📝 Analyse / Les 3️⃣ enseignements du Clásico FC Barcelone – Real Madrid (1-3) côté merengue

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24th October 2020; Camp Nou, Barcelona, Catalonia, Spain; La Liga Football, Barcelona versus Real Madrid; Valverde celebration after scoring for 1-0 in the 5th minute Photo by Icon Sport - Camp Nou - Barcelone (Espagne)

Dans la tourmente au coup d’envoi, le Real Madrid est reparti du Camp Nou avec une victoire (1-3). Plus rigoureux et plus sûrs de leurs forces, les Vikingos ont fait la différence grâce aux basiques et à leur capitaine Sergio Ramos. Pourtant, en dépit des 3 buts inscrits, le secteur offensif fait grise mine et les solutions sont minces. Notre analyse en 3 points  de ce Clásico côté merengue. 

1️⃣ Zidane a encore eu tout bon

Décidément, Zinedine Zidane est invincible au Camp Nou. Jamais l’entraîneur ZZ n’est reparti de Catalogne avec une défaite. Samedi après-midi, le Marseillais a fait un choix fort en titularisant Fede Valverde plutôt que Luka Modric au côté de Toni Kroos et Casemiro qui sont intouchables quand le Real Madrid dispute un partidazo. Moins de créativité mais plus de muscles en somme. Car la priorité de la Casa Blanca était tout d’abord de museler l’entrejeu blaugrana, engoncé dans ce double pivot que Ronald Koeman veut absolument imposer en dépit de l’état de forme de Sergio Busquets et du profil de Frenkie de Jong.

S’il n’est pas et qu’il ne sera jamais aussi fin que le Croate, Valverde sait également se projeter pour apporter le surnombre et profiter des largesses d’une défense qui tient plus des portes de saloon que de la forteresse. Le Charrua a puni le Barça d’entrée de jeu, ce qui a immédiatement conforté Zidane dans son option tactique. Ce n’est jamais révolutionnaire mais il a le chic pour sentir le coup.

La 2e réussite de Zidane est davantage imputable à un coup du sort qu’à de la proactivité. La blessure de Nacho Fernández en fin de 1re période a contraint l’entraîneur merengue à faire entre Lucas Vázquez. Si le poste de latéral droit n’est pas celui de prédilection de l’ancien de l’Espanyol, l’international espagnol s’en est parfaitement sorti. Mieux : alors que Nacho envoyait des signaux de détresse, Lucas Vázquez a très bien bloqué son côté. Zidane aurait pu faire un autre choix en faisait entrer Marcelo pour expédier Ferland Mendy à droite. Considérant le niveau du Brésilien et sachant aussi que, depuis 2 ans, quand il titulaire, le Real Madrid perd plus d’une fois sur deux, ZZ n’a pas voulu bousculer son organisation défensive, même s’il avait la garantie que Mendy tiendrait son couloir malgré tout.

2️⃣ Sergio Ramos, l’emblème

Si Lionel Messi avait marqué après son dribble du gauche, Sergio Ramos aurait été catégorisé dans la catégorie « meme » en bonne place à côté de Jérôme Boateng. Défensivement, le début de match n’a pas été sensationnel de la part de la charnière, notamment mal placée sur l’égalisation d’Ansu Fati.

Mais il y a un Real Madrid avec et sans Sergio Ramos. Quand le capitaine n’est pas là, la Casa Blanca tremble de toutes parts. Quand il est sur le terrain, le collectif merengue est tout autre. C’est lui qui va chercher le penalty avec un tirage de maillot de Clément Lenglet (est-ce que l’arbitre et la VAR ont été influencés par Ramos quand il se plaint de l’action ?) avant de le transformer, plein de sang froid. Le Barça pouvait prendre l’ascendant quelques minutes plus tôt mais a manqué de réalisme. Ramos, lui, est létal.

Il serait un peu présomptueux de considérer qu’un défenseur expulsé à 26 reprises avec le Real Madrid puisse être considérer comme une référence en la matière. Sergio Ramos n’est pas un central parfait, loin s’en faut et des statistiques offensives ne peuvent pas l’édulcorer. En revanche, son leadership est sans égal depuis de très nombreuses saisons. Et dans un football toujours plus physique et moins fin, l’Andalou rayonne.

3️⃣ Un jeu offensif en berne

Aucun des 3 buts madridistas n’ont été inscrits par un attaquant. C’est un constat froid mais il est implacable. Le Real Madrid n’a pas brillé offensivement au Camp Nou. Certes, Karim Benzema a délivré une passe décisive délicieuse et son positionnement corporel est toujours un régal. Mais il est beaucoup trop seul. Titularisé à droite, Marco Asensio n’a rien fait de la 1re période et sorti d’une roulette juste bonne pour les highlights sur YouTube, le Majorquin a été catastrophique, relevant un peu la tête jusqu’à sa sortie à la 81e minute sans briller pour autant. À gauche, Vinicius Jr, dont la présence dans le XI était très attendue, a été en verve en début de match, avant de disparaître petit à petit, muselé par Sergiño Dest. Son activité est mise en évidence par la heatmap de WhoScored, mais sa présence ne s’est pas convertie en danger.

Heatmap combinée de Karim Benzema, Marco Asensio et Vinicius Jr – WhoScored

Preuve de l’absence de solutions offensives, Zinedine Zidane n’a effectué qu’un seul changement dans cette zone, quand Rodrygo a terminé le match à la place d’Asensio. Une entrée sans incidence, puisque le jeune Brésilien a touché 13 ballons et adressé seulement 6 passes.

C’est grâce à la rigueur et aux automatismes que le Real Madrid a battu un FC Barcelone exsangue collectivement. Ce succès renforce bien évidemment le rôle de Zidane à la tête des Vikingos mais ce Clásico ne doit pas faire oublier que l’équipe a encore beaucoup de travail à abattre pour à la fois conserver son titre et lutter de nouveau en Ligue des Champions. Mais ce dimanche, la position de ZZ est autrement plus enviable que celle de Ronald Koeman.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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