Eibar 1-2 Athletic : Quelle recette pour cette première victoire bilbotarra ?

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L'homme du match, Unai Lopez [Crédits : Athletic Club]

Après une défaite et un match reporté, l’Athletic se positionnait tristement à la dernière place du championnat. Face à la Sociedad Deportiva Eibar, l’équipe bilbayenne n’avait d’autre choix que de prendre les trois points. C’est ce qu’elle fit, pas aidée par les interruptions de la VAR.

Une composition aux petits oignons

Pour espérer signer sa première victoire de la saison, Gaizka Garitano devait composer avec l’absence d’un joueur de taille, Yeray Alvarez. Blessé à l’adducteur, le défenseur central a été contraint de laisser sa place à Unai Núñez. À 23 ans, ce dernier possède un jeu plus agressif que son coéquipier, mais pas moins qualitatif. Réclamant du temps de jeu, Núñez en a profité pour signer une performance correcte, entachée par un marquage ridicule lors de l’égalisation de Kike García.

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Pour le reste, le coach de l’Athletic profitait du retour d’un certain Yuri Berchiche, reprenant une place de latéral précédemment occupée par Balenziaga. Toujours dans le couloir gauche, le jeune Jon Morcillo semble avoir gagné la confiance de Garitano comme des supporters. À 22 ans, il renvoie Iñigo Córdoba sur le banc. Aujourd’hui comme lors de la totalité de la saison, il démontre tout son potentiel et contribue grandement à l’ouverture du score d’Unai López.

Unai López, justement. Chouchou du public de San Mamés (à l’époque où le stade pouvait l’accueillir), le milieu de terrain doit – avec surprise – constamment se battre pour obtenir sa place. Garitano semble en effet avoir une préférence pour un Mikel Vesga beaucoup plus défensif. Aujourd’hui plus que jamais, Unai López a démontré toute l’importance qu’il a dans cette équipe. Bien placé du début à la fin, il est surtout l’auteur d’un doublé plus qu’apprécié.

Unai Lopez est auteur de son premier doublé, il n’avait marqué qu’un but à l’Athletic [Photo de IconSport]

Une performance avant tout collective

Après sa violence défaite lors de l’entame de la saison (défaite 2-0 contre Granada), Gaizka Garitano est devenue une cible courante des supporters de l’Athletic. Ses choix tactiques – Vesga au lieu d’Unai, l’absence des jeunes ou plus anciennement le système à cinq défenseurs – ont souvent été critiqué et le coach jouait aujourd’hui sa légitimité aux yeux des fans. En optant pour un dispositif majoritairement demandé, et en faisant évoluer son style de jeu en fonction de la physionomie du match, le natif de Derio a réussi sa mission.

Pendant la quasi-totalité de la première période, la tactique consistait à passer par les ailes, avant de centrer en espérant trouver autre chose qu’un défenseur d’Eibar. Si la technique était imparable à l’époque où Aduriz faisait trembler Ter Stegen, elle l’est beaucoup moins aujourd’hui. Le système a ensuite été modifié, privilégiant désormais le jeu court, où au moins trois joueurs sont mobilisés. Le premier but d’Unai López en est une belle illustration. La prise de vitesse de Jon Morcillo, qui trouve Williams dans les derniers instants, permet à ce dernier d’adresser une passe précise à Unai, qui n’a plus qu’à cadrer avec brio.

Les trois buts de l’Athletic – en comptant une action de Villalibre signalée hors-jeu – sont le reflet d’une meilleure coopération entre les joueurs. Hormis quelques exceptions, comme lorsque Yuri et Villalibre peinaient à déterminer les intentions de l’autre, le jeu collectif s’est illustré lors de la centaine de minutes qu’a compté la rencontre. Si le jeu individuel de certains peut être souligné, à l’image de Capa, Villalibre, Morcillo ou encore Williams, d’autres ont montré des irrégularités peu habituelles. C’est notamment le cas de Yuri et Dani García, dont l’apport dans le jeu a été bien moins flagrant qu’à l’accoutumée.

Inaki Williams n’aura finalement pas marqué [Photo de IconSport]

Une longue rencontre marquée par la VAR

Un match qui dure plus d’une centaine de minutes peut être le symbole d’une rencontre où les agressions ont été nombreuses, et où l’arbitre a dû constamment stopper le jeu. Mais à l’exception d’un écrasement de cuisse plus ou moins volontaire, réalisé par Pape Diop sur Córdoba, ça n’a pas été le cas aujourd’hui. L’arbitre a effectivement stoppé le jeu dans les moments les plus cruciaux, mais pour vérifier des actions réussies.

Trois. Trois actions conclues par l’Athletic Club. Trois occasions inscrites par cette équipe avant l’irruption de la VAR. Deux, le nombre de buts finalement validés par cette technologie. Le ‘but’ d’Iñaki Williams, censé redonner l’avantage à l’Athletic, est invalidé après quatre longues minutes de vérification. L’arbitre juge d’après une analyse, qui ne manque pas d’être contestée, que l’auteur de la passe décisive est hors-jeu. Adrián Cordero Vega annule cette belle action bilbotarra, estimant que la pointe de pied d’Asier Villalibre est avancée de quelques centimètres.

Si l’équipe de Garitano parvient finalement à reprendre l’avantage au score, c’est à la suite d’une nouvelle intervention de la VAR, censée vérifier une action de Raúl García, qui ne touche pas le ballon. Dans ce match où Eibar n’a pas eu à se soucier de la technologie – du moins, lors de ses actions – les supporters de l’Athletic ont découvert un nouveau stress. Peut-être que dans le football moderne, le cœur s’emballe davantage lors de la révision d’une action que lors de la création de celle-ci…

Unai Nunez est auteur d’une performance correcte, entachée par l’égalisation de Kike Garcia [Photo de IconSport]

Une réussite qui n’est pas encore parfaite

Si l’Athletic prend aujourd’hui les trois points qu’il mérite, c’est également grâce au manque de finition d’Eibar lors de la première période. À deux reprises avant l’ouverture du score de López, les Armeros auraient pu/dû prendre l’avantage. Kike García a notamment raté l’inratable dans le premier quart d’heure.

Son égalisation en début de seconde période l’a temporairement soulagé, tout en démontrant le marquage imparfait de l’Athletic. Unai Núñez dégage dans le vide, laissant libre de ses gestes le capitaine de l’équipe locale. Surpris, Unai Simón ne plonge pas. Le gardien de l’Athletic ne s’est d’ailleurs toujours pas illustré cette saison. Il profite ici du manque de finition d’Eibar et d’un Iñigo Martinez bien réveillé. Avec des Yuri et Dani García davantage présents, nul doute que la performance défensive aurait été meilleure. Offensivement, Capa et Williams ont montré des incertitudes, en prenant trop de temps dans la prise de décisions.

Une équipe qui ne demande qu’à s’enflammer ! [Crédits : Athletic Club]

L’équipe de Garitano devra retenir plusieurs leçons de cette rencontre, positives comme négatives. Williams est toujours attendu au tournant, lui dont le but tant espéré n’a pas été validé par l’arbitre. Les Leones doivent désormais continuer sur cette lancée, profitant d’une recette qui ne demande qu’à être appliquée…

Jérémy Lequatre-Garat
@Euskarade

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