Betis : Canales, une grande saison à l’image de son talent

0
Crédits: Iconsport

Sergio Canales est un milieu de grande qualité qui est passé dans divers clubs importants : le Real Madrid, Valence, la Real Sociedad après avoir été formé au Racing Santander. Cependant, à ses trente ans, on a surtout évoqué ses blessures, ses absences plutôt que son talent génial. Cette saison avec Manuel Pellegrini la donne est en train de changer. Sergio Canales est la pièce centrale de son Betis, celui qui marque, fait marquer et rend l’équipe très cohérente. Retour sur sa saison avec l’aide de @DunkTheData.

Le Natif de Santander a le sang vert et blanc. Formé dans ce superbe club qu’est le Racing, il va cependant très vite prendre son envol. En 2009-2010, il se révèle et rejoint le Real Madrid, sans pour autant porter régulièrement le maillot blanc. Plus tard à Valence, il va vivre sa première rupture des ligaments croisés et enchaîne en plus les absences pour blessure. Au Pays basque, à la Real Sociedad, il jouera un peu plus, mais connaitra aussi des absences régulièrement, et surtout une seconde rupture des ligaments croisés. Le talent de Sergio Canales n’a jamais été remis en cause, par contre sa capacité à s’installer durablement dans la haute performance a été questionnée. Sa troisième saison consécutive à plus de 30 matchs de championnat est donc une grande réussite, au point qu’on en parle comme l’un des meilleurs milieux de Liga en ce moment. Retour sur sa production avec le Betis Seville cette saison.

On peut découper la saison du Betis en trois actes avant ce derbi face au Seville FC pour le compte de la 27e journée. Tout d’abord le premier, entre mi-septembre et début novembre. Le Betis est enre deux feux, ne fait aucun nul, mais n’arrive pas à se stabiliser et à trouver son rythme de croisière. L’équipe est soit trop offensive ou trop défensive, les résultats sont décevants et dans la continuité de ce qui est proposé habituellement. Puis l’absence de Canales enfonce le clou. Le Betis prend plusieurs fois la foudre, propose peu offensivement et se cherche maintenant un créateur en plus d’un buteur. Fin décembre, le retour de Canales offre une perspective intéressante. Le natif de Santander sonne la révolte, mais n’arrive pas à éviter la défaite face à Levante. Après ce match, les Verdiblancos n’ont encaissé qu’une défaite en 10 journées de championnat. Le Betis était 8e à la 16e journée, l’équipe est maintenant 6e à 3 points de la Real Sociedad, 6 de Sevilla.

Un joueur fluide, comme l’apprécie Pellegrini cette saison 

Sergio Canales, qui est vu comme un joueur offensif qui ne fait qu’aider la production d’actions dangereuses du Betis, est beaucoup plus que ça. Sergio aide aussi l’équipe à se structurer et avoir de la cohérence sur le terrain, avec et sans le ballon. C’est la grande force de Pellegrini cette saison, le Chilien a réussi à dégager un milieu cohérent sans faire l’impasse sur la créativité de ses joueurs. Fekir, Ruibal, Canales, Joaquin ou encore Guardado, tous jouent régulièrement. La présence de Guidà fait beaucoup, mais surtout l’ensemble des joueurs est autant utilisé offensivement que défensivement. Canales est partout et participe aussi à la récupération, quand un Fekir reste plus haut pour faire profiter à l’équipe de sa qualité de conservation de balle.

Comme on le remarque, le jeu de Canales penche à gauche, il est souvent attiré par ce couloir, mais il n’est pas accroché à lui. Déjà parce qu’il n’est pas un ailier qui colle la ligne, mais surtout parce que dans l’idée de Pellegrini, les joueurs créatifs ont de la liberté, beaucoup. Le natif de Santander, comme Fekir, sont deux joueurs en capacité de mettre le foutoir dans un bloc adverse, par la passe ou le dribble. Il faut donc leur mettre des joueurs qui font de bons appels, mais aussi leur accorder la possibilité de se déplacer où ils sentent que le jeu doit se faire.

 

 

 

 

 

 

 

Canales n’est pas un joueur qui attaque autant la surface qu’un Fekir ou encore qu’un Ruibal, il n’est pas non plus un joueur long de ligne comme Joaquin. Il est juste la tête pensante de l’équipe verte et blanche. Il sent le jeu, met de l’huile dans les rouages et est le joueur qui lance ses coéquipiers autant qu’il trouve le chemin des filets. On le remarque avec les cibles de ses passes, il active autant les latéraux offensifs, que des offensifs comme Fekir, mais aussi des milieux ou des défenseurs en retrait pour aérer le jeu. Il a cette faculté, de penser autant production offensive que bonnes passes vers l’arrière pour éviter de s’enfermer dans un même schéma.

 

 

 

 

 

 

 

Un milieu de très grand talent 

Dans une bonne dynamique la saison dernière malgré la saison finalement décevante du Betis, Canales était déjà central dans la production de son équipe. La chose qui a grandement évolué, c’est sa faculté à trouver le chemin des filets. Ce qui tant à démontrer l’idée de Pellegrini de ne pas cadrer ses offensifs et créatifs. Certes le 4-2-3-1 est un système assez peu intéressant, mais dans l’esprit de l’entraîneur Chilien il permet d’assurer un équilibre avec un carré défensif compact, ce qui donne de la liberté pour les offensifs de créer et d’interpréter du jeu. Ce qui amène Canales à être plus souvent dans la boite, et donc à trouver le chemin des filets plus souvent.

Même s’il n’est pas fainéant à la perte, on remarque que c’est le seul segment ou Canales ne performe pas cette saison. C’est logique avec ce que demande Pellegrini, certes il est actif, mais c’est surtout Guido et son associé qui doivent produire ce travail, Canales doit créer et orienter offensivement. Dans les segments offensifs, il se situe dans la moyenne haute du championnat. Le natif de Santander est l’un des meilleurs pour tout ce qui amène à une action dangereuse, notamment une frappe ou un but. On peut aussi questionner l’évolution globale du football post-Covid qui est moins intense, et permet donc à des joueurs comme Canales d’être plus à l’aise parce que le jeu va globalement moins vite.

Largué pour la course à l’Europe fin 2020, le Betis a profité de la baisse de forme de Villarreal pour revenir dans la course. Bien calés à la 6e place actuellement, avec un petit matelas sur le sous-marin jaune, les Verdiblancos regardent droit devant. Une victoire face à Seville, et la zone C1 ne sera plus qu’à trois points. L’excellent niveau de Sergio Canales y est pour beaucoup dans ce retour dans le haut du classement, au point de le voir régulièrement avec la Roja. Pellegrini fait un travail de grande qualité, il a ramené de la tranquillité à Heliopolis, mais aussi du jeu et de la résilience. Jusqu’à remettre le Betis en Ligue des Champions ?

Benjamin Chahine & @DunkTheData

Commentaires