🗳 Élections Barça / 🎙Interview exclusive – Lluís Fernàndez Alà : « Le Barça appartient aux socios, pas à un fonds d’investissement »

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Crédit : Marc Ala, Comunity Manager Lluis Fernandez Ala

Lluís Fernàndez Alà est pré-candidat à l’élection présidentielle du FC Barcelone. Dans l’attente des signatures de socios nécessaires pour se présenter officiellement, l’entrepreneur a accordé une interview à ¡FuriaLiga! pour évoquer son projet fondé autour de 3 aspects fondamentaux : la passion, la raison et la Masia. Son objectif est simple : unir le Barcelonisme et mettre le socio au centre du processus décisionnaire. 

Pour commencer, et afin que les lecteurs puissent mieux vous connaître, pourriez-vous brièvement vous présenter ?

Je suis Lluís Fernàndez Alà, j’ai 53 ans, marié et père d’un enfant de 2 ans. Je suis socio du Barça et entrepreneur. Je vis à Sant Cugat, à côté de Barcelone. J’aime le Barça depuis que je suis né et j’en suis arrivé à la conclusion que le club a besoin d’un changement profond au sein de ses institutions. C’est la raison pour laquelle je me présente à ces élections.

Votre slogan est « pasió, seny i planter ». Trouvez-vous que la passion se perd au Barça parmi l’afición, les dirigeants, les joueurs ?

On l’a perdue et c’est très dangereux. « Seny » est un mot très catalan qui peut se traduire par la raison. La passion, la raison et, bien sûr, la Masia qui a toujours fait la grandeur du Barça. Nous notons une désaffection. Quand vous allez au stade, il y a beaucoup de sièges libres (seient llures), c’est-à-dire que quand un socio ne peut pas aller au stade, il laisse sa place à un supporter pour qu’il aille au match à sa place. Il y a donc des socios qui ne vont qu’à 8-10 matches par saison. Autrefois, ce n’était pas le cas et il faut revenir à ces origines, revenir aux racines du Barça. Nous voulons retrouver cette passion. Le Barça reste le Barça mais nous l’avons perdu, y compris lors des matches à l’extérieur car c’était l’occasion de se retrouver entre amis autour d’un dîner pour supporter l’équipe. C’est pour cela que les socios doivent redevenir importants au sein du Barça.

« Bartomeu est coupable d’un quadruple échec : économique, social, institutionnel et sportif »

Cette fierté blaugrana s’est-elle dissoute avec Josep María Bartomeu et l’ensemble des dirigeants ?

Le Barça est grand pour ce qu’il est. Il appartient aux socios et pas à un fonds d’investissement. Il ne faut pas perdre cela et il y a des choses qui le mette en danger, comme l’Espai Barça qui a Goldman Sachs derrière. Il faut que les socios retrouvent leur protagonisme. Ces dernières années, les socios ont eu peu de poids au sein des institutions du Barça et il faut le récupérer. Le Barça est grand pour ses socios et aussi pour tous ses supporters en France, en Amérique du Sud, aux États-Unis, aux Pays-Bas etc. Il faut en prendre soin. On peut le voir sur les réseaux sociaux : le Barça a plus de 100 millions de followers et le deuxième, c’est Manchester United qui en a la moitié. Le Barça est le club du peuple et jamais il ne doit devenir une société anonyme.

L’ère Bartomeu touche à sa fin. Que laisse-t-il au club ? Tout est négatif ?

Son image est correcte mais il lui manque du charisme et de la force. Il est difficile de trouver de bonnes choses. S’il fallait en retenir, ce serait les revenus. Ils sont très bons…mais la partie économique est très mauvaise. Le problème ne concerne pas les revenus mais les dépenses disproportionnées. Il aurait fallu une gestion économique beaucoup plus rigoureuse. Bartomeu a dilapidé. Quand il entre en fonction, l’équipe fait le triplé avec la meilleure équipe de l’Histoire du Barça et peut-être de toute l’Histoire du football avec Messi, Iniesta, Puyol, Xavi, Busquets. Mais il n’a pas su renouveler l’effectif. Le club a mal recruté et cher : Ousmane Dembélé, Arthur Melo qui devait remplacer Xavi mais qui est déjà parti, etc etc. Il n’a pas seulement mal recruté mais il a en plus mal géré la Masia. Bartomeu est coupable d’un quadruple échec : économique, social, institutionnel et sportif. Il y a eu cette motion de censure parce que nous ne pouvions plus continuer ainsi. Le Barcelonisme doit retrouver un projet gagnant pour le remettre là où il doit être.

A propos de la cantera, dans quel état se trouve la Masia à l’heure actuelle ? Que proposez-vous pour améliorer les processus de formation et avec qui pour les encadrer ?

La cantera est essentielle. Le Barça des grands succès a été rendu possible grâce à la cantera qui est le cœur du club. Figurez-vous qu’avec Bartomeu, entre 2011 et 2016, seul Sergi Roberto a débuté. En 2016, il y a eu Carles Aleñà et encore de manière très parcimonieuse, ensuite Riqui Puig et Ansu Fati. Ce n’est pas possible. Le problème, ce n’est pas qu’il n’y a pas de joueurs mais le club est quasiment devenu un motel. La Masia et sa méthodologie ne sont pas négociables. Les grands maîtres de la Masia ne sont plus à la Masia. Avec notre projet, nous ferons revenir ces maîtres pour qu’ils soient avec nous car ce sont eux qui ont découvert Iniesta, Xavi, Piqué. Le souci, ce n’est pas que des joueurs du Barça B ne montent pas chez les A. En réalité, le problème c’est que les Juvenil ne passent plus au Barça B. Ça rompt la chaîne. Un joueur des catégories inférieures doit monter petit à petit. Nous savons qu’étant donné les exigences du Barça, c’est difficile. Mais c’est justement pour cela que le Barça B doit être alimenté par des Juvenil car c’est ça qui développe la philosophie de jeu du Barça. Ce n’est plus le cas. Désormais, très peu de joueurs du Barça B proviennent des Juvenil. Au Barça B, ce sont des transferts. S’il faut recruter, on peut le faire comme avec Pedri ou Araújo ou des joueurs de 17-18 ans qui ont le niveau pour débuter avec le Barça B. Mais il ne faut pas que ce soit la majorité car cela fait perdre l’esprit de la Masia. Il est extrêmement urgent de le récupérer car la Masia doit être la pierre angulaire de notre projet. C’est la même chose avec les A : si on peut recruter Mbappé, recrutons-le évidemment car il faut les meilleurs joueurs au Barça. Mais le cœur d’un effectif de 22 joueurs doit comporter au moins la moitié d’éléments sortis de la Masia. Mais pour que cela soit possible, il faut partir de la base. Qu’il y ait autant de joueurs brésiliens de 20 ans au Barça B, c’est inexplicable.

A propos du Barça B, vous appréciez énormément le profil de Francisco Javier García Pimienta. Quel pourrait-être son rôle au sein de votre projet : Directeur du football, entraîneur de la A ? Vous êtes-vous déjà entretenu avec lui ?

Oui, nous avons parlé avec lui. C’est un homme du club et il se dédie au club. Il nous a remercié pour l’intérêt que nous lui portons. Quand Ernesto Valverde a été licencié, plutôt que signer Quique Setién, il aurait fallu promouvoir Francisco Javier García Pimienta qui est un très bon entraîneur de la maison. Il a une excellente réputation et nous pensons qu’il peut être le prochain Pep Guardiola. On donne l’impression de ne pas croire en ce que nous disposons alors que, par exemple, quand le Bayern a viré Niko Kovac, il n’a pas hésité à choisir Hansi Flick. Tactiquement, García Pimienta est très fort, pas seulement avec le Barça B mais avec toutes les catégories de jeunes qu’il a entraînées. Toutes ses équipes ont bien joué et ceux qui connaissent le football à la Masia savent qu’il est un grand entraîneur. Ronald Koeman a été recruté. C’est un mythe du Barcelonisme et il s’en sort bien, même s’il faut encore attendre. Si ça marche, il restera. Mais nous conservons à l’esprit García Pimienta comme entraîneur de l’équipe première.

En quoi votre candidature s’inscrit-elle dans une rupture avec la présidence de Josep María Bartomeu ?

Nous avons un projet et c’est la différence avec Bartomeu qui n’en avait pas. On ne peut pas diriger un club comme le Barça dans l’improvisation. Il faut que le plan soit clair et essayer de l’appliquer. Notre projet se veut cohérent. Ce n’est pas tout d’avoir la Masia, il faut que le secrétariat technique et l’entraîneur de la A en prennent compte. Il faut qu’au moment de recruter, ils fassent confiance à la Masia plutôt que de vouloir chercher ailleurs. Le premier joueur à avoir débuté au Barça en sortant de la Masia, c’est Ángel Pedraza qui est malheureusement décédé d’un cancer. Son beau-frère, Carlos Sarto sera mon responsable du fútbol base. C’est un économiste, un entrepreneur et il est le président de la fondation Ángel Pedraza. Il connaît tous les joueurs anciens et actuels de la cantera et il suit quotidiennement tout le football catalan. Le triptyque responsable fútbol base-secrétariat technique-entraîneur de la A doit être cohérent. J’apprécie le fait que Koeman, même s’il semble écarter Riqui Puig, donne sa chance aux jeunes comme Pedri, Trincao, Araújo qui a réalisé un très grand match contre la Juventus en Ligue des Champions. Pourquoi recruter des centraux ailleurs alors qu’on a Araújo ici ? Ou même Bartra, dont je ne comprends pas la présence au Betis, tout comme Cucurella alors qu’on avait besoin d’un latéral gauche. Notre philosophie doit être de compter sur les joueurs de chez nous.

Pour que cela soit tout à fait clair, García Pimienta s’engage-t-il personnellement dans votre candidature ?

Nous avons toujours dit que nous miserions sur García Pimienta. En signant Koeman pour 2 ans, la direction s’est trompée en prenant des décisions à long terme car il n’aurait dû avoir qu’un an de contrat. Mais dans un souci de cohérence, si Koeman s’en sort bien, il restera. Nous comptons sur García Pimienta comme nous comptons sur Koeman.

« il faut que l’espai barça soit au bénéfice des socios et que ce soit eux qui le financent »

Au niveau économique, le Barça est en crise. Que préconisez-vous pour revenir à l’équilibre notamment en ce qui concerne la masse salariale et plus largement les dépenses ? 

Effectivement, il faut augmenter les recettes des deux côtés. Nous savons que le monde va beaucoup évoluer d’ici les années 2026-2027, au niveau technologique mais aussi sur le plan de l’innovation. Il y a de nombreuses manières d’augmenter les rentrées d’argent. Il faut une gestion rigoureuse et nous avons au sein de notre projet une personne très compétente habituée à gérer des gros budgets. Les recettes ne sont pas mauvaises, mais on peut les augmenter. Mais en termes de dépenses… Que cela soit dans le football, le basket et toutes les autres sections, la masse salariale est démentielle. Ce n’est pas possible. Et nous sommes d’accord pour dire que les grands actifs du Barça, mis à part le stade, ce sont les joueurs. Notre objectif est d’en prendre soin. Barcelone doit bien vendre mais il ne vend jamais bien. Luis Suárez, Ivan Rakitic, Arturo Vidal, Rafinha et Jean-Clair Todibo : ils sont tous partis pour 1.5M€ en tout ! Je ris pour ne pas en pleurer. On peut comprendre qu’un joueur de 34 ans avec un salaire très élevé ne soit pas rentable à renouveler. Une jeune star mondiale a de plus grandes chances de voir son transfert amorti avec un contrat de 4 ou 5 ans car sa valeur augmentera. C’est ce qui s’est passé avec Neymar, Maradona, Ronaldo. Ils ont été vendus plus chers que ce qu’ils avaient coûté. Mais on ne peut pas offrir un tel contrat à un joueur de 31 ans car il ne sera plus un joueur de très haut niveau, contrairement à son salaire. Pour compenser, il faut donc recruter un autre joueur, ce qui rajoute un salaire élevé. C’est pour cela que la masse salariale est exagérée. Il y a des joueurs qu’il faut vendre même si ça nous en coûte sentimentalement. Mais Rafinha, avec tout le respect pour le PSG qui ne nous a jamais spécialement bien traité, a été offert. Il y a peu, il valait entre 10 et 12M€ ! Un autre exemple pour montrer que Bartomeu n’avait pas de projet : comment le Barça ne peut avoir que 3 défenseurs centraux ? Si l’un d’entre eux se blesse, il ne reste que 2 titulaires, c’est gravissime. Et le club a offert Todibo, un joueur jeune, avec du potentiel. Cela va provoquer un nouvel achat très cher. Ça n’a pas de sens. Si nous gagnons les élections, nous dirons que si vous voulez un joueur du Barça, vous paierez le prix qu’il vaut. Et dans le sens des arrivées, ce sera la même chose, nous ne surpaierons pas. Coutinho ne vaut pas 140M€ et Dembélé ne vaut pas 120M€. C’est le résultat d’une piteuse gestion car le Barça n’a jamais bien vendu, mis à part Neymar mais il n’y a aucun mérite puisque cela a été subi en payant la clause. Incapable de bien vendre et de bien acheter.

Le projet Espai Barça cause des remous et sera un thème central de la campagne. Quelles sont vos propositions en la matière ?

L’Espai Barça est une chose que nous étudions, qu’il faudra peut-être arrêté si le club n’est pas en mesure de le mener à bien. Nous devons bien l’expliquer : il y a un fonds d’investissement derrière qui le finance. Si cela arrive, la dette à court terme s’envolera à coup sûr et des banques nationales pourraient récupérer le projet. C’est très bien qu’il y ait un tel groupe qui souhaite investir avec le Barça parce que ça veut dire que c’est rentable. Cependant, ça ne me plaît pas parce qu’il faut que ce soit au bénéfice des socios, il faut que ce soit eux qui le financent, avec diverses solutions comme du micro-crédit. Cela évite les risques. L’Espai Barça doit devenir un lieu de fête, pas spécialement pour les socios qui vont au stade quelques minutes avant le coup d’envoi, mais pour les familles qui viennent de loin et qui restent après le match. Cela peut être très bénéfique pour le Barça.

Au FC Barcelone, il n’y a pas que le football masculin, il y a aussi toutes les autres sections. A l’exception du football féminin, toutes sont déficitaires, à commencer par celle de basket, notamment par rapport au salaire de Nikola Mirotic. Le club peut raisonnablement supporter un tel investissement ?

Tout est disproportionné ! Nikola Mirotic est un grand joueur et c’est un grand retour. Il y a quelques mois, j’avais donné une interview où je disais souhaiter l’arrivée de Sarunas Jasikevicius comme entraîneur, ce qui a été fait. Il faut trouver des sources de revenus à la section basket. Le Barça ne peut pas être en déficit dans toutes ses sections et la situation du basket est très alarmante.

« Nous sommes ravis de recevoir de nombreux avis positifs ainsi que des appels pour prendre connaissance de notre candidature et participer »

Il existe des liens très étroits entre le Barça, la ville de Barcelone et la Catalogne. Quelle serait la place du catalanisme et de la politique si vous êtes élu, sachant que vous avez milité au sein d’Unió, un parti indépendantiste ?

Les gens qui me connaissent le savent : je ne pense pas à me servir du Barça et de la Catalogne mais je pense à les servir. Je travaille en fonction de projets et je ne me vois pas 30 ans à la même place. C’est pour cela qu’en matière de politique en général, je suis pour une limitation des mandats. A titre personnel, je me suis impliqué politiquement et j’ai laissé ma place. Cela a été une partie de ma vie, j’ai contribué au développement de Sant Cugat et j’en suis très fier car c’était pendant une époque de crise. Le Barça est un projet complètement apolitique. Il y a de nombreux partis politiques en Catalogne et nous vivons une période très complexe. Il y a des socios de toutes tendances et de toutes conditions sociales. En revanche, il est certain que le Barça est un club catalaniste, c’est dans son ADN. Le club a toujours lutté pour son identité catalane et pour la démocratie. Le Barça défendra toujours la Catalogne et les droits de chacun.

Revenons-en au football. La prolongation de Lionel Messi sera un thème majeur de cette campagne. Êtes-vous en contact direct avec le joueur ou son entourage proche ?

Quand Lionel Messi a fait savoir qu’il souhaitait partir, notre service juridique et notre directeur de campagne ont cherché à entrer en contact avec son entourage que nous connaissons mais, à ce moment-là, il était difficile de s’en approcher. Nous voulons que Messi reste. La proposition que nous lui faisons c’est qu’il y aura un véritable appui de la cantera, avec tous les entraîneurs qu’il a eus à la Masia et un vrai projet gagnant. Messi voulait partir parce qu’il ne voyait aucun projet. Le Barça baissait et personne ne faisait rien. Ce qui s’est passé cette saison avec le 8-2 n’est pas un accident. Quand il y a eu la remontada 6-1 contre le PSG, il ne faut pas oublier qu’il y avait eu 4-0 à l’aller. Il s’était passé la même chose contre la Juventus en 1/4 de finale (défaite 3-0 à Turin, ndlr). Il se rend bien compte que le niveau diminue chaque année sur la scène européenne et que les joueurs qui arrivent ne sont pas à la hauteur. Depuis 3-4 ans, lui conserve un très haut niveau car c’est le meilleur joueur du monde et qu’il faudra attendre des décennies pour en revoir un comme lui. Il ne faut pas oublier qu’il sera libre dès le 1er janvier prochain. Nous voulons un projet gagnant pour que Messi quitte le Barça par la grande porte en remportant une nouvelle Champion’s. Ça doit être un objectif. Et surtout, que ça ne se finisse pas par l’envoi d’un burofax, par la porte de service. Il aura sa statue au Camp Nou, à côté de Kubala et Cruyff parce que Messi est le plus grand joueur de l’Histoire du Barça. Si un jour il veut partir, ce sera par la grande porte. Mais nous ferons tout pour qu’il reste et je crois qu’avec le projet que nous présenterons, nous parviendrons à le convaincre.

Trouvez-vous que les grands media catalans, à commencer par Mundo Deportivo et Sport, ont été à la hauteur par rapport au traitement de la motion de censure ?

Nous avons beaucoup de respect pour la presse. Ce sont aussi des leaders d’opinion et c’est par eux que s’informent principalement les gens d’un certain âge qui ne sont pas actifs sur les réseaux sociaux. Mais il ne peut pas y avoir de traitement de faveur et dépendre d’un groupe médiatique. Nous voulons bâtir une candidature gagnante et indépendante de tout groupe de presse. C’est très important. Il ne doit pas y avoir une quelconque forme de pression positive ou négative. Il y a 2 choses : peut-être que la direction a fait pression pour qu’on parle moins de la motion et peut-être aussi qu’ils ne croyaient pas que les signatures nécessaires seraient recueillies malgré 8 groupes d’opinion qui se sont formés pour y parvenir. Je veux insister sur une chose importante : nous voulons que le socio et le penysta aient un rôle dans les prises de décision. Ce n’est pas simple de s’en rendre compte quand tu vis dans une bulle. Mais si tu leur demandes, tu comprends que cette motion témoigne d’une volonté d’amélioration. Ça doit toucher 90% des gens. Et le traitement reçu médiatiquement n’a pas été celui qui était mérité. Au final, ils n’ont pas eu d’autres choix que d’en parler.

Pour se présenter, chaque candidat doit recueillir des signatures de soutien de la part des socios (environ 2278). Vous êtes confiant ?

Nous y travaillons d’ores et déjà et nous le faisons avec un énorme enthousiasme. Nous sommes en contact avec plus de 200 socios volontaires pour y parvenir. Ces volontaires, je les appelle les ambassadeurs de notre candidature et ils sont présents dans tout le pays. Nous sommes convaincus que nous dépasserons ce chiffre pour prouver que nous portons un projet vainqueur. Nous sommes ravis de recevoir de nombreux avis positifs ainsi que des appels pour prendre connaissance de notre candidature et participer, y compris des socios qui n’ont jamais voté parce qu’ils se sentaient éloignés du processus. Nous sommes parfaitement préparés.

Même s’il n’est pas officiellement encore pré-candidat, Joan Laporta fait figure d’épouvantail de cette élection. Seriez-vous en faveur d’une alliance avec lui ?

Joan Laporta a réalisé du bon travail lors de son mandat, surtout au début d’ailleurs, car il a enfin pu tranquilliser l’entourage du club. Ça s’est gâté par la suite car à présent, ils sont ennemis avec Rosell et Bartomeu qui faisaient partie de sa direction. Cette tranquillité a permis le maintien de Frank Rijkaard dont la 1re saison avait été très mauvaise, avec un Barça qui termine à 20 points du titre. Il a été patient. Mais nous croyons qu’aujourd’hui le Barcelonisme doit être uni et la seule candidature capable d’assurer cette unité, c’est clairement la notre. Pour en revenir à Laporta, nous sommes conscients qu’il a de nombreux soutiens mais aussi des détracteurs. S’il s’ajoute aux pré-candidats, cela montrera aussi que le Barcelonisme est pluriel. Et en ce qui concerne les alliances, pour l’heure, cela concerne les analystes car cette élection est passionnante et pas ennuyeuse comme cela a pu être le cas auparavant. Ce que je peux dire c’est que nous, nous pensons toujours au bien du Barça. On écoutera le moment venu. Ça n’est pas un non ferme aux alliances. Mais actuellement, nos objectifs sont le recueil des signatures et l’élection.

Les rumeurs faisant état de la création d’une Super ligue européenne ont ressurgi. Vous y seriez favorable ?

Pour l’heure, ce projet est un peu vert et il faudrait bien l’étudier car cela fait plus 15 ans qu’on en parle. Ce serait passionnant avec le Barça, le Real Madrid, Juventus, Liverpool, Manchester City… Je crois que les championnats sont homogènes dans tous les pays et surtout en Espagne où toutes les équipes peuvent se tenir tête. Mais il y a un écart entre le Barça, le Real Madrid, l’Atlético de Madrid et les autres. Il faudra voir de quoi il retourne exactement mais une Super ligue européenne serait très attractive parce que chaque match serait un partidazo. Cela dit, il faudra aussi savoir comment cela se combinerait avec les championnats domestiques ou si ça fonctionnerait selon un modèle NBA. Mais ça pourrait être fantastique.

Propos suscités et traduits par Tracy Rodrigo et François Miguel Boudet

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