « faille » est qu’il ne tente pas souvent sa chance, tâche qui incombe davantage à Saúl Ñíguez. Son entente avec les joueurs sur et en dehors du terrain le place au rang d’indispensable. En 2016, il participe au parcours européen de l’Atlético jusqu’en finale dans un rôle capital. En 2018, il est également à l’origine de plusieurs actions qui accompagnent les Colchoneros vers la victoire en Ligue Europa. La même année, il remporte même la Supercoupe d’Europe, en inscrivant un but en prolongation pour faire plier le Real Madrid (4-2).

« Être capitaine de cette équipe est une immense fierté. Je suis extrêmement chanceux de jouer pour l’Atlético. C’est un privilège et une grande responsabilité »
Koke

La belle forme et la présence indiscutable de Koke sont cependant remises en question entre 2018 et 2020. Un peu moins rayonnant, pas vraiment percutant dans ses choix et ses passes, il est même hué par certains supporters lors d’un match face au Bayer Leverkusen. Pourtant, il n’a jamais bronché et a prouvé à son public qu’il était capable de revenir à son meilleur niveau.

Porteur occasionnel du brassard, Koke devient officiellement le capitaine de l’Atlético de Madrid après le départ de Diego Godín en 2019. Et il s’accommode très bien à sa fonction ! Evoluant un peu partout au milieu de terrain, principalement dans l’axe tout en ayant cette capacité à évoluer sur un côté, le Colchonero oriente le jeu et dirige ses coéquipiers. Il n’hésite pas à attaquer comme à défendre s’il voit que c’est nécessaire. Il continue à être aussi le joueur de l’Atléti qui court le plus lors d’un match. Des traits appréciés par Diego Simeone : « Koke est un joueur différent dont nous avons besoin. Il comprend le jeu comme personne ».

Important cette saison encore, Koke symbolise la réussite de l’Atlético de Madrid. Son futur semble déjà bien tracé. Après 500 matchs disputés, il pourrait gagner une 2e fois la Liga. Sous contrat jusqu’en 2024, il devrait atteindre le record de titularisations sous le maillot rojiblanco et s’imposer enfin dans l’entrejeu de la Roja lors du prochain Euro afin de prendre sa revanche sur son tir au but manqué contre la Russie en 1/8 de finale du dernier Mondial. A 29 ans, le plus Cholista des Indios est au faîte de sa carrière. Son 501e match pourrait lui offrir le droit de soulever un titre de champion attendu depuis 7 ans et de s’affirmer comme le digne successeur de Gabi, son modèle et mentor.

Julie Marchetti

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