Valencia CF : Javi Gracia, l’implication minimum au détriment de sa carrière

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Crédits : Iconsport

Au milieu du marasme, l’arrivée de Javi Gracia offrait la garantie d’un entraîneur doté d’une réputation flatteuse en Liga. Las, loin de tourner la page Marcelino, il a proposé le service minimum, lassé par ses dirigeants. Si le maintien est quasiment acté, cette saison qui aurait pu relancer sa carrière a été incolore et inodore.

Après l’intermède Albert Celades, la venue de Javi Gracia avait de quoi satisfaire l’afición du Valencia CF. Car même avec un effectif purgé en dépit du sens, sa présence avait au moins le mérite de rassurer. Plus que ses expériences au Rubin Kazan et à Watford, ce sont ses passages à Almería et à Málaga qui sont restés en mémoire. La Liga, le Navarrais connaissait et ce n’était pas du luxe en prévision d’une saison pénible. Quatre ans après son départ d’Espagne, Gracia avait l’occasion de relancer sa carrière au pays. Il n’en a rien été, bien au contraire et la victoire lors du derbi au Ciutat de València contre Levante (2-4) a été une courte éclaircie.

Une absence de progression patente

À la clôture du mercato estival, Javi Gracia craque publiquement. Il explique qu’on lui a fait des promesses, notamment sur des arrivées et que, finalement le Valencia CF n’a fait que perdre des éléments, ses meilleurs, sans pour autant compenser un minimum. C’est une hémorragie et le technicien a pêché par naïveté face à des dirigeants iniques. L’effectif che est limité. Seuls quelques cadres sont restés comme le capitaine Gayà, Gabriel Paulista, Wass, Soler, Maxi Gómez, Gameiro et Jaume Domènech. Contraint et forcé, il fait monter des canteranos comme Musah, Esquerdo et Álex Blanco. L’ensemble est insuffisant pour viser le haut de tableau.

Quel bilan faire du Valencia de Gracia après 30 journées de championnat ? Sorti de quelques matches (l’aller contre le Real Madrid, le match nul contre le Barça notamment), l’équipe a subi, a montré trop peu de personnalité et n’a pas progressé d’un pouce. Loin de bousculer l’héritage de Marcelino, Gracia l’a conservé, sans succès. Cela a oscillé entre le passable et le médiocre.

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Tactiquement, c’est rudimentaire avec un 442 ou un 4-2-3-1 au gré des blessures et suspensions. L’animation offensive n’a jamais fonctionné. Kang In Lee a préféré se plaindre que de progresser, Guedes est toujours aussi irrégulier, Musah n’a pas tenu la distance après des débuts encourageants, Álex Blanco n’a pas le niveau. En attaque, Maxi Gómez n’a inscrit que 5 buts, la faute à ce manque de connexions et à sa nonchalance. Sorti de son squelette Gabriel-Gayà-Soler-Wass-Racic-Gómez, Gracia a été incapable de faire progresser son équipe.

Limiter la casse sans personnalité

Après 30 journées de Liga, Valencia est 13e avec 8 victoires, 10 nuls et surtout 12 défaites. 34 points en 30 matchs, c’est très insuffisant. L’équipe marque peu, encaisse beaucoup. La zone rouge est à 8 points, la zone Europe à 13. On craignait que tout la jambe soit amputée, ce n’est finalement que le pied. Pas de quoi sauter de joie. L’équipe n’a pas craqué, a réussi quelques coups, remonte parfois des scores défavorables mais n’a toujours pas validé son maintien.

Cet entre-deux, qu’il soit comptable ou tactique, est généré par les choix de Javi Gracia. Il se contente de peu et le contenu s’en ressent. Certes, les dirigeants sont mauvais et incompétents mais le Navarrais le savait quand il est arrivé à Valencia. Au lieu d’être en mode commando, Gracia n’a fait montre d’aucune once de personnalité, y compris quand il a récupéré 3 joueurs en prêt, qu’il n’avait manifestement pas demandé. Ses sorties publiques pour tacler Anil Murthy et sa clique n’ont pas assez de poids pour atténuer la frustration.

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Dès lors se pose une question : faut-il valoriser le maintien che et reconnaître les facultés de Gracia d’avoir géré un groupe qui aurait pu exploser en vol ou bien lui reprocher d’avoir été incapable de le faire progresser en y apportant un surplus mental ? A plusieurs reprises, il a demandé à être libéré de son contrat, demandes toujours refusées. Quitter le navire ne lui aurait pas déplu, témoin de son manque d’implication et de relationnel avec ses joueurs. Une attitude très étonnante car une belle saison aurait remonté sa cote en Espagne. Se cacher derrière la politique des dirigeants ne peut suffire. D’autres entraîneurs, avec des effectifs moindres, parviennent à bien jouer, à avoir une identité de jeu. Ce n’est pas le cas avec Valencia. Au talent, cela suffit pour se maintenir. Mais où est l’ambition personnelle, surtout quand l’afición aurait encline à l’encourager plutôt qu’à le descendre. Gracia aurait même pu devenir un emblème de la résistance contre Murthy. Il n’en a rien été. Quel serait le destin du club s’il restait une saison de plus ? Continuer à vivoter et à se faire peur ou enfin emmener un peu de football dans ce cimetière ? Gracia a certes des circonstances atténuantes mais un entraîneur de sa trempe ne peut apporter aussi peu dans un tel club.

Benjamin Chahine et François Miguel Boudet

@BenjaminB_13

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