📝 Analyse / Les 3️⃣ enseignements de Borussia Dortmund – Séville FC (2-2)

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Crédits : Iconsport

Séville s’était convaincu de renverser le Borussia Dortmund après une défaite à Sánchez-Pizjuán à l’aller (2-3). Après une série de résultats négatifs, Nervión devait montrer un autre visage. Au final, ce match nul n’a pas suffi et les Palanganas sont repartis d’Allemagne avec de la frustration dans les valises. Retour sur les trois points importants de cette rencontre.

Séville était dans le dur et Julen Lopetegui misait beaucoup sur cette rencontre après avoir échoué à mener le club en finale de Copa après avoir remporté la manche aller face au Barça. Nervión avait besoin d’un exploit pour démontrer qu’il avait franchi un cap et n’est pas uniquement un spécialiste de la Ligue Europa. Après ces 1/8 de finale accessibles mais gâchées, l’impression de plafond de verre demeure toujours présent.

1️⃣ L’intensité ne suffit pas

Au coup d’envoi, Séville doit remporter le match par deux buts d’écart pour espérer se qualifier sans prolongation. Dans cette perspective, Julen Lopetegui fait le choix de titulariser Óscar Rodríguez au milieu de terrain. L’idée est d’avoir un joueur capable de très bien tirer les coups de pied arrêtés et aussi de trouver le chemin des filets dans le jeu. Óscar est plus créatif, Joan Jordén un joueur garant de l’équilibre quand Ivan Rakitic est surtout fade. C’est d’ailleurs le Croate le grand perdant de la composition de départ.

L’idée est simple : Séville veut mettre la pression et faire douter un club habitué à perdre le fil de la rencontre. Les Andalous sont haut, pressent, se projettent rapidement et tentent de mettre du monde dans la boîte. Ça tente, ça frappe de loin, ça provoque. Lucas Ocampos est l’un des joueurs les plus en vue, avec Marcos Acuña. Les deux aiment ces approches et se régalent. Pourtant les occasions n’arrivent pas. Les seules productions terminent en frappes contrées. hormis une lourde de l’ancien Marseillais en début de match.

Dans les faits, Lopetegui n’a pas changé son plan de départ. L’équipe est en 433, peu de joueurs sont intercalés entre les lignes, le U est de rigueur quand le temps de possession s’allonge. Certes, Ocampos et Jules Koundé font du dépassement de fonction pour donner du corps à tout ça mais c’est insuffisant pour générer des actions réellement dangereuses. La demi-heure de jeu arrive, le score est toujours de parité et se pose la question de la viabilité de ce plan, gourmand en énergie et faible en réussite offensive.

📌 Les notes de Borussia Dortmund – Séville FC (2-2)

2️⃣ Haaland bouscule son monde

Le BVB subit énormément et on se dit que si Séville réussit à maintenir un tel rythme, la différence peut se faire. Tout tend à montrer que le match tournera en faveur des Andalous. Sauf qu’à la 35e minute, sur une relance mal gérée par la défense palangana, Koundé préfère jouer des coudes plutôt que de s’occuper du cuir. La sanction est immédiate : récupération de Thomas Delaney, ouverture vers Marco Reus qui sert en retrait Erling Haaland qui n’a plus qu’à pousser. Séville qui n’avait subi aucune occasion est mené et doit maintenant marquer 3 fois.

Ce but sonne Nervión. Séville titube et ne semble plus vraiment dedans quand dans le même temps, le BVB se met à y croire de plus en plus. Au retour des vestiaires, Haaland se promène à gauche, repique dans l’axe, sollicite le une-deux, fait sauter Fernando à l’épaule et ajuste Yassine Bounou dans un angle ultra fermé. On se dit que le match est plié. Sauf que la VAR s’en mêle, annule le but mais juge une action lointaine et accorde un penalty sur Mahmoud Dahoud. Haaland s’élance mais Bounou repousse… avant que la VAR n’ordonne ne faire retirer le penalty. Cette fois, le buteur norvégien conclut, s’en suit une célébration qui lui vaut un jaune pour un retour de chambrage sur le gardien marocain. Le BVB est bien devant avec 3 cartouches d’avance, Séville a perdu son pari.

3️⃣ Des choix qui interrogent

Alors que Séville doit marquer 4 fois maintenant, Lopetegui se met à regarder son banc et pa croire encore à une possible qualification. Trois buts et c’est une prolongation. Le BVB n’est pas fiable et a perdu après avoir mené 2-0 ce week-end.

Cependant, alors qu’on attend une sortie de Suso et surtout l’entrée d’Óliver Torres pour mettre du monde entre les lignes, rien n’arrive. C’est Papu Gómez qui n’a pas vraiment impressionné depuis son arrivée et Luuk De Jong qui entrent. Pire : c’est Ocampos qui sort alors qu’il est un des meilleurs sur le terrain. Alors qu’il avait eu une excellente lecture lors de l’aller, Lopetegui se prend les pieds dans le tapis cette fois.

Óliver Torres n’entre qu’à la 86e minute, alors que Youssef En-Nesyri a déjà réduit l’écart sur penalty. Séville met du cœur pour quitter la compétition avec la tête haute. Le Marocain s’offre même un doublé pour arracher le nul en toute fin de match. Ça ne change rien Séville est éliminé. Le bilan au coup de sifflet final est implacable : pas de 1/4 de finale, pas de finale de Copa et simplement une 4e place à maintenir en Liga. Une fin de saison décevante alors que tout semblait prêt pour franchir un cap.

Benjamin Chahine

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