Athletic : Une présaison marquée par l’attente d’une finale

0
Lors du premier entrainement de l'Athletic pour la saison à venir [Crédits : Athletic Club]

Comme toutes les équipes écartées des actuelles compétitions européennes, l’Athletic Club se prépare à la saison qui vient. Entre un grand nombre d’infectés au Coronavirus, un mercato inexistant et la reprise des entraînements, c’est surtout l’attente d’une finale qui se fait sentir. Tout comme les Donostiarrak, les Bilbotarrak attendent la Copa, leur Copa. 

Une saison prometteuse, mais décevante

Entamer la saison 2019/20 de Liga avec une victoire, à domicile, contre le Barça, a un effet plutôt motivatant. D’autant plus lorsque l’unique but de la rencontre est inscrit en retournée, par un joueur de 38 ans qui touche son premier ballon. Mais les émotions créées par Aritz Aduriz en ce 16 août 2019 – soit il y a un an maintenant – n’ont jamais plus été retrouvées. Si ce n’est, en Copa del Rey.

L’objectif affiché en début de saison était de se qualifier en Europa League. Une chose tout à fait possible, jusqu’à l’interruption de la compétition. L’Athletic a été durement impacté par la pause engendrée par l’épidémie. La reprise de la Liga, qui se solde par un prometteur match nul contre l’Atletico (1-1) encourage une équipe basque pourtant stressée à l’idée de jouer sans supporters. Mais les choses changent très vite, avec une première déconvenue sur la pelouse d’Eibar (2-2). Le  nouveau rythme contraint Garitano à faire des rotations dans son effectif, et ses tactiques relèvent plus d’une peur des initiatives que d’une réelle envie d’attaquer.

Le bilan en championnat en sort considérablement noirci. L’Athletic s’est incliné sur quatre de ses cinq derniers matchs, et a perdu trois matchs consécutifs à San Mamés. L’absence des supporters zuri-gorriak a contribué à ces déroutes, bien qu’elles soient également dues à un important relâchement sur la pelouse. Mais également en dehors. Plusieurs joueurs de l’Athletic se sont retrouvés au casino de Granada, quelques heures après la cuisante défaite (4-0) sur la pelouse de l’équipe locale.

Les chiffres démontrent ce qui semble être un abandon quasiment volontaire des Basques. N’ayant encaissé que 38 buts cette saison, ils réalisent leur meilleur performance au XXIe siècle. Cependant, 6 de ces goles ont été inscrits sur les deux dernières rencontres.

Granada célébrant sa domination contre l’Athletic, 4-0 [Photo de IconSport]

Reprise des entrainements marquée par la COVID-19

La semaine du 10 août était marquée en Espagne par la reprise des entraînements. Du côté de l’Athletic, les choses sérieuses ont débuté mardi, avec des aiguilles plus qu’avec des ballons. En effet, les traditionnels tests physiques – qui ont souvent pour but de déterminer si les vacances ont eu un impact néfaste sur le poids et/ou la forme des joueurs – ont pour la première fois été accompagnés d’un dépistage. Comme le veut le protocole instauré par la Fédération, les joueurs et le personnel affecté à ces derniers doivent se soumettre au test pour le COVID-19 (« la » COVID-19, pour les purs et durs de la langue d’Aymeric Laporte).

Le lendemain, les choses se gâtent. L’Athletic annonce sur ses réseaux que six membres de l’Athletic ont été déclarés positifs au coronavirus. Le club ne donne aucune indication sur leur identité, et impossible alors de savoir s’il s’agit de joueurs ou du personnel technique. Par transparence vis-à-vis des supporters, Iñaki Williams a reconnu sur Twitter être l’un d’eux, qu’il est asymptomatique et qu’il se confine à son domicile.

Dans les minutes suivantes, les cinq autres concernés ont également décliné leurs identités. On y retrouve Núñez, Larrazabal, Córdoba, Unai López et Sancet. Les critiques ne tardent pas et de nombreux supporters pointent du doigt le comportement irresponsable des joueurs (les infectés comme les autres). Ils sont accusés d’avoir trop profité de leurs vacances, se réunissant à plusieurs, sans respecter les gestes barrières.

De nouveaux tests ont été effectués sur les joueurs – ainsi que le personnel – et les négatifs sont toujours négatifs. Les entrainements collectifs peuvent donc débuter ce week-end, sans les six infectés. Le club basque a fait le tour de la presse locale et nationale, El Correo n’hésitant pas à titrer « L’Athletic bat le record de positifs au Covid ».

[Crédits : El Correo]

La Copa del Rey, seule fierté de cette équipe

« C’était l’objectif cette saison, on aurait aimé terminer en Europa… On est contents pour la finale de Copa ». En bon capitaine, Iker Muniain tentait de trouver du positif à cette édition 2019/20 de Liga. Pas de compétition européenne, mais une place bien méritée en finale de coupe d’Espagne. Suffisant pour satisfaire des supporters qui n’ont pas vu leur Athletic en Europa depuis la défaite 1-2 contre l’Olympique de Marseille ? Pas vraiment. Mars 2018, c’est loin.

Difficile de juger une saison autant impactée par des éléments extérieurs, diront certains. Les autres pointeront du doigt l’absence de combativité des joueurs sur les derniers matchs. Les premiers répliqueront que le nouveau rythme n’aide pas, ceux à quoi les seconds répondront de prendre exemple sur Sevilla et sa fin de saison remarquable.

Quoi qu’il en soit, une finale de Copa est là, attendant qu’on l’autorise à accueillir le public basque en terres andalouses (la rencontre doit se jouer au stade d’El Cartuja, à Sevilla, ndlr). Il faut bien se souvenir qu’ensemble, les directions et supporters de l’Athletic ainsi que de la Real Sociedad ont choisi d’attendre que leurs aficionados puissent assister à la rencontre.

Williams célébrant son but contre le Barça, éliminant les Catalans de la Copa [Photo de IconSport]

La place européenne habituellement en jeu, qui aurait pu être grandement utile à l’Athletic, n’existe donc plus. Tout comme la date initiale de l’opposition 100% Basque, prévue en avril dernier, qui ne cesse d’être repoussée. Les médias espagnols parlent d’un match en décembre, peut-être aux alentours de Noël. La rencontre trône toujours fièrement sur le site internet de l’Athletic, accompagnée de la mention « zehazteke », date « à déterminer »…

Jérémy Lequatre-Garat
@Euskarade

Commentaires