♀️ Football féminin / La classe biberon du Barça, exemple d’un travail de formation réussi

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Le Barça Femení est la seule section excédentaire du FC Barcelone et développe avec Lluís Cortés une identité de jeu directement inspirée des préceptes de la Masia. Championne d’Espagne en titre et implacable leader de la Primera, les Blaugranas incorporent régulièrement des Millenials dans leur effectif. En préparant dès à présent la relève, le rêve de remporter la Ligue des Champions n’est qu’une question de temps.

Cata Coll, Meritxell Muñoz, Laia Codina, Jana Fernàndez, Bruna Vilamala, Giovana Queiroz : ces 6 joueuses sont toutes nées entre 2000 et 2003. Contrairement à la section masculine où la liaison Barça B-Barça A n’est plus vraiment assurée depuis plusieurs années, le Barça Femení prépare activement le futur et l’effectif dont dispose Lluís Cortés rajeunit sensiblement chaque saison. Au point que Patri Guijaro et Aitana Bonmatí de la génération 1998 paraissent presque comme des vétéranes.

Laia Codina : le modèle de captation

La trajectoire de Laia Codina est un résumé de ce que le Barça Femenì peut faire de meilleur en termes de captation en Catalogne. Elle est l’exemple parfait de ce dont rêve beaucoup de supporters du Barça : ramener à la Masia des joueurs et des joueuses intimement liés au club. La défenseure est par exemple socia depuis ses 8 ans. La défenseure centrale est arrivée au FCB en 2014, après avoir été convoquée pour un test fin décembre.

Jusqu’alors, elle jouait avec des garçons depuis ses 4 ans à Cassà, dans la province de Girona dont elle est originaire. Plusieurs clubs de la région auraient pu l’accueillir mais le Barça avait découvert son talent, certainement après avoir vu des matches des U12 de la sélection catalane entraînée à l’époque par un certain Lluís Cortés, actuel coach de la A. Polyvalente (elle a commencé milieu avant de se fixer dans l’axe de la défense mais peut aussi évoluer comme latérale), Codina est une leader (guère étonnant venant d’une fan de Carles Puyol qui a joué la finale de l’Euro U18 blessé au quadriceps), capitaine avec la B qui est montée en Segunda en 2019. Après 4 ans de formation, elle a ensuite été intégrée à l’équipe première.

Même si elle a peu joué (moins de 50 minutes en Primera et un match des Champion’s contre Minsk), Codina pourrait gagner du temps de jeu, même si au milieu de Mapi León, Andrea Pereira, Marta Torrejón et Leila Ouhabi, auxquelles il faut rajouter Jana Fernàndez (2002) qui grappille des minutes depuis le début de saison en Primera.

Cata Coll : recrutement, post formation et incorporation

Les catégories inférieures de la Roja arrivent progressivement dans les effectifs de Primera. Ces joueuses annoncent de grandes heures pour le football féminin espagnol. Si la Selección a terminé 3e de l’Euro aen 1997 sans jamais confirmer, les générations post-2000 ont manifestement plus d’avenir. Pour commencer, elles ont le plus important : elles savent gagner. Dans les catégories inférieures, Cata Coll est championne du monde et d’Europe U17 (2018) et a été finaliste du Mondial U20 (2018). De 2016 à 2019, elle a ferraillé en Segunda avec la UD Collerense, club de Palma de Majorque d’où sont sorties deux de ses coéquipiers : Patri Guijarro et Mariona Caldentey (sans oublier Virginia Torrecilla).

Preuve de cette progression, la gardienne baléare fait déjà sa place au FC Barcelone. Prêtée la saison dernière au Séville FC pour s’aguerrir (16 matches), elle s’est imposée chez les Palanganas, au point que le Barça l’a rapatriée pour pallier le départ de Pamela Tajonar. Un coup dur pour Gemma Font (1999) qui reste 3e gardienne et qui voit déjà Meritxell Muñoz (2003) dans le rétroviseur. Coll profite de la blessure de Sandra Paños, la gardienne titulaire de la Roja, pour gagner du temps de jeu avec la meilleure équipe d’Espagne. La Majorquine est un phénomène de précocité et le Barça ne s’y est pas trompé en arrachant sa signature l’an dernier. Pour l’heure, son bilan est impeccable : 3 matches, 3 porterías a cero contre Séville en Copa de la Reina, Logroño et le Betis en championnat.

Claudia Pina of Barcelona during the UEFA Women’s Champions League match between Lyon and Barcelona on May 18th, 2019.
Photo : Actionplus / Icon Sport

Clàudia Pina et Candela Andújar : un prêt pour mieux revenir

Difficile de se faire une place dans l’escouade offensive blaugrana. Deux des plus belles promesses du FC Barcelone se sont exilées en prêt pour se confronter aux réalités de la Primera. Clàudia Pina (2001) a bien commencé sa saison à Séville avec 3 matches (2 titularisations, 219 minutes) et un but inscrit. Ce départ dans un objectif de post-formation était une obligation, dans la mesure où elle est passé de 270 minutes disputées en 2018-2019 (10 matches dont 1 titularisation et 2 buts) à 63 minutes (4 entrées en jeu) la saison dernière. Elle aussi membre de la génération qui a quasiment tout gagné en 2018 avec les U17 et U20, Clàudia Pina a été élue MVP du Mondial U20 2018. Son incorporation au FCB n’est qu’une question de temps.

Candela Andujar (2000) s’est retrouvée dans la même posture, mis à part qu’elle avait beaucoup plus de temps de jeu que Clàudia Pina (524 minutes en 2018-2019 et 365 en 2019-2020). Pour la milieu de terrain offensive, il est également temps pour elle d’être titulaire dans une équipe qui change de cycle et qui donc lutte pour le maintien. Pour l’heure, elle n’a pas disputé le moindre match de la saison en raison d’un problème osseux au genou droit.

A leur image, Bruna Vilamala (2002) et Giovana Queiroz (2003) devraient être prêtées après avoir fait la jonction entre la B et la A. Cette courbe linéaire au sein de la section féminine assure la présence de joueuses formées à la Masia et donc dépositaire du jeu typiquement blaugrana. C’est à ce prix-là que le FCB pourra concurrencer l’Olympique Lyonnais et le VfL Wolfsbourg lors de la prochaine décennie. Le chemin pour accéder durablement au toit de l’Europe est déjà très bien engagé.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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