♀️ Football féminin / On était à Servette Chênois – Atlético (2-4) en Women’s Champions League

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Crédits : AtletiFemenino/Alberto Molina

Le match aller des 1/16 de finale de Women’s Champions League opposant le Servette Chênois à l’Atlético de Madrid s’est soldé par une victoire des Colchoneras (2-4). Mises en difficulté en 1re mi-temps, les joueuses de Dani González ont fini par faire respecter la hiérarchie. ¡Furia Liga! était au Stade de Genève pour les grands débuts des Suissesses dans la reine des compétitions. 

Après avoir fini 2e d’un championnat 2019/2020 compliqué, l’Atlético de Madrid retrouvait hier soir la Champions League à Genève contre le Servette Chênois. Leaders de leur championnat et ayant comme ambition de devenir le club féminin référence en Suisse, les Servettiennes participaient pour la première fois à la compétition européenne. Elles ont proposé une bonne opposition face à des Colchoneras qui ont monopolisé le ballon.

Le Servette Chênois regarde l’Atlético droit dans les yeux

Bien qu’en championnat le Servette Chênois ait l’habitude de maîtriser la possession, c’est l’Atlético qui remporte le contrôle du ballon en début du match. Les joueuses de Dani González commencent leurs premières incursions et surchargent le front de l’attaque en faisant monter les ailières Amanda Sampedro et Toni Duggan. Les deux Indias sont insaisissables et alternent les courses entre l’axe et les couloirs. Mais la défense servettienne tient bon face à la mobilité rojiblanca. Elle répond et lance quelques contre-attaques qui font comprendre à l’Atlético que rien n’est gagné d’avance. Les Genevoises misent sur le travail de Marta Peiró, leur référence offensive du soir, qui essaye tant bien que mal de remplir toutes les tâches que lui incombe son isolement. Seule attaquante côté grenat, l’Espagnole doit à la fois fixer les défenseures adverses, leur mettre la pression et garder la balle dos au but pour faire monter son équipe.

La Canadienne Alyssa Lagonia au duel. Crédits: AtletiFemenino/Alberto Molina

A la 18e minute, le travail collectif du Servette Chênois porte ses fruits. L’équipe d’Eric Sévérac sait pertinemment que ses ailières sont toujours écartées quand l’équipe a la balle et c’est en trouvant l’une d’elles, Amira Arfaoui, que les Genevoises ouvrent le score. La provocante numéro 27 part depuis son couloir gauche et trouve Maendly en retrait, qui à son tour envoie le ballon dans les 16 mètres pour que Paula Serrano devance sa vis-à-vis et ouvre le score contre son ancien club. La « ley del ex » ne pardonne jamais. Mais l’Atlético ne tarde pas à répondre. Dès la 20e minute, Ludmila da Silva, meilleure buteuse du championnat espagnol, est lancée derrière la défense servettienne. La Brésilienne tente une frappe malgré un angle très fermé et Amandine Soulard, en tentant de sauver son équipe, envoie le ballon dans les filets.

Après les deux buts, le match gagne en intensité mais Servette reste confiant face aux longues conservations de l’Atlético. Les Suissesses se maintiennent organisées et ne tombent pas dans le piège de lâcher leur position malgré des adversaires remuantes. Et c’est Serrano à la 31e minute qui va permettre de repasser devant au score. L’Espagnole prend de vitesse Van Dongen et se fait ramasser par la sortie maladroite de la gardienne française Peyraud-Magnin, provoquant un penalty transformé par Alyssa Lagonia.

Ensuite, les Colchoneras continuent de faire circuler le ballon sans réussir à déséquilibrer l’adversaire. A noter la bonne prestation de Soulard qui a tenu tête à Ludmila et Toni Duggan sur le côté droit. La gardienne Gaëlle Thalmann, encore en quarantaine il y a quelques jours, intervient plusieurs fois et garde son équipe dans le match. Les deux équipes rentrent au vestiaire sur le score de 2-1, avec des Servettiennes qui ont bien su rentabiliser leurs attaques et des Indias pas assez tranchantes.

Ludmila Da Silva en grande forme hier soir. Crédits : AtletiFemenino/Alberto Molina

Un Atlético dominateur au retour des vestiaires

C’est un autre Atlético qui revient sur le terrain. Pas forcément sur le fond, mais plutôt sur la forme. En effet, les idées restent les mêmes : beaucoup de dézonages devant, circulation du ballon pour trouver des espaces côté opposé, recevoir à l’intérieur pour désorganiser. Mais le tout est désormais réalisé avec une vitesse, une intensité et une efficacité dignes d’un grand club européen. De plus, les Rojiblancas infligent une pression insoutenable. A chaque fois qu’une joueuse servettienne touche la balle, elle est harcelée de tous les côtés.

C’est sans surprise que les visiteuses marquent rapidement le 2-2 à la 47e par le biais de Ludmila qui reprend trop facilement de la tête un centre de Deyna Castellanos. Le Servette n’est plus aussi discipliné qu’en première mi-temps. La suite, c’est une domination totale de l’Atlético. Les Colchoneras  arrivent facilement par les côtés, gagnent tous leurs duels et empêchent tout espoir de contre-attaque. Laia Aleixandri, repositionnée en fin de première mi-temps sur le couloir, donne raison à son entraîneur en proposant un magnifique match. La jeune de 20 ans est à la fois intraitable défensivement et déterminée au moment d’apporter le surnombre devant.

Plus le temps passe, plus le leader d’AXA Women’s Super League est à la peine. Remplies de bonne volonté, les Genevoises interviennent malheureusement trop souvent à contre-temps et offrent de plus en plus d’espaces aux Espagnoles. Leur entraîneur Eric Sévérac appelle à faire les décalages plus rapidement, mais ce n’est pas suffisant. L’Atlético prend le dessus à la 55e minute après un centre de l’inévitable Ludmila repris joliment par Leyna qui envoie le ballon entre les jambes de Thalmann. La Vénézuélienne gardera un bon souvenir de son premier match de Champions League.

Silvia Meseguer et ses coéquipières ont maîtrisé la deuxième période. Crédits: AtletiFemenino/Alberto Molina

Peu à peu, la fatigue se fait ressentir et les changements arrivent. Sur ce plan, l’Atlético a clairement l’avantage. Dani González peut se permettre de faire entrer Turid Knaak et Emelyne Laurent, toutes deux internationales avec leurs pays respectifs. Les Colchoneras cherchent le 2-4. Elles ne veulent pas revivre la remontée à 3-3 qu’elles ont subi samedi passé contre l’Athletic. A l’image de leur capitaine Silvia Meseguer qui tient à elle seule le milieu de terrain en équilibrant, réduisant les distances et offrant constamment des lignes de passes, les Rojiblancas sont déterminées à tuer le match.

A la 75e, Thalmann est encore obligée de s’illustrer, cette fois face à une Turid Knaak qui fait une démonstration de vitesse. La gardienne Servettienne met de la voix pour motiver ses coéquipières mais l’intensité à laquelle elles font face ne leur permet pas de faire bon usage du ballon. Il faudra attendre la 90e minute pour que l’Atlético tue le match. Ludmila, encore elle, dépasse Spälti et centre pour la Française Laurent qui crucifie Gaëlle Thalmann. Le score final est donc de 2-4 pour les visiteuses. Tout au long de la deuxième mi-temps, les Indias auront peu été inquiétées. Elles ont su maintenir un rythme élevé que ce soit dans les courses ou la circulation du ballon et fournir l’engagement nécessaire pour annuler les contre-attaques genevoises.

Bilan mitigé côté Atlético, fierté côté Servettien

Dani González tire un bilan mitigé dans sa (courte) conférence de presse. Il fait remarquer sa déception concernant les premières 45 minutes : « L’Atlético n’a pas été l’Atlético pendant la première mi-temps ». Mais le visage conquérant de son équipe au retour des vestiaires lui a plu : « Je m’identifie beaucoup plus avec mon équipe de la deuxième mi-temps et c’est le chemin à suivre ».  Ses joueuses sont averties.

Quant aux Genevoises, elles peuvent être fières malgré la défaite. En première mi-temps, elles ont gardé une concentration remarquable et le déroulement de la deuxième période relève plus du mérite de l’Atlético que de leur démérite. De plus, l’écart de performance se justifie si l’on prend en compte le statut non-professionnel et les conditions d’entraînements loin d’être optimales au Servette Chênois.

L’entraîneur servettien Eric Sévérac et la capitaine Caroline Abbé en conférence de presse.

Eric Sévérac s’est dit très satisfait de ses joueuses et se montre confiant pour le futur en déclarant qu’avec une structure plus professionnelle « on peut tout à fait être rapidement au niveau de ces équipes ». Pour le match retour, l’entraîneur genevois reconnaît que la qualification en 1/8 de finale est compromise, mais assure que « l’équipe ira à Madrid pour travailler et continuer à progresser ». Les Servettiennes se déplaceront mardi prochain dans la capitale espagnole pour essayer de poursuivre leur rêve européen en même temps que l’apprentissage du très haut niveau.

Composition des équipes:

Servette Chênois (4-2-3-1 / 4-3-3): Gaëlle Thalmann, Amandine Soulard, Caroline Abbé (C), Thaïs Hurni, Nathalia Spälti, Sandy Maendly, Valérie Gillioz (68′ Maeva Sarrasin), Paula Serrano (83′ Laura Felber), Amira Arfaoui (61′ Léonie Fleury), Alyssa Lagonia, Marta Peiró (83′ Marie Duclos).

Atlético de Madrid (4-4-2) : Pauline Peyraud-Magnin, Laia Aleixandri, Aïssatou Tounkara, Merel Van Dongen, Alia Guagni, Amanda Sampedro (C) , Silvia Meseguer, Leicy Santos (72′ Emelyne Laurent), Toni Duggan (67′ Turid Knaak), Ludmila Da Silva (91′ Elena Martínez), Deyna Castellanos.

Buts : 18′ Paula Serrano 1-0, 20′ Ludmila 1-1, 32′ Alyssa Lagonia 2-1, 47′ Ludmila 2-2, 55′ Deyna 3-2, 90′ Laurent 4-2.

Pablo Sánchez (@pablosanch19)

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