♀️ Football féminin / Ángela Sosa, le transfert « bombazo » du Betis

0

C’est certainement le transfert de l’année en Primera : Ángela Sosa, cadre de l’Atlético de Madrid, a signé au Betis en début de semaine. Joueuse brillante, l’internationale espagnole revient dans sa ville natale pour faire franchir un cap aux Verdiblancas. Un challenge énorme, à la mesure du talent de la joueuse de 27 ans, Bética de coeur.

Après la publication de la convocation de Dani González, le coach de l’Atlético de Madrid, pour le match opposant les Colchoneras à l’Espanyol pour le compte de la 1re journée de Primera, on se demandait pourquoi Ángela Sosa ne figurait pas dans le groupe. Il a fallu attendre quelques jours pour avoir la réponse : l’internationale espagnole était en instance de départ. De manière surprenante (elle avait prolongé en 2019 jusqu’en 2022), la native de Séville est rentrée en Andalousie pour signer 3 ans au Betis. Ce qu’on appelle un fichazo.

Transfert surprise

Ángela Sosa est Sévillane et elle le porte dans sa chair : sur son bras est tatouée l’emblématique Giralda. Formée au Sevilla FC, la milieu de terrain évoluait à l’Atlético de Madrid depuis 6 ans et avait tout gagné avec les Indias : 3 championnats consécutifs (2017, 2018, 2019) et une Copa de la Reina (2016). Meilleure joueuse de Primera en 2017-2018 et 2018-2019, Sosa est une référence en Espagne même si, de manière incompréhensible, le sélectionneur Jorge Vilda l’a laissé à la maison pour le Mondial 2019.

A LIRE : Ángela Sosa, l’absente

Après 3 ans d’hégémonie, l’Atlético a été dépassé par le FC Barcelone la saison dernière. Les Blaugranas ont remporté le titre (en attendant la finale en retard de la Copa de la Reina où elles affronteront Logroño, ndlr) après avoir investi massivement sur le marché des transferts. Sur la scène européenne, les Colchoneras ont certes disputé les 1/4 de finale de la Ligue des Champions pour la 1re fois de leur histoire (battues 1-0 lors du Final 8 par le Barça, ndlr), mais elles ont peut-être atteint leur plafond de verre. Pour Ángela Sosa, il était certainement temps d’aller voir plus haut. Le PSG la suivait en juin dernier. Elle aurait pu rejoindre Irene Paredes et prendre la suite dans l’entrejeu de Vero Boquete, passée par la capitale française entre 2016-2018.

Pourtant, elle a décidé de jouer dans une équipe ambitieuse mais très en-deçà des standards où elle pouvait aspirer, les joueuses espagnoles ayant particulièrement la cote en Premier League ces derniers temps. Mais le Betis dispose d’un argument d’un poids : la famille Sosa est Bética. « Elle est très contente pour moi et moi pour eux, a-t-elle expliqué au micro du club. C’est un rêve, voir les larmes de mon père et de mon frère, c’est beau. Ceux qui ne sont pas du Betis peuvent ne pas le comprendre mais nous, nous le comprenons à la perfection. C’était le moment de le faire ». 

Le Betis, nouvel outsider du haut de tableau

Cette arrivée est un très gros coup et cela lance idéalement le mandat d’Ana « Willy » Romero à la tête du secrétariat technique du Betis, quelques mois après avoir arrêté sa carrière de joueuse. Elle a aussi comme point commun avec Ángela Sosa d’être Sévillane et d’avoir porté le maillot du rival en tout début de parcours : « Signer quelqu’un de la catégorie de Sosa montre beaucoup de la volonté du club de miser sur l’équipe féminine et nous sommes très enthousiastes de l’avoir parmi nous. Toute personne qui suit le football féminin vous confirmera que c’est un très grand transfert ». 

L’intersaison a été animée chez les Manquepiedras. Plusieurs joueuses sont parties voir plus haut parmi lesquelles Merel van Dongel qui a rejoint l’Atlético de Madrid et Irene Guerreo qui est partie à Levante. L’éternelle Priscilla Borja (35 ans) a quant à elle signé au Madrid CFF après 3 saisons avec les Verdiblancas. En tout, ce sont 10 joueuses qui n’appartiennent plus à l’effectif du Betis. Elles ont été remplacées par 7 recrues : Eva Llamas (Tenerife), Dorine (Logroño), Oriana Altuve (Rayo Vallecano), Aixa (Villarreal), Jenna McCormick (Melbourne Victory) et Mari Paz Vilas (Valencia).

La signature d’Ángela Sosa fait rêver à plus d’un titre car la milieu de terrain composera un duo de choc avec Mari Paz Vilas, éjectée comme une malpropre par le Valencia CF en fin de saison dernière. Ce binôme a beaucoup d’allure et l’entraîneur Pier Luigi Cherubini (passé par le Betis entre 1995 et 1997), arrivé en décembre 2019 après avoir réalisé de très belles choses à Tenerife (4e en 2018-2019), dispose d’une équipe qui peut viser les premières places du classement. Jusqu’à viser le podium et la qualification en Ligue des Champions ? Il est certainement un peu trop tôt pour l’espérer, surtout face à des adversaires comme le Real Madrid, Levante voire l’Athletic. Mais une chose est désormais certaine : avec Ángela Sosa, le Betis acquiert de la légitimité et une visibilité sans précédent dans le paysage du football féminin espagnol.

François Miguel Boudet
@fmboudet

Commentaires