Atlético, Real Madrid, Barça : 270 minutes (y pico) pour un titre

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Crédits : Iconsport

Il ne reste que 3 matches et le destin n’a pas encore fait son choix. Dans une bataille à trois, la 35e journée de Liga a maintenu le statut quo entre l’Atlético, le Barça et le Real Madrid. Le suspense est à comble et rien n’est encore écrit. Seuls les Colchoneros ont leur avenir entre leurs pieds mais rien n’est encore joué, loin de là.

Après une première partie frôlant la perfection, l’Atlético semblait avoir écrasé la concurrence. Mais entre le cluster COVID, les blessures et les difficultés sportives, les Colchoneros ont vu le Real Madrid et le Barça revenir en trombe, sans jamais doubler l’équipe du Cholo Simeone. La 35e journée aurait pu rebattre les cartes mais les Blaugranas et les Rojiblancos se sont neutralisés (0-0) tandis que les Vikingos ont arraché le nul à domicile contre Séville dans les dernières secondes.

Atlético : un titre qui se fait attendre 

Face à un Barça en crise et un Real Madrid très déplumé, l’Atlético avait des airs de favori. La phase aller a été virevoltante avec un changement de mentalité dans le jeu, un Luis Suárez déjà décisif et un collectif qui avait pris de l’épaisseur. Finie (ou presque) la caricature de l’autobus, cliché qui colle toujours à la peau du Cholo : cet opus 2020-2021 avait de l’ambition et donnait envie de le suivre, dans une Liga trop souvent ennuyante. Or depuis janvier, les Indios sont sur la pente descendante. Éliminés piteusement en Ligue des Champions dès les 1/8 de finale, avec un match aller ultra-défensif et un retour où le milieu a pris l’eau de toutes parts, les Rojiblancos ont cependant bien négocié les chocs contre le Real Madrid et le Barça où, malgré le partage des points, ils ont montré une claire supériorité collective.

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Tout n’a pas été simple en 2021 pour Simeone et son effectif. Ça tire la langue sévèrement mais l’Atleti est toujours en tête, avec deux points d’avance sur la concurrence. Sans le but miraculeux d’Eden Hazard contre Séville, les Colchoneros auraient même eu droit à un joker, la possibilité de n’engranger 7 points sur les 9 derniers en jeu. Sur le papier, ils ont produit le jeu le cohérent collectivement. Mais leur tendance à laisser des points en cours de route pourrait leur coûter le titre.

Barça : la transition n’a (presque) pas eu lieu 

Après le traumatisme du 8-2 contre le Bayern, il fallait un souffle nouveau pour le Barça. Avant de déguerpir, Josep María Bartomeu a appelé une légende du club, Ronald Koeman, pour s’installer sur le banc. Après, une phase aller guère probante, l’implication de Lionel Messi, revigoré par la candidature de Joan Laporta et deux interviews capitale avec Rubén Uría et Jordi Évole, a relancé totalement les Culés. Pedri et Ilaix Moriba ont éclos, Ronald Araújo et Óscar Mingueza se sont installés mais ce sont bien les vieilles recettes qui ont fonctionné, à commencer par la relation privilégié entre Jordi Alba, Sergio Busquets et la Pulga. 2020-2021 n’a finalement pas été une saison de transition, ou alors a minima. Cela pourrait aboutir à un doublé coupe-championnat mais cela ressemble à un « reculer pour mieux sauter ». Cependant, après une série ébouriffante en 2021 pourtant marquée par une nouvelle taule en C1 contre le PSG, une nouvelle défaite contre le Real Madrid et un fossé dans le jeu contre l’Atlético, le Barça a refait son retard et se retrouve maintenant à rêver du titre.

Real Madrid : Encore et toujours là 

Le Real Madrid de Zinedine Zidane est une énigme. L’équipe est difficile à lire, toujours dans le dur, proche de la rupture, s’appuyant sur des trentenaires qui semblent éreintés, mais l’équipe est encore là, à performer, à ne pas sombrer. Cette saison, pas de recrutement d’envergure, un Hazard toujours absent, un Luka Jovic renvoyé en Allemagne à l’image d’une palanquée de joueurs qui auraient pu constituer un plan B viable mais qui sont partis en prêt aux 4 coins de l’Europe. Finalement, seul Ferland Mendy a amené du sang neuf dans l’effectif.

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Zidane a totalement compris ce que signifiait être entraineur du Real Madrid. Pour le Français, le club doit gagner. Qu’importe la forme et l’effectif, il doit être en haut de l’affiche même si les joueurs ne semblent pas en capacité de performer. Cette saison, il a notamment enchainé avec un Vinicius Junior ou relancé un Eder Militao et un Marco Asensio revenu à un niveau intéressant après sa rupture des croisés tu connais. L’émergence du défenseur brésilien après avoir vécu une grosse partie de la saison au placard est une surprise mais elle a eu lieu en raison des nombreuses blessures, principalement celles de Sergio Ramos, dont les jours en merengue semble comptés. Cela montre bien que Zidane a une relation particulière avec son groupe. Car être arrivé dans le dernier carré de Champion’s et conserver toutes ses chances de conserver son titre en Liga, cela tient du prodige vu l’effectif très court de la Casa Blanca.

Faites vos jeux : qui pour le titre ? 

Bien malin celui qui peut donner le nom du champion ! Aucun favori ne se détache et on se dit que la Liga se jouera sur un coup de dé, une frappe contrée, un penalty à la toute dernière seconde. Sur l’ensemble de la saison, l’Atleti a été globalement plus cohérent, a travaillé dans un environnement plus sain et a semblé pouvoir se projeter sur la durée. Le Real Madrid y croit toujours, c’est dans son ADN et Zidane en fait une affaire personnelle avant, peut-être, de rejoindre la Juventus. Et il ne faut pas oublier que la différence de buts particulière est en sa faveur contre ses deux rivaux, ce qui est loin d’être anecdotique. Enfin, le Barça a un effectif de qualité, l’élection de Laporta a ramené de l’ambition et surtout, il y a Messi, le seul, l’unique. 270 minutes et des arrêts de jeu pour faire basculer le destin : il n’y aura qu’un seul heureux.

Benjamin Chahine

@BenjaminB_13

 

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