Liga / Bienvenue à « Villarrealencia » !

0
Photo by Omar Arnau/Pressinphoto/Icon Sport)

Ce dimanche (16h), Villarreal reçoit le Valencia CF pour le derbi de la Communauté Valencienne. Rarement le sous-marin jaune a semblé aussi proche de son cousin che. Désormais, le club entraîné par Unai Emery joue avec plusieurs références blanquinegras. Une aubaine pour viser la qualification en Ligue des Champions, voire mieux. 

Ils ont cru à un chiste, une blague. Quand les dirigeants (sic) du Valencia CF ont confirmé qu’ils étaient prêts à lâcher l’indésirable capitaine Dani Parejo libre de tout contrat contre un éventuel bonus riquiqui (3M€), leurs homologues n’en ont pas cru leurs oreilles. En recrutant coup sur coup Francis Coquelin et l’international espagnol pour un coût total de 7M€, Villarreal a mis du blanquinegro sur son maillot en réalisant ce que les braqueurs appellent un « doublé ». Sans arme ni haine ni violence.

Un trident de capitaines

Cette saison, le Submarino Amarillo pourrait presque évoluer à Mestalla. Avec Unai Emery sur le banc, Raúl Albiol, Francis Coquelin, Dani Parejo, Paco Álcacer et Jaume Costa (prêté la saison dernière dans son club formateur, ndlr), Villarreal dispose d’une ossature fortement inspirée du voisin. Trois d’entre eux ont même porté le brassard du VCF. Si Parejo l’a obtenu à l’ancienneté et qu’il a mis du temps à endosser pleinement ce rôle sur le terrain comme devant la presse, Albiol et Alcácer ont été intronisés tous les deux à 22 ans. Pour le défenseur central, c’était sous Ronald Koeman, en 2008 au Camp Nou contre le Barça un soir où Rubén Baraja avait été poussé sur le banc, que Carlos Marchena était blessé et que le Néerlandais avait fait fi du statut de Marco Caneira. En ce qui concerne le buteur, c’est Gary Neville qui a décidé, en décembre 2016, de promouvoir le canterano en lieu et place de… Parejo qui n’était pas exactement le meilleur ami de l’ancien totem de Manchester United. Avec ce trio, Villarreal dispose donc d’un trident de leaders qui composent la colonne vertébrale de l’équipe.

L’heure de la revanche pour Parejo

Cet après-midi, c’est certainement Dani Parejo qui sera le plus scruté. Même si cela a pris du temps, le milieu a conquis Mestalla et son passage a été couronné par la conquête de la Copa del Rey l’année du centenaire du club. Ce n’est pas la 1re fois que Parejo retrouve son ancien club. En pré-saison, Valencia a battu Villarreal en amical. Mais pour les retrouvailles en Liga, le rythme sera tout à fait différent et, du côté blanquinegro, on craint la vengeance de l’ancien capitaine bazardé par Meriton. Et peut-être même que les supporters du VCF applaudiront s’il réussit un grand match, tant la gestion Lim-Murthy est écœurante : « Sa tête était le premier objectif de Meriton cet été, écrit Carlos Bosch dans SuperDeporte. Une décision qui va bien au-delà qu’une coupe budgétaire ou un changement générationnel. C’était un tentative d’effacer l’ombre de Marcelino quasiment un an après le départ de l’Asturien ».

Le dernier match officiel disputé contre Valencia par Parejo remonte à… 3486 jours avec Getafe et les Azulones avaient perdu 4-2 à domicile. Le buteur blanquinegro ? Roberto Soldado, passé ensuite par Villarreal et auteur d’un quadruplé ce soir-là. Et qui était le coach che ? Unai Emery évidemment !

A LIRE – Unai Emery, de retour à sa place

Emery, lié à plus d’un titre

Arrivé à Valencia en 2008 en provenance d’Almería, Unai Emery a été dévalué avec l’usure du temps et un sprint supersonique pour célébrer le but de Stéphane Mbia en 1/2 finale de Ligue Europa avec Séville. Pourtant, pendant 4 saisons, le Basque a toujours qualifié le VCF en Ligue des Champions malgré des départs importants chaque année (David Villa, David Silva, Jaime Mata, Raúl Albiol). Un sacré tour de force qui ne saurait être oublié. Mais si Valencia constituait un tremplin pour lui, sa signature à Villarreal est l’occasion pour lui de se relancer après un passage très mitigé à Paris et la succession impossible d’Arsène Wenger à Arsenal. Petit à petit, Emery veut imprimer son style, même si cela prendra un peu de temps eu égard à toutes les arrivées. Et ce n’est pas contre son ancien club que l’on pourra pleinement en juger : Gerard Moreno et Pervis Estupiñán sont blessés et Francis Coquelin revient progressivement après avoir été touché lui aussi en début de saison.

Pour autant, ce sera également le temps de plusieurs retrouvailles pour Emery. Il recroisera la route de Javi Gracia, son ancien coéquipier à la Real Sociedad en 1995-1996 et avec qui il entretient une amitié depuis de nombreuses années. Lorsque les deux entraîneurs étaient en Premier League, Emery chez les Gunners, Gracia chez les Hornets de Watford, ils avaient l’habitude de déjeuner ensemble à Londres. Ce lien n’a pas empêché le Basque de souffler Juan Foyth au Navarrais lors du mercato estival. Dommage pour Valencia qui avait enfin trouvé un nom qui faisait l’unanimité…

Emery retrouvera aussi un certain Yunus Musah, la nouvelle coqueluche che. Convaincu par Pablo Longoria d’intégrer la cantera blanquinegra alors qu’il était une grande promesse d’Arsenal, l’ailier était surveillé de près par l’Espagnol qui a songé le lancer avec l’équipe première. Un peu à la manière d’Isco qu’il avait promu à Valencia, Emery n’a pu qu’assister impuissant au départ de l’Anglais vers d’autres cieux.

Ce duel sur fond de rivalité régionale symbolise plus que jamais les liens étroits entre les deux clubs car, outre les 5 joueurs de Villarreal passés par Valencia, il faut aussi y ajouter Gabriel Paulista et Denis Cheryshev qui ont fait le chemin inverse. En somme, ce derbi est la réunion d’une famille qui attend l’heure du café bombón pour se disputer.

François Miguel Boudet
@fmboudet

Commentaires