📝Analyse / Les 3️⃣ enseignements de Real Madrid – Inter (3-2)

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Photo by Icon Sport - Sergio RAMOS - Stade Santiago-Bernabeu - Madrid (Espagne)

Après une défaite face au Shakhtar et un match nul arraché sur la pelouse du Borussia Mönchengladbach, le Real Madrid n’avait pas le droit à l’erreur mardi soir lors de la réception de l’Inter. Au terme d’un match où le spectacle a été facilité par les largesses défensives des deux équipes, ce sont les Vikingos, parfois laborieux mais toujours costauds mentalement, qui se sont offerts une victoire capitale pour la qualification en 1/8 finale de la Ligue des Champions (3-2). Voici les 3 enseignements à retenir de cette rencontre.

1️⃣ Benzema et Ramos, leaders éternels

Au-delà de la prestation en demi-teinte du Real Madrid, ses deux plus fidèles serviteurs ont comme souvent répondu présent. La passe en retrait non maîtrisée d’Achraf Hakimi a grandement facilité la tâche à Karim Benzema qui a ouvert le score à la 25e minute. Malgré un raté qui aurait pu coûter très cher en 2e mi-temps, il s’est une nouvelle fois montré indispensable à son équipe, avec des choix qui vont toujours dans le sens du jeu, comme sa remise de la tête pour Fede Valverde en 1re période qui a manqué de peu le cadre sur sa volée. De plus, KB9 s’est offert une nouvelle victime en Ligue des Champions, puisque l’Inter est la 31e équipe contre laquelle il inscrit un but en Champion’s. Seuls trois joueurs ont fait mieux que lui dans l’histoire : Raúl, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Rien que ça ! Il continue de prouver semaine après semaine qu’il est l’un des plus grands numéros 9 de l’histoire merengue et un leader incontesté du côté de Valdebebas. 

Quant à Sergio Ramos, il avait sorti le costume Ligue des Champions pour affronter les Nerazzurri. Si le Real Madrid a souffert défensivement, cela résulte davantage de la prestation collective et d’un milieu de terrain (à l’image de Toni Kroos et Casemiro) qui peine à retrouver son aura d’antan. Le capitaine s’est retrouvé de nombreuses fois dans des situations périlleuses de 1 contre 1 face à un Lautaro Martínez très remuant et juste techniquement, ce qui a offert un très beau duel, notamment en 1re mi-temps. Et puis est venu le classique de Ramos : une tête croisée à la 33e minute qui permet aux siens de faire le break. Un but qui restera longtemps dans la mémoire de l’international espagnol qui atteint la barre symbolique des 100 buts avec les Merengues et accessoirement son 14e en Ligue des Champions. « Les records sont secondaires au niveau personnel, mais cela fait toujours plaisir. Cent buts, ce n’est pas quelque chose que l’on arrive à atteindre tous les jours. Tant qu’ils servent pour enchaîner les victoires, je suis très content », a-t-il déclaré après la rencontre. Il va désormais tenter d’aller chercher le record de Roberto Carlos, défenseur ayant inscrit le plus de buts dans la reine des compétitions, avec 16 réalisations.

2️⃣Un pressing efficace, mais irrégulier

S’il y a bien une chose sur laquelle Zinedine Zidane pourra tenter de s’appuyer, c’est la performance de son équipe en 1re mi-temps. Plus efficaces dans le dernier geste, les Vikingos ont également performé par leur pressing haut qui a empêché les hommes d’Antonio Conte de sortir proprement le ballon depuis Samir Handanovic. Le travail des Merengues a été récompensé à la 25e minute sur le but de Karim Benzema. Si l’on retient l’offrande d’Achraf Hakimi pour son ancienne maison, cette erreur est le résultat d’un harcèlement du porteur (par Ferland Mendy très haut) et plus particulièrement des joueurs de côté. Dès qu’Hakimi et Young recevait le ballon, l’effort était fait pour enfermer le piston qui n’avait d’autres choix que de repartir avec ses défenseurs centraux. Un pressing efficace mais aussi très risqué. Lorsque l’Inter est parvenu à s’en sortir, cela a très souvent permis à Lautaro Martínez de se retrouver en 1 contre 1 face à Sergio Ramos. Les Madridistas ont pu s’appuyer sur leur capitaine qui a très bien négocié son duel face à l’Argentin. 

Malheureusement pour les hommes de Zidane, cette intensité n’a duré qu’une mi-temps. En seconde période, l’Inter a eu plus de facilité pour dépasser la ligne médiane et cette absence de pressing a une nouvelle fois dévoilé au grand jour les lacunes défensives du Real Madrid. Un axe défensif à la peine, à l’image de la succession d’erreurs entre Raphaël Varane et Casemiro sur le second but intériste.

3️⃣« Coaching » payant de Zidane

Après sa bonne prestation face à Huesca, Eden Hazard suscite de nouveau de l’espoir. En manque de rythme en raison d’une succession de blessures, le Belge retrouve peu à peu ses sensations. De même pour Marco Asensio qui doit batailler pour retrouver le niveau qui était le sien avant sa rupture des ligaments croisés en 2019. Madrid soir, les deux ailiers merengues ont été assez discrets et n’ont pas vraiment pesé sur la défense adverse. Malgré le match moyen d’Achraf Hakimi pour son retour à Valdebebas, c’était en grande partie à Eden Hazard de le contenir sur ce côté droit, ce qui peut expliquer son positionnement bas sur le terrain à de nombreuses reprises. En résumé, la « HBA » n’a pas vraiment convaincu. 

Quelques minutes avant l’égalisation d’Ivan Perisic, Zinedine Zidane a décidé d’apporter de la fraîcheur et de la verticalité en remplaçant à l’heure de jeu ses deux hommes de couloirs par Vinicius Jr et Rodrygo. Dans les faits du match, c’est un coaching payant pour Zizou car le but de la victoire est le résultat d’un centre en retrait de Vinicius et d’une frappe puissante de Rodrygo qui n’a laissé aucune chance à Samir Handanovic. Il est important également de souligner l’apport de Luka Modric dans son rôle de remplaçant de luxe. Le Croate est entré pour amener plus de contrôle dans une équipe qui souffrait dans l’utilisation du ballon et à la perte. Le numéro 10 Madridista a suppléé un Toni Kroos très en-deçà de ses capacités. Un choix qui montre également toute la confiance de Zidane envers Fede Valverde devenu l’incontournable dans ce milieu de terrain à 3.

Fabien Chevallier
@fabchevallier

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