Athletic 1-1 SD Eibar : Des bouchons dans la course à l’Europe

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Tout se jouera au mois d'avril pour l'Athletic de Marcelino [Crédits : Athletic Club]

L’Athletic était attendu au tournant contre la SD Eibar mais il n’en fut rien. Sur la pelouse du San Mamés, les Leones n’ont pris qu’un point. Le retard s’accumule et les chances de disputer une compétition européenne la saison prochaine s’amenuisent.

Tout avait pourtant bien commencé à San Mamés. Óscar De Marcos avait surpris l’aile droite pour envoyer un ballon précis au centre de la surface d’Eibar repris de volée par Yuri Berchiche. C’était sans compter sur un bon pressing des visiteurs, qui ont profité des mauvaises prises de décisions d’Unai López pour égaliser. Il n’y aura pas davantage de buts lors de cette rencontre.

Les caméras de télévision ont pris soin de ne pas diffuser ces images mais le match a été stoppé pendant quelques instants. Alors que la seconde période a débuté depuis moins de 20 minutes, un drone fait son apparition au cœur du San Mamés. D’après les observateurs sur place, il portait une banderole s’opposant à la tenue des matchs de la sélection espagnole à Bilbao. Erreur de pilotage ou manque de batterie, l’appareil s’est retrouvé sur la pelouse, contraignant l’arbitre à mettre le jeu en pause. Mis à part cet incident inédit, que doit-on retenir de ce derby basque ?

Yuri Berchiche a donné de l’espoir dès le début du match [Photo de IconSport]

Retour à la normale dans le dispositif

Pas question de mettre des remplaçants sur le terrain. Après avoir largement fait tourner l’effectif contre le Celta de Vigo (0-0, la semaine dernière), Marcelino est revenu aux bases en proposant Iker Muniain sur l’aile, Iñaki Williams avec Raúl García devant et Yuri Berchiche sur le couloir. Au milieu de terrain, Unai López a conservé sa place et sera cette fois accompagné par Mikel Vesga. Ce dernier profite de la titularité un match sur deux, alors que ses performances promettraient plutôt un séjour prolongé sur le banc des Leones. En conférence de presse début mars, le coach asturien a avoué ne pas être encore fixé concernant les joueurs qui doivent composer le pivot.

La principale révolution dans cette équipe basque se trouve en défense centrale. Sanctionné pendant quatre matchs pour une petite altercation face à Levante, Iñigo Martinez a purgé sa peine et retrouvé les pelouses. Une excellente nouvelle puisqu’Unai Núñez n’est pas parvenu à être aussi rassurant. Yeray Álvarez est de nouveau bien accompagné et a pu prouver aux amateurs de Liga qu’il aura un jour sa place en sélection espagnole. Une équipe où il retrouverait Unai Simón, récemment appelé avec la Roja pour les qualifications de la Coupe du Monde.

De Marcos a réalisé un très bon match [Photo de IconSport]

Toujours en défense, Ander Capa a – pour le moment – perdu sa place au profit d’un Óscar De Marcos qui se renouvelle depuis l’arrivée de Marcelino. La combinaison avec Alex Berenguer est remarquable, tout comme la précision de ses centres. Une précision qui a d’ailleurs permis l’ouverture du score de ce match, après seulement huit minutes de jeu. De l’autre côté, Yuri Berchiche a retrouvé sa place après la naissance à son deuxième avant. Sa magnifique volée lui a d’ailleurs été dédiée !

Unai López : Panique au milieu de terrain

Marcelino ne s’est donc pas encore décidé sur les composantes du pivot. Quatre joueurs sont prétendants. Dani García, cadre à l’époque où Garitano coachait, propose des performances incertaines mais conserve son leadership. Unai Vencedor s’est révélé la saison passée mais est encore handicapé par sa jeune expérience. Mikel Vesga, lui, reste un prétendant sans que l’on sache réellement pourquoi. Enfin, Unai López. Chouchou du public à l’époque où il était en tribunes, le natif de Donostia avait inscrit un doublé lors du déplacement au Sadar en début de saison.  À 25 ans, le pivot a offert l’égalisation à l’équipe du Gipuzkoa, titubant avec le ballon jusqu’à ses cages, avant d’être finalement bousculé par Kike García, qui n’a plus eu qu’à lober Unai Simón. Il a fallu attendre la seconde période pour que des choses changent au milieu. Marcelino, visiblement très mécontent, a fait rentrer les deux autres prétendants. Vencedor n’a pas éveillé pas les foules mais Dani García a montré une vision du jeu remarquable, lançant à plusieurs reprises l’aile gauche de l’attaque.

Iñaki Williams : symbole de l’inefficacité offensive

La première période a été marquée par une opposition inattendue : l’agile et rapide Iñaki Williams contre l’expérimenté Anaitz Arbilla. Pour faire simple, le défenseur central d’Eibar s’est montré irréprochable face à la pantera vasca, taclant avec succès la moindre de ses tentatives d’approche. À tel point que Raúl García a échangé de zone à plusieurs reprises pour que Williams puisse tenter d’inquiéter le côté droit de la défense. Sans grande réussite non plus. L’attaquant basque ne savait visiblement plus comment agir face aux cages. Il a atteint l’apogée de son inaction en fin de seconde période, lorsque le ballon est arrivé dans ses pieds à quelques mètres du gardien. Tardant à réagir et il a envoyé le ballon sur Dmitrovic.

Performance très décevante de Williams [Photo de IconSport]

L’arrivée de Jon Morcillo a apporté un léger piment aux jeux des Leones. Iker Muniain n’avait pas apporté sa touche au couloir gauche, chose que le jeune ailier est parvienu à faire, toujours accompagné par Yuri Berchiche. À eux deux, ils ont proposé diverses opportunités, notamment à Iñaki Williams et Óscar De Marcos, sans que cela ne porte ses fruits au tableau d’affichage. Pour autant, JonMorcillo a rattrapé sa passivité du match contre le Celta.

La trêve avant le mois fatal

L’Athletic accueille la trêve internationale sans être parvenu à rattraper son retard sur les places européennes. Le prochain match des Leones aura lieu le 7 avril, sur la pelouse d’Anoeta. Une rencontre qui servira d’apéritif, alors que les deux formations s’affronteront quelques jours plus tard pour la finale 2019 de la Copa del Rey. L’Athletic doit également préparer la finale de l’édition actuelle qui aura lieu face au Barça, tout en assumant un solide calendrier de championnat. Les mentalités des Zuri-gorriak sont tiraillées entre les finales et l’Europe.

Jérémy Lequatre-Garat
@Euskarade

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