Athletic 1-0 Villarreal : Un changement de dispositif pour préparer au mieux la demi-finale de Copa

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Une joie que San Mamés voulait revivre en Liga ! [Crédits : Athletic Club]

Au terme d’un match disputé, l’Athletic Club prend les trois points sur sa pelouse. Malgré un Sergio Asenjo plus qu’impressionnant, Villarreal ne parvint pas à trouver les filets. Gaizka Garitano semble avoir trouvé la recette, ou plutôt, l’avoir retrouvé. Si tout n’était pas parfait, son Athletic parvient tout de même à renouer avec la victoire. Mais alors, que fallait-il faire ?

91. En plus d’être un département d’Ile de France, c’est le temps qu’il a fallu à l’Athletic pour prendre à nouveau les trois points dans un match. Le 1er décembre 2019, les Basques s’imposaient contre Granada par deux buts à zéro. Trois mois plus tard, il s’impose par un but à zéro contre Villarreal, toujours à San Mamés. Si entre temps, l’Athletic était parvenu à trouver la victoire en Copa del Rey (contre le Barça, puis à nouveau contre Granada), ce n’était pas le cas en championnat. Ce 1er mars, Garitano a opté pour un changement de tactique, qui était demandé par une écrasante majorité de supporters. Un bouleversement de ses plans actuels qui permet à l’Athletic de gagner un match de Liga en 2020, son premier…

Le retour tant attendu du 4-2-3-1

La dernière fois qu’on l’avait vu n’est pas si ancienne. L’utilisation du 4-2-3-1 par l’Athletic remonte au déplacement chez la Real Sociedad. Ce 2 février, les hommes de Garitano s’inclinent 2-1. Mais ce score ne reflète en rien les capacités des Leones lorsqu’ils sont disposés de la sorte. Quoi que… seulement quatre titulaires formaient les rangs d’un Athletic remanié en vue de la Copa del Rey. Preuve que ce placement tactique fonctionne ? Les Rojiblancos auraient pu perdre bien plus sévèrement.

Contre Villarreal, et surtout dans le but de mettre fin à une série de 10 matchs sans victoire en Liga, Garitano a opté pour un retour du 4-2-3-1. Utilisé en première partie de saison, cette tactique avait été effacée au profit d’une défense à 5, qui avait rapidement montré ses limites. Elles étaient notamment offensives, puisque le milieu du terrain se retrouvait dans une claire incertitude. Les attaquants étaient moins bien lancés et les contre-attaques perdaient en qualité. Garitano a donc opté pour un retour aux sources.

Une victoire qui est un beau cadeau d’anniversaire pour la légende du club José Angel Iribar, 77 ans aujourd’hui ! [Crédits : Athletic Club]

Le coach de l’Athletic Club a cédé, comprenant tardivement que sa défense à cinq n’était sûrement pas une solution sur le long terme. Gaizka Garitano devait cependant composer en prenant en compte le match retour de la demi-finale de Copa, qui a lieu jeudi prochain. Pas question donc de titulariser Iñaki Williams, mais pas question non plus de mettre une équipe B. Le natif de Derio a alors seulement changé son attaque, redonnant la place d’ailier gauche à Córdoba, et celle de droite à Ibai Gómez. Raúl García prend quant à lui la place de buteur, qu’il accepte volontiers depuis le déplacement de Williams à tribord. Seule surprise, l’absence du milieu de terrain Unai López, qui ne figure pas non plus sur le banc.

Une défense à toute épreuve

« Jouer à quatre nous permet de faire plus de pression plus haut », a déclaré le défenseur central Iñigo Martinez à l’issue de la victoire. L’international espagnol aurait-il avoué publiquement sa réticence quant à la défense à cinq plébiscitée par son entraîneur ? Ça en a tout l’air. D’autant que l’ancien joueur de la Real Sociedad est le mieux placé pour admettre cette critique. Il a fait preuve d’une solidité irréprochable, en étant présent sur chaque ballon. Sa combinaison avec Yeray, qui était en perte de rythme dans le 5-3-2, s’est prouvée dès l’entame du jeu. Mais à la différence de son compère, Iñigo n’a pas hésité à monter au front, mettant en danger de la tête les cages d’Asenjo.

Les deux défenseurs ont été remarquables, limitant considérablement les sollicitations d’Unai Simón. Le gardien de l’Athletic a d’ailleurs fait peur, instable sur ses appuis lors de la première action de Villarreal. Il reprend rapidement ses esprits, brondissant son poing lors des corners et présent sur la trajectoire des frappes adverses. Le portier basque avait encaissé sept buts sur les quatre derniers matchs de son équipe. En gardant ses cages inviolées, Unai Simón se rassure et cela ne pourra être que bénéfique pour la suite. Sa prestation ne restera cependant pas dans les mémoires, tant sa défense aura limité ses interventions. Tout le contraire de la performance XXL de son confrère Sergio Asenjo, rival pour le poste en sélection.

Match des plus réussis pour Yuri Berchiche, en défense comme en attaque [Crédits : Athletic Club]

Iñigo Córdoba, symbole controversé du 4-2-3-1

Il est le joueur qui a le plus animé les débats entre supporters pendant le début de saison. Iñigo Córdoba passait régulièrement du joueur qu’on encourage, à celui qu’on souhaite voir sur le banc. Parfois maladroit, impatient ou manquant simplement de précision, Córdoba ne semble pas parvenir à poursuivre ses belles prestations lorsqu’elles ont lieu. Les supporters attendent beaucoup de lui, malgré ses 22 ans. Finalement, le jeune ailier a perdu sa place lors de la première utilisation de la défense à trois. Córdoba est écarté du dispositif avant Noël, alors que l’Athletic fait match nul contre le Real Madrid (0-0). Aucune apparition depuis, si ce n’est les 45 minutes en Copa del Rey (victoire aux penalties contre Elche) alors que les Zuri-gorriak jouaient en… 4-2-3-1.

Le fait qu’Iñigo Córdoba soit appelé pour la réception de Villarreal était tout sauf une coïncidence. L’ailier a ainsi retrouvé sa place dans la formation, avec pour objectif de montrer qu’il peut être essentiel dans l’équipe. Mission réussie ? Plus ou moins. Transparent pendant la première période – à l’exception d’une volée à la 45e – il se montre utile au retour des vestiaires. Capable de redescendre pour défendre, il se montre bon pour stopper les offensives sur sa bande. Son travail principal étant offensif, il adressera un centre des plus précis à Iñigo Martinez. Dans la symbolique des choses, il est remplacé par Unai Núñez ; Garitano voulant une défense à cinq pour la fin de match.

Peut-être allons-nous le revoir plus souvent… [Crédits : Athletic Club]

L’importance retrouvée du milieu de terrain

« Nous avons annulé le jeu de Villarreal », c’est l’explication pleine de fierté qu’a lancé Gaizka Garitano en conférence de presse. Mais cela s’explique avant tout par le rôle essentiel du milieu de terrain. Dans cet Athletic, les latéraux doivent jouer haut mais ont besoin des milieux pour être lancés sur les ailes. Mais aujourd’hui, ils se sont montrés indispensables dans un tout autre rôle, celui de l’interposition. Dani García a ainsi réalisé l’une de ses meilleures performances, en étant présent sur chacune des offensives adverses. Mettant la pression lorsque Villarreal conservait le ballon dans sa moitié de terrain, il est également parvenu à élancer les attaquants par de brillantes passes.

Les supporters espéraient cependant le voir accompagné d’un certain Unai López, mais il n’en fut rien. Mikel Vesga, titulaire depuis l’instauration de la défense à cinq, conserve son poste. Reste à savoir s’il le gardera également contre Granada jeudi, ou si Unai López reprendra un poste qu’il a démontré mériter. Un autre joueur a confirmé – cette fois sans surprise – son importance dans le jeu, Iker Muniain. Offensivement essentiel, il fait parler son jeu technique dans la surface adverse mais surtout dans la création.

#AsenjoSelección ? [Crédits : Athletic Club]

On le sentait d’ailleurs perdu en première période, cherchant désespérément à lancer Iñaki Williams. L’entrée de ce dernier a d’ailleurs rapidement été décevante. S’il parvient un obtenir un premier pénalty – inscrit par Raúl García –, il rate le second et disparaît durant tout le reste de la rencontre. Autre déception, Mikel Vesga. Le milieu de terrain ne s’est pas fait remarquer contre Villarreal, ni positivement, mais ni négativement, heureusement.

Prometteur pour la suite ?

Avec cette victoire, Garitano évite d’enfoncer son équipe dans le creux du classement. Mais rien n’est encore fait en championnat et il est obligé de créer une lancée positive pour espérer se rapprocher à nouveau des places européennes. Si une qualification semble désormais utopique, elle ne l’est pas en  Copa del Rey. L’Athletic espère y chercher une victoire mais il faudra avant cela se qualifier pour la finale. Jeudi, les Basques se déplacent en Andalousie pour jouer cette qualification chez Granada. Il ne fait presque aucun doute que Garitano a compris ce qu’il doit faire pour ne pas se faire renverser.

Quand tu retrouves la victoire en Liga après 10 matchs sans elle [Crédits : Athletic Club]

Pour la petite anecdote, le match entre l’Athletic et Villarreal a fait évoluer sur la pelouse 22 joueurs espagnols. Chose qui n’est jamais arrivée depuis août 2014. Un match sans doute croustillant pour le sélectionneur de la Roja, Luis Enrique, qui a sûrement posé ses yeux sur les gardiens Unai Simón et surtout, Sergio Asenjo.

Jérémy Lequatre-Garat
@Euskarade

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