📝 Analyse / Les 3️⃣ enseignements de FC Barcelone – Ferencváros (5-1)

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Photo by Icon Sport - Camp Nou - Barcelone (Espagne)

D’abord malmené, emporté ensuite par sa jeunesse, le FC Barcelone a donné le bon ton de sa saison en Ligue des Champions. Si les débuts continentaux de Koeman ont connu quelques lacunes, grâce à Ansu Fati, Pedri ou encore Ousmane Dembélé, le jeu catalan a repris des couleurs qui jusqu’à lors restaient très peu visibles. Si les jeunes recrues redonnent espoir, la défense et le collectif catalan inquiètent encore, et l’équipe devra hausser le ton de précision et d’intensité pour affronter le Clasico samedi et la Juventus mercredi prochain.

1️⃣ Énième déséquilibre à droite, apathie collective, Nguen en bourreau

D’un point de vue mathématique, le Barça a fait ses débuts en Ligue des Champions avec une victoire retentissante et sans appel. Si l’on prend pourtant les choses d’un autre point de vue, les débuts de Ronald Koeman au plus haut niveau laissent entrevoir de nombreux problèmes. Après deux matchs sans victoire (nul contre Séville et défaite contre Getafe), l’équipe blaugrana a fait son entrée avec les grands d’Europe avec moins de mobilité qu’une ville confinée en plein couvre-feu.

L’apathie devenue la norme chez des Catalans trop lents, trop incohérents, sans envie, durant 30 minutes de néant aurait pu couter cher. Avec un énorme manque de vitesse avec le ballon et avec une paresse notable ce sont des débuts médiocres que les Blaugrana ont effectués face à l’équipe avec le coefficient UEFA le plus bas de toute la phase de groupes. Car elle était là la différence. Dans la motivation. Les joueurs du Ferencváros n’avaient rien à perdre. Dans ses conduites de balles éclipsant totalement la charnière centrale catalane débordée, Nguen a montré qu’il suffisait d’une étincelle.

Pendant un trop long moment, cet éclair de génie pour le FC Barcelone ne pouvait venir que du côté gauche. Alors que Sergi Roberto s’est montré beaucoup trop dépassé par les assauts adverses, du côté droit, l’animation offensive était presque inexistante au point qu’il a été à un moment impossible pour les joueurs barcelonais de gagner des mètres précieux balle aux pieds. L’équipe avait besoin de quelqu’un pour activer l’interrupteur, et contre toute attente le trouver sur ce même côté, passé de l’ombre à la lumière.

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2️⃣ Des ailiers qui donnent des ailes

Il faut peut-être parfois enfoncer des portes ouvertes pour comprendre. Deux bons ailiers, oui, logiquement font toute la différence. Au grand dam d’Antoine Griezmann, le Barça a trouvé l’un de ses nouveaux héros en la personne de Trincão. Le Portugais a donné cette amplitude qui manquait à son équipe et a, avec Ansu Fati, libéré des espaces pour Messi. Avec le retour de l’international espagnol sur l’aile gauche et l’entrée de Trincao à droite pour remettre Messi au centre, le Barça a non seulement récupéré du liant mais toute l’équipe s’est bonifiée. Trincão a esquissé quelques dribbles sur la droite et s’est associé à Ansu, puis Pjanic. Ce dernier manquant de quelques heures de vol après n’avoir presque pas eu de pré-saison, a même émergé.

Photo by Icon Sport – Camp Nou – Barcelone (Espagne)

L’ailier portugais a étiré l’opposition à d’innombrables occasions et a permis aux Azulgrana de trouver des espaces à exploiter avec son admirable mouvement hors du ballon. Le talent d’Ansu Fati lui aussi explose encore un peu plus. Sa relation avec le but continue d’être exceptionnelle. Il se débrouille très bien dans les courts espaces et il l’a montré à nouveau après la pause avec un très bon service pour Coutinho pour le troisième but du Barça.

3️⃣ Cure de jouvence

La suite de la rencontre aurait pu être moins joyeuse. La jeunesse en fête alors que les cadors eux prenaient l’eau. Après un ballon perdu de façon stupide par Pjanic, Piqué a pris un risque inutile en voulant garder Nguen à l’intérieur de la surface. Expulsion logique, laissant les Hongrois en supériorité numérique. Pour faire face, Koeman a choisi de faire entrer deux joueurs qui donneront un second souffle aux Catalans, Ousmane Dembélé et Pedri. Comme Trincão et Ansu Fati, les deux entrants ont prouvé que la jeunesse catalane en avait plus que jamais sous les crampons. Dès qu’ils ont été désavantagés, les joueurs du Barça se sont alliés à Pedri sur la gauche, le jeune culé recevant comme un aimant et générant de nombreuses supériorités. Plus ouvert, plus mobile sur son côté, Dembélé a lui ensuite terminé le travail, montrant qu’en pleine confiance et avec un peu d’insouciance tout est possible.

Si Koeman dispose de solutions offensives claires, il devra encore équilibrer sa tactique face à un 4-2-3-1 définitivement trop immobile. Les efforts parfaitement dosés, la confiance en la jeunesse retrouvée, le FC Barcelone va désormais affronter le Real Madrid et la Juventus, deux beaux défis qui en diront sûrement long sur la suite de la saison des Catalans.

Soledad Arque-Vazquez

@solearquev

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