Avant le Barça, Manuel Pellegrini joue à l’équilibriste avec le Betis

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Crédits : Iconsport

Belle prise de l’été pour ramener le Betis en haut du classement, Manuel Pellegrini est passé par différentes phases depuis son arrivée à Héliopolis. Pourtant, après des débuts difficiles, les Verdiblancos se mettent à rêver d’un retour en Europe et d’une seconde partie de saison explosive. Retour sur les réussites de l’expérimenté Chilien.

Après deux victoires pour lancer la saison, le Betis a connu des périodes difficiles. Souvent à la limite, on a surtout pu admirer les limites défensives d’un effectif pas très équilibré et où les meilleurs joueurs sont dans la partie créative et offensive. Loin de se laisser abattre, Manuel Pellegrini a travaillé, regardé du côté des jeunes et n’a exclu aucun joueur, même les plus loin du onze en début de saison, au point d’être maintenant bien placé dans la première partie de tableau, à 6 points d’un Villarreal qui a un match en plus. Plus que jamais, l’entraîneur chilien est dans les clous de son objectif de début de saison : ramener le Betis en Europe.

Cristian Tello, le premier à se faire remarquer 

Sur les 8 premiers matchs de Liga, le Betis a accroché autant de défaites que de victoire : 4. Cristian Tello a marqué 4 fois lors de trois victoires dans cette période. Son émergence sur le côté gauche du 4231 a fait beaucoup de bien. Sa fougue, sa capacité à enchaîner et à proposer ont été primordiales dans une équipe en construction. Marqué par les échecs Quique Setién et Rubí, le Manquepiedra était de nouveau une équipe riche en argent et en qualité mais pauvre en contenu et en résultats.

Entre début novembre et fin décembre, le Betis a disputé 8 matchs de Liga et a perdu 5 fois. Les blessures ont été nombreuses. Celle de Canales fut la plus impactante. Le milieu de terrain était la clé de voute d’une équipe pas si équilibrée que ça. Nabil Fekir, toujours aussi à l’aise pour provoquer, n’a pas le rendement de Cantabre et l’équipe a baissé le pied. Les résultats ont été décevants et on s’est questionné quant aux limites de Pellegrini. Le Chilien est expérimenté, a performé en Espagne et à Manchester City mais sa méthode est-elle encore adaptée au football actuel ?

L’ancien coach de Málaga n’a d’ailleurs pas caché son questionnement. Il s’en est expliqué en novembre : » Je suis inquiet. Lorsque vous ne trouvez pas les solutions et que les résultats ne sont pas ce que vous attendez, vous devez l’être. Nous avons apporté des changements mais nous continuons à comettre des erreurs importantes. Nous sommes plus forts et plus unis que jamais, nous devons trouver la solution. Dès que nous gagnerons un peu de confiance, l’équipe reprendra le jeu comme au début de la saison ». A cette période, le Betis est la pire défense de Liga.

La dépendance au magicien Sergio Canales 

Gravement blessé entre fin novembre et fin décembre, Sergio Canales passe proche de l’opération. Sa déchirure musculaire est profonde et le staff médical du club n’est guère rassurant. Cependant, l’ancien Merengue en a vu d’autre et refuse de passer sous le billard. Il serre les dents et cravache. Pour son retour, il joue 32 minutes et marque 2 buts face à Levante mais ne peut éviter la défaite. Un avant-gout de ce qui nous attend en 2021.

« Une équipe ne doit pas dépendre d’un seul joueur mais il est vrai que sergio est revenu avec une grande influence sur nos progrès en raison de ses capacités footballistiques et ses buts. il est toujours à la recherche de sa meilleure version avec un énorme sacrifice et l’intention de progresser ». Manuel Pellegrini

Déjà excellent avant sa blessure, ce qui avait poussé Luis Enrique à le convoquer avec la Roja, et primordial dans le jeu de son équipe, Sergio Canales offre récital sur récital en 2021. 9 matchs toutes compétitions confondues et 8 buts. Ses réalisations ont offert pas moins de 4 points directement à son équipe sur les 11 pris en 5 matchs. Un rythme d’Européen et surtout un équilibre très intéressant dans le jeu. Longtemps en quête de ce point d’inflexion, l’Ingénieur Pellegrini n’a pas abdiqué et profite pleinement de ce bon moment, malgré l’élimination en quart de finale de Copa contre l’Athletic aux tirs au but.

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Le Chilien jubile devant le retour de Canales et n’hésite pas à le dire dès qu’il le peut. « Le retour de Canales a été très important pour l’équipe, en raison de son utilisation du ballon. Il transmet à ses coéquipiers la nécessité pour ce club de se battre pour l’Europe et pour le Betis de progresser. Cela montre sa capacité de leadership dans le vestiaire ».

Des choix forts pour les canteranos et les attaquants

Avec 13 victoires en 25 matchs cette saison, Pellegrini fait déjà mieux que Rubi qui n’avait remporté que 12 rencontres sur l’ensemble de saison. Le Chilien a aussi le pourcentage de victoire le plus élevé du club avec un minimum de 20 matchs dirigés. Cette réussite, peu prévisible en début de saison, est le fait de la très bonne gestion de groupe d’un homme dont on oublie trop souvent qu’il a été champion d’Angleterre avec Manchester City.

A l’image d’un Quique Setién qui avait lancé Loren Morón, Pellegrini a inclus de plus en plus de canteranos dans son groupe afin de tenir de rythme hors-normes de cette saison. En plus des Aitor Ruibal et Juan Miranda, ce sont Paul Akouokou, Rodri Sánchez ou encore Javier Matilla qui s’ajoutent à la longue liste de joueurs lancés par le Chilien dans sa carrière. Joueurs de complément sur le papier, il n’hésite pas à leur faire une place dans le onze de départ en fonction des absents et des besoins, et souvent avec réussite.

Mais le principal chantier se situe au niveau de l’attaque. Comme l’a expliqué Pellegrini après la victoire sur le Celta, le Betis est trop peu consistant pour espérer mieux : « Nous avons marqué 26 points lors de la phase aller. J’aurais aimé en obtenir un peu plus, mais je pense que l’équipe est sur la bonne ligne ». Dans cette quête de meilleurs résultats, avoir un effectif cohérent et étoffé est une bonne chose, profiter d’un buteur régulier et en confiance c’est mieux. Après avoir essayé avec Tonio Sanabria, puis Loren, l’Ingénier a réussi à relancé Borja Iglesias. Pas un mince exploit tant le Panda n’est que l’ombre du joueur qu’il a pu être à l’Espanyol quand il avait remplacé Gerard Moreno.

Muet depuis le début de saison, celui qui a couté plus de 30M€ à son club n’arrive pas à retrouver son niveau quand il portait le maillot des Pericos. Néanmoins, il n’a jamais été mis de côté par son coach. Pellegrini a conscience des capacités du garçon. En 36 minutes en Copa face à la Real, Borja s’est offert un doublé pour qualifier son équipe en 1/4 de finale. Le match suivant en Liga, le Panda a marqué son premier but en Liga, du mauvais pied, pour offrir 3 points au Betis. 3 buts en un peu plus d’une heure de jeu, ses premiers de la saison et une confiance retrouvée : Iglesias a retrouvé son sourire communicatif. Pellegrini satisfait a même lâché un : « il n’a jamais laissé les bras » de soulagement.

Encore et toujours pire défense du championnat, le Betis est cependant dans le top 5 pour ce qui est des tirs par match, des tirs cadrés par match ainsi que des dribbles tentés. Cette 7e place est donc logique mais les Verdiblancos auraient pu exploser de nombreuses fois en première partie de saison. Manuel Pellegrini a toujours réussi à ramener du calme sans mettre à mal la confiance et renier son style. De quoi espérer une fin de saison avec un retour en Europe ? Le Benito-Villamarín prie pour ça.

Benjamin Chahine
@BenjaminB_13

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