📝 Analyse / Les 3ïžâƒŁ enseignements de AtlĂ©tico de Madrid – FC Barcelone (1-0) !

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Pas un festival de buts, pas une rencontre des grands soirs, mais un Partidazo qui a bel et bien penchĂ© du cĂŽtĂ© des Colchoneros. La victoire est mĂ©ritĂ©e pour les locaux qui ont tout simplement Ă©tĂ© plus entreprenants avec le ballon. Diego Simeone s’impose dĂ©finitivement comme un sĂ©rieux candidat au titre final avec son Atleti version 2020-2021. Au FC Barcelone, des interrogations continuent d’ĂȘtre posĂ©es, des doutes continuent de s’installer et des rĂ©sultats positifs continuent de manquer. Voici 3 enseignements Ă  tirer de ce dĂ©terminant Partidazo !

1ïžâƒŁ Merci Ă  Llorente et DembĂ©lĂ©

Lors de cette rencontre, le constat est simple. Les joueurs locaux ont globalement tous montrĂ© de belles choses, et les joueurs visiteurs ont ratĂ© leur match, Ă  l’exception d’un ou deux catalans. Marcos Llorente a confirmĂ© son bon dĂ©but de saison avec l’AtlĂ©tico, en Ă©tant face au Barça un vĂ©ritable maĂźtre des demi-espaces. Au dĂ©but de la rencontre, l’espagnol s’est Ă  deux reprises servi de la profondeur du demi-espace droit pour faire un appel et crĂ©er des occasions pour son Ă©quipe. La premiĂšre fois en parvenant Ă  centrer dans la surface, et la deuxiĂšme fois en prenant sa chance, avec un tir sur la barre transversale. 40 ballons touchĂ©s, 85,7% de passes rĂ©ussies; certes le madrilĂšne ne possĂšde pas les meilleurs chiffres, mais son apport est indĂ©niablement visible sur le terrain. Sans cesse hyperactif pour se connecter Ă  ses coĂ©quipiers, son coach Simeone peut ĂȘtre satisfait de son joueur. Nous avons senti un Marcos Llorente impliquĂ© dans la continuitĂ© des actions de son club grĂące notamment Ă  sa libertĂ© de mouvement assez rĂ©guliĂšre. C’est une certitude, si l’Atleti souhaite aller au bout cette saison, ce sera avec un Marcos Llorente performant.

De l’autre cĂŽtĂ©, la tendance est complĂštement inversĂ©e. Un FC Barcelone trĂšs en difficultĂ© qui n’a pas produit un match Ă  la hauteur. Peu de blaugranas ont rĂ©ellement convaincu, Ă  vrai dire ils sont au nombre de deux ou trois (selon les opinions de chacun). En revanche, la majoritĂ© des supporters catalans seront unanimes sur l’identitĂ© du meilleur joueur cĂŽtĂ© visiteur : Ousmane DembĂ©lĂ©. RĂ©cemment revenu de blessure, Ronald Koeman n’hĂ©site pas Ă  donner de la continuitĂ© Ă  l’ailier français. Et le joueur confirme petit Ă  petit les espoirs placĂ©s en lui.

Au sein d’une Ă©quipe totalement amorphe et sans idĂ©es de jeu, il est l’arbre qui a cachĂ© le forĂȘt. Cette fois et c’est assez peu commun pour ĂȘtre soulignĂ©, DembĂ©lĂ© a disputĂ© la totalitĂ© du match. Si son Ă©paule lui a causĂ© une frayeur lors d’un choc avec un joueur adverse, le français a tenu son rang et a jouĂ© sans la peur qui l’habitait ces derniĂšres annĂ©es. PositionnĂ© sur l’aile droite, le CulĂ©s a bien souvent collĂ© la ligne. Il est tout simplement le joueur ayant le plus tentĂ©, le plus crĂ©Ă© de situations dangereuses pour le FC Barcelone. Auteur de 3 passes clĂ©s, ses ballons ont Ă©tĂ© intelligemment dĂ©posĂ©s pour ses coĂ©quipiers. Il a distribuĂ© Ă©galement deux-trois bons centres dans la surface adverse pour apporter du danger, que ce soit par la passe ou par le dribble. Alors oui, son match n’a pas Ă©tĂ© non plus parfait sur tous les points, mais le contraste entre lui et les autres portant la tunique catalane est bien lĂ . C’est ce DembĂ©lĂ© dont le Barça a besoin. A cĂŽtĂ© de lui, Antoine Griezmann et Pedri sont passĂ©s Ă  cĂŽtĂ© de leur match. Lionel Messi semble avoir la tĂȘte ailleurs, et le voir comme ceci ne prĂ©sage rien de bon pour la suite, malheureusement.

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2ïžâƒŁDes Colchoneros nettement supĂ©rieurs

La victoire madrilĂšne s’est dessinĂ©e sur le plus petit des scores, mais les hommes de Diego Simeone ont bien maitrisĂ© cette confrontation de bout en bout. Un rĂ©sultat au goĂ»t inĂ©dit, puisque ce fut la premiĂšre victoire pour le Cholo en Liga face au FC Barcelone. En ce dĂ©but de saison tonitruant pour les Colchoneros, toujours invaincus, une belle aventure se dessine au sein de ce collectif aux multiples atouts. Globalement sur la rencontre, l’AtlĂ©tico Madrid avait une maĂźtrise assez prononcĂ©e en phase de possession de balle, et a semĂ© le doute dans les tĂȘtes catalanes. En premiĂšre pĂ©riode, la tendance Ă©tait plutĂŽt partagĂ©e : les deux rivaux se rendaient les coups, une attaque par-ci, une attaque par-lĂ . Mais en seconde, c’est une Ă©quipe complĂšte qui a pris l’ascendant sur l’autre. Par moments, les joueurs de Simeone donnaient l’impression de se balader, l’impression que le match Ă©tait une simple formalitĂ© face Ă  une Ă©quipe de bas de tableau de Liga. L’ensemble du collectif Rojiblanco s’est montrĂ© bon, grĂące notamment aux projections sans ballon de Marcos Llorente, Ă  la mobilitĂ© de Joāo FĂ©lix, et Ă  l’intelligence de jeu de Koke. Une formation Ă©tait sĂ»re d’elle, l’autre Ă©tait en plein cauchemar.

Cette sĂ©rĂ©nitĂ© s’est nettement aperçue sur la pelouse du Wanda Metropolitano. MalgrĂ© une possession infĂ©rieure Ă  celle du Barça (45% contre 55%), c’est bel et bien l’AtlĂ©ti qui a su le mieux s’en servir. Alors que Barcelone peinait Ă  trouver des solutions viables pour mettre en danger son adversaire, l’AtlĂ©tico diversifiait ses attaques grĂące Ă  la polyvalence de ses composantes. C’est sĂ»rement l’une des forces de cette Ă©quipe : la multitude de propositions offensives, le danger peut venir de tous les cĂŽtĂ©s. C’est en tout cas la sensation donnĂ©e sur le terrain lors de ce match. En fait, le Barça n’est jamais rentrĂ© dans on match, et a subi de plus en plus au fur et Ă  mesure du match. Un jeu triste trop pauvre, les rares occasions sont venues de ballons aĂ©riens (sur les tĂȘtes de Lenglet et Griezmann), ou d’Ousmane DembĂ©lĂ©.

 

3ïžâƒŁ L’entĂȘtement de Ronald Koeman

Depuis que Ronald Koeman est en poste sur le banc du FC Barcelone, il est tout de mĂȘme judicieux d’avouer un certain progrĂšs au sein de l’Ă©quipe Blaugrana. ProgrĂšs, qui comme souvent est Ă  relativiser. Avec le nĂ©o-coach catalan, son systĂšme au fil des matchs nous laisse un rendu assez frustrant, mi-figue mi-raisin. Le problĂšme qui commence Ă  ressurgir, rĂ©side dans l’incapacitĂ© de Koeman Ă  s’adapter Ă  l’adversaire. Lorsque le 4-2-3-1 ne fonctionne pas, il faut peut-ĂȘtre le revoir, le modifier, le transformer en quelque chose de nouveau, d’inĂ©dit, de surprenant. Pour l’instant, il n’en est rien pour ce Barça qui devient trop scolaire. Au Wanda Metropolitano, ce systĂšme n’a pas portĂ© ses fruits, mais l’entraĂźneur barcelonais a persistĂ© dans son idĂ©e directrice.

Prenons un exemple qui tĂ©moigne de cette volontĂ©. GĂ©rard PiquĂ© a Ă©tĂ© contraint de sortir suite Ă  une sĂ©vĂšre blessure. Koeman fait alors rentrer Sergiño Dest sur le cĂŽtĂ© droit, Sergi Roberto prend ensuite la place de De Jong dans le double pivot, et ce dernier recule pour occuper le poste du joueur sortant. Alors que son Ă©quipe manquait cruellement de crĂ©ativitĂ© et de liant entre le milieu de terrain et l’attaque, pourquoi ne pas avoir tentĂ© la carte Riqui Puig ou la carte Carles Aleñå ? Autrement dit, se passer de milieux crĂ©atifs dans le jeu blaugrana au profit du double pivot Pjanic – Sergi Roberto; ce n’est pas rĂ©ellement ce que demandait la physionomie de la rencontre. De plus, Trincāo et Braithwaite ont remplacĂ© Griezmann et Pjanic Ă  la 83Ăš minute. Au total, le Barça finira le match avec 5 joueurs offensifs pour 1 seul milieu de terrain (Sergi Roberto). Ainsi, l’entĂȘtement de Ronald Koeman avec son systĂšme en 4-2-3-1 ne lui permet de s’adapter en fonction de l’adversaire, et surtout lorsque son Ă©quipe ne parvient plus Ă  proposer quelque chose de cohĂ©rent. Malheureusement pour l’instant, le coach nĂ©erlandais refuse d’Ă©voluer dans ses idĂ©es, et persiste dans un schĂ©ma qui ne fonctionne que trop peu sur la durĂ©e.

Dorian Faucherand (@DorianFchrd). 

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