Marcelino est devenu Martxelino et veut enfin battre le Barça en Liga

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Crédits : Iconsport

Depuis l’arrivée sur le banc de Marcelino García Toral, l’Athletic est transformé. Hormis une défaite inaugurale en Liga contre le Barça, tout réussi aux Leones. Preuve de l’affection qu’il suscite à Bilbao, le coach asturien est devenu « Martxelino », un nouvel arrivant déjà adopté. Avant de retrouver les Blaugranas pour la 3e fois ce mois-ci, décryptage d’un mode de management qui était fait pour coller à l’institution. 

Il y a des mariages plus évidents que d’autres. Quand Marcelino accepte de rejoindre l’Athletic en cours de saison après une phase aller compliquée pour les Leones, on se dit que ça ne peut que fonctionner. Ce groupe travailleur au vécu important ensemble s’est transfiguré en l’espace de quelques jours sous l’égide d’un entraîneur méthodique, voire rigoriste, doté d’un sens aigu de la transmission et de l’adaptation. Il n’a pas fallu longtemps pour que cela fasse des étincelles. Pourtant, cette réussite rapide surprend et permet de montrer que Marcelino est sûrement ce qui se fait de mieux sur un banc en Espagne actuellement. Retour sur ses premières réussites couronnées par une SuperCopa.

Muniain, Raúl García, Williams : des cadres déjà parfaitement dans le moule 

Le 4-4-2 à plat est inamovible pour Marcelino. C’est le schéma le plus facilement compréhensible pour les joueurs, le plus malléable et celui qui permet de mettre en place son jeu de transition fait de décrochages et de courses explosives. Les joueurs de l’Athletic le connaissent bien, mais leur capacité à comprendre et à réciter la philosophie de Marcelino aussi vite étonne. Même l’Asturien n’avait pas cette ambition à son arrivée. Certes, il parlait de la SuperCopa et de ce titre accessible en deux matches, mais il voulait d’abord montrer la voie pour ensuite trouver le succès.

Les cadres ont rapidement pris en main et intégré ce que Marcelino leur a proposé. Un jeu de transition, où on joue en 4-4-2 strict en phase défensive pour mieux exploiter toutes les pertes de balles adverses. Les automatismes sont déjà présents dans un groupe qui se côtoie depuis un long moment. Ce passif unique en Europe fait que les déplacements sont synchronisés. Cela a donc permis à Marcelino de réussir rapidement à imposer sa marque à son effectif. Sous Gaizka Garitano, les Leones étaient appliqués mais guère entreprenants. L’ancien coach du Valencia CF leur a simplement apporté un cadre parfait dans lequel évoluer tout en leur redonnant confiance.

« ce sont des éponges. c’est une équipe incroyable. ils se battent, ils travaillent. ils avaient ce trophée dans un coin de leur tête et ils l’ont fait. Je suis très fier d’eux. ces footballeurs sont différents ».
marcelino

Muniain est sans nul doute le joueur le plus en vue depuis la nomination de l’Asturien. Le sosie de Bart Simpson a une grande liberté de mouvements. Positionné à gauche du milieu à plat, il bouge, dézone, touche le ballon, dribble et fait des différences. Capable d’être bon, que le ballon soit en profondeur ou dans les pieds, il est constamment impactant, d’autant qu’il joue avec un duo d’attaquants qui s’entend très bien. Iñaki Williams est rapide, véloce, insaisissable quand le ballon est lancé en profondeur. Joueur de rupture qui attaque les espaces, associé à Raúl García, Navarrais physique qui fait office de point d’ancrage, le duo ne peut être que fonctionnel et complémentaire.

Crédits : Iconsport

Raúl García décroche lorsqu’une transition offensive est amorcé, Muniain et Williams peuvent alors profiter de la pagaille suscitée par ce déplacement simple pour transpercer une défense adverse qui est bien souvent passive. Le robuste avant-centre a un excellent jeu de tête et fait donc office de cible pour les centres des Leones. La seconde mi-temps face à Getafe a été la démonstration d’une équipe inspirée et efficace alors qu’elle n’est entre les mains de Marcelino que depuis un mois. Les déplacements, les passes, les orientations et cette volonté de faire mal sur chaque perte adverse sont déjà intégrés par l’ensemble de l’effectif.

Pas de bouleversement mais un changement attendu 

Ce qui est intéressant depuis la prise de fonction de Marcelino, c’est sa capacité à ne pas vouloir chambouler l’institution Athletic Club. Après son sacre en SuperCopa, il a par exemple associé Gaizka Garitino et ses adjoints à cette réussite. Il vante aussi les qualités de l’ensemble de son groupe qu’il veut faire adhérer à sa philosophie sans forcer le trait. Il sait que l’effectif ne peut pas être chamboulé, ce qui le contraint à ménager son tempérament volcanique pour ne pas brusquer des joueurs soudés.

« Au cours de ces 15 jours, j’ai vérifié que l’athletic est un sentiment. il fait partie d’une culture. c’est une culture »
marcelino

Marcelino entreprend des tentatives intéressantes. Óscar de Marcos, déjà apparu en forme sous Garitano, est revenu à son niveau de l’ère Marcelo Bielsa. Titulaire à droite du milieu, il manie les courses intérieures et extérieures avec qualité, fait beaucoup de bien dans le jeu et se mue en buteur. Mikel Balenziaga, titulaire en l’absence d’Yuri Berchiche, ainsi qu’Íñigo Lekue, 3e choix devenu titulaire après les pépins physiques deux latéraux, ont affiché un très bon rendement malgré leur manque de temps de jeu. Marcelino vante son groupe, ses qualités, sa compréhension et son travail dès qu’il le peut. L’Athletic adhère.

L’Asturien a pris la mesure de ce que représente l’Athletic, un club pas comme les autres qui doit évoluer d’une manière différente. Tout un peuple veut le voir réussir et sa méthode est parfaitement comprise et partagée par l’ensemble de l’effectif. Déjà « basquisé » et surnommé « Martxelino », il veut désormais placer les Zuri-gorriak à un rang digne du sien en Liga. Avec déjà un titre dans l’escarcelle, un 1/4 de finale de Copa à disputer et la finale de 2020 à disputer en avril. les prochains mois peuvent être magnifiques à suivre. Première étape : décoller de cette 9e place et battre le Barça pour la première fois en Liga. Marcelino a déjà réussi à renverser les Culés deux fois consécutivement en finale mais jamais en championnat. Il n’a jamais semblé aussi proche d’enfin y parvenir.

Benjamin Chahine
@BenjaminB_13

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