Valencia CF / Españeta, de ceux qui font l’âme d’un club

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Ancien intendant emblématique du Valencia CF pendant plus d’un demi-siècle, Bernardo España « Españeta » est décédé mercredi à l’âge de 82 ans. Sa disparition a créé une onde de choc parmi le Valencianismo, preuve de la marque indélébile qu’il a laissée. Car Españeta avait beau ne pas être joueur, entraîneur ou dirigeant, il était une figure tutélaire du club. 

Décidément, 2020 n’en finit plus d’être cruel. Cela faisait plusieurs jours que la presse valencienne évoquait la détérioration de l’état de santé de Bernardo España dit « Españeta », intendant du Valencia CF pendant 55 ans. Il est décédé mercredi après-midi, à 82 ans. L’annonce a été faite par le mythique défenseur Ricardo Arias sur les ondes de VCF Radio : « Je l’ai appelé comme toutes les semaines et c’est Charo, son épouse, qui m’a répondu. Elle m’a dit : Richard, il vient de mourir, il y a une demi-heure » ». Les deux hommes se sont vus une dernière fois lors d’une animation du club au Mercat Central il y a 2 semaines. Le VCF a publié mercredi ces ultimes clichés.

« Je suis né pour vivre et mourir pour le Valencia CF » Españeta

Pendant 55 ans, Españeta a été une figure incontournable du VCF. Apprécié de manière unanime par les joueurs, les staffs et, évidemment, les supporters, il était une figure tutélaire des Blanquinegros. « L’afición l’aimait en le connaissant à peine, alors imaginez pour nous les joueurs qui avons vécu tant d’années à ses côtés, s’est lamenté Ricardo Arias. C’était une personne qui a toujours voulu le bien du club, qui a donné sa vie pour le club. Il n’a jamais dit non à une demande du club, c’est un homme né pour ça ». 

S’il était techniquement retraité depuis 2003, il a prolongé le plaisir pendant 13 ans. En 2014, il avait reçu les insignes « oro y brillantes » du Valencia CF, avant de recevoir un hommage lors du Trofeo Naranja 2016. Ce soir-là, sous le parrainage du Piojo Claudio López, il avait reçu une vibrante standing ovation de Mestalla. Il fallait entendre les applaudissements, regarder les visages émus des supporters pour comprendre ce que représentait Españeta, l’homme qui a chassé chauve-souris pour la mettre sur l’écusson du club pour reprendre le bon mot de Claudio Ranieri.

Españeta rêvait de devenir footballeur mais un accident de moto à 16 ans lui a laissé un tendon d’Achille dans la boîte à gant. Finalement, il est devenu une légende du club en se mettant corps et âme au service du Valencia CF. Sa bonne humeur communicative, son sens du service et son grand talent pour… imiter les signatures des joueurs pour alléger leur tâches pendant les fêtes de fin d’année l’ont rendu indispensable pendant plus de 5 décennies. Españeta, c’est plus de la moitié de l’histoire du club et l’afflux d’hommages depuis l’annonce de son décès retrace les grandes heures du Valencia CF. Mario Kempes, David Silva, David Albelda, Carlos Marchena, David Villa, Aritz Aduriz, Gaizka Mendieta, Dani Parejo… : tous ont eu un mot pour rappeler l’importance de ceux qui gagnent le respect par leur travail loin des projecteurs.

Il faisait l’unanimité, y compris chez le rival, Levante. Sur Twitter, Paco Fenollosa, président d’honneur du club granota, a résumé ce que toute la ville de Valencia ressentait pour Españeta : « je t’aimais beaucoup, les couleurs étaient secondaires. Quand je sortais de chez moi et qu’il y avait des nuages, je te voyais, tu me racontais une blague et le soleil sortait. Tu es au ciel, c’est sûr. Ton équipe de coeur était le Valencia CF mais tu aimais aussi Levante. Repose en paix ». 

Españeta n’a jamais marqué un but décisif pour le Valencia CF. Il n’a pas non plus effectué une parade d’une autre monde. Encore moins décidé d’un changement tactique qui a fait basculer un match. Mais Españeta y a contribué, à sa manière. Par son travail, par un sourire, par une attention. Tout le Valencianisme lui a toujours été reconnaissant pour sa présence et il était le plus populaire de tous. Ils ne sont pas nombreux les intendants à avoir eu droit à un tifo… Españeta était de ceux qui construisent l’ADN d’un club. Ses cendres seront dispersées sur la pelouse à Mestalla, son jardin pour l’éternité. Hasta siempre.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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