Levante – Villarreal : la coupe enfin pleine ?

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Partido de LaLiga Santander disputado entre Villarreal y Levante. En la imagen, Paco López y Unai Emery.LaLiga Santander match played between Villarreal and Levante. In this picture, Paco López and Unai Emery. By Icon Sport - Estadio de la Ceramica - Villarreal (Espagne)

Ce 1/4 de finale de Copa del Rey revêt une importance très particulière pour Villarreal comme Levante qui ne comptent qu’une seule participation en 1/2 finale. Si le sous-marin jaune marque légèrement le pas dans la course à la qualification en Ligue des Champions, ce derbi régional ouvrirait de nouvelles perspectives pour l’équipe d’Unai Emery tandis que Levante voudrait mettre fin à une malédiction de 84 ans. 

Villarreal et la Copa, des aimants qui se repoussent

Villarreal a connu de grandes heures sur les scènes domestique et européenne mais jamais il n’a disputé la moindre finale. En Copa del Rey, la dernière et unique participation du submarino amarillo remonte à 6 ans. A l’époque, l’entraîneur était un certain Marcelino García Toral. Une petite éternité pour un club très régulier dans le haut de tableau depuis son retour en Liga en 2013 mais qui reste en retrait dans le tournoi copero. Les choses pourraient s’inverser sous l’impulsion d’Unai Emery qui a disputé 9 finales (4 de Ligue Europa, 1 de Copa del Rey, 2 de Coupe de France et 2 de Coupe de la Ligue) avec 3 clubs (Séville, PSG, Arsenal).

C’est paradoxal : Villarreal a connu de plus belles soirées européennes que coperas. La saison dernière, l’élimination piteuse en 1/4 de finale contre le Mirandés d’Andoni Iraola et Mickaël Malsa, devenu depuis un joueur de Levante, reste dans les mémoires groguetas. Cette déroute avait marqué le début de la fin de l’ère Javier Calleja. L’ancien technicien de la B a depuis été remplacé par Unai Emery qui, à l’image de plusieurs joueurs étiquetés Valencia CF, est venu chercher le rebond du côté de l’Estadio de la Cerámica.

Le Basque connaît l’influence de López sur le jeu de Levante qui a eu raison du Real Madrid samedi dernier à Valdebebas. « C’est du 50-50 et je n’ose pas dire qui est favori, a expliqué l’ancien coach du PSG en conférence de presse d’avant-match. Les deux clubs sont enthousiastes mais Levante joue à domicile et c’est toujours différent. A cela s’ajoute leur dynamique très positive qui leur donne beaucoup de confiance. Ils ont aussi de bons joueurs qui posent des problèmes, nos matches face à eux sont toujours très difficile. Ce sera équilibré ».

Paco López aux portes de l’Histoire granota

Ce derbi régional aura quoi qu’il arrive des conséquences historiques dans l’histoire des deux clubs. Levante attend depuis 1937 une participation en 1/2 finale. A l’époque, le club granota avait remporté la Coupe de l’Espagne libre en pleine Guerre Civile et se bat toujours pour que ce trophée lui soit officiellement crédité.

Paco López l’a avoué : ce 1/4 de finale est un sommet personnel et collectif : « J’ai le sang froid, je suis très tranquille. Il ne faut pas que l’enthousiasme se transforme en obligation. Même si c’est le match le plus important de la carrière de beaucoup d’entre nous, je suis confiant, avec la conviction que mon équipe donnera tout ».

Dès lors, hors de question d’aligner une formation remaniée, exception faite de Dani Cárdenas qui devrait être titulaire dans les cages à la place d’Aitor Fernández : « Nous essaierons de trouver cet équilibre et c’est le message que nous transmettons au vestiaire. Ils doivent fournir un effort maximum et profiter. De la sorte, nous serons plus proches d’atteindre notre objectif, cette qualification en 1/2 finale. L’aspect émotionnel sera fondamental ». 

L’équation est différente pour Unai Emery. La Copa del Rey est un objectif a priori moindre par rapport à la qualification en Ligue des Champions et aux phases finales de la Ligue Europa. Le natif d’Hondarribia alignera donc un XI composite et laissera des cadres au repos. « Nous alignerons un XI avec les vertus et les caractéristiques qui nous ont rendus forts pour avoir la possession et être dangereux en attaque. Dans le même temps, nous devons nous adapter à notre adversaire ».

Effectivement, la philosophie de Paco López est ambitieuse, tournée vers la construction et l’offensive. Les Granotas savent à la fois jouer et faire déjouer, ce qui les rend imprévisible et agréable à regarder. « Ils ont la possession et des joueurs de qualité, a détaillé Emery. La clef sera de voir quelle équipe sera capable d’imposer ses préceptes. Nous devons être préparés à tout car ils vont vouloir nous faire mal. Il faudra faire face et imposer notre potentiel ».

C’est seulement la 2e fois que Villarreal et Levante se rencontrent. Il y a près de 20 ans, le 29 novembre 2001, le sous-marin jaune l’avait emporté aux tirs au but au Ciutat de València (1-1, 4 t.a.b à 3). Ce match avait été marqué par la double fracture tibia-péroné du Titán Martín Palermo qui avait célébré son but à la 98e minute avec le parcage groguet et le mur qui les séparait s’était effondré sous leur poids. Cette fois-ci, c’est dans un stade rénové et doté d’un toit que les deux clubs se retrouvent. C’est un morceau d’histoire du football de la Communauté Valencienne qui se dispute à Oriolls. Reste à savoir qui brisera sa malédiction.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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