Liga / Avant le Real, le Celta Vigo se cherche encore un cap

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(Photo by Pressinphoto/Icon Sport) - Alessandro FLORENZI - Iago ASPAS - Estadio de Mestalla - Valence (Espagne)

Après une saison galère, et un maintien arraché grâce à la légende Iago Aspas, le Celta a cet été mis en place une « operacion retorno » qui avait entrainé beaucoup d’espoirs du côté des supporters. Mais force est de constater que les résultats ne sont pas au rendez-vous, loin de là. Retour sur une déception tout sauf surprenante.

Quand on regarde sur le papier l’effectif du Celta de Vigo, on peut s’apercevoir qu’il est de qualité, avec notamment de très bons joueurs de ballon. Mais depuis le début de la saison, les résultats sont mauvais, et même dans le contenu des matchs, c’est loin d’être au niveau espéré. Les retours de Rafinha, Pape Cheikh et Santi Mina, l’arrivée de Denis Suarez n’était pas une mauvaise idée. Mais tout cela ne fonctionne pas et l’équipe continue de décevoir.

Pourquoi? Tout d’abord parce que le Celta est toujours dans un jeu de possession stérile et semble incapable de se réinventer. Dans le même temps la Liga a changé, le jeu de possession n’est plus roi, et il faut un certain talent et une tactique plus élaborés pour faire la différence face à soit des blocs bas bien organisés ou des équipes qui mettent de l’intensité en pressant très haut et en étant agressif sur le porteur de balle.

Un changement sur le banc qui n’a rien révolutionné

Avec Escribà, c’était un jeu de possession en 4-4-2, avec Aspas et Mina en pointe, et des offensifs plus axiaux qu’ailier, en l’occurrence Denis Suarez, Rafinha ou Brais. Un jeu de possession stérile, un embouteillage au milieu et aussi un duo Aspas – Mina bien loin des espérances. Cette tactique somme toute sommaire avait fonctionné la saison dernière, mais l’importance de Maxi Gomez dans ce système était grande, et Santi Mina n’a pas le même style de jeu ni le même rendement que l’Uruguayen.

Photo by Icon Sport – Fyodor SMOLOV – Municipal de Balaídos – Vigo (Espagne)

Avec Oscar Garcia, la tactique est plus évolutive, mais le problème n’a pas changé. Le Celta est une caricature du jeu de possession. Beaucoup de mal à remonter le ballon, à avoir de la verticalité. Cette équipe manque cruellement de vrai ailier pour faire la différence. Seul un Pione Sisto revenu du diable vauvert est là pour créer des déséquilibres sur l’aile. Pire encore, Santi Mina est cantonné au poste d’ailier droit et il y est médiocre. Et quand ce cas arrive, Aspas se retrouve seul en pointe dans ce 4-3-3 et il se bat contre des moulins.

Une défense enfin solide mais une inefficacité

Pourtant quand on regarde les statistiques, on peut s’apercevoir assez facilement de deux choses. La défense est plutôt bonne contrairement aux années précédentes. Ruben Blanco a franchi un palier et est régulier en proposant des prestations solides. Nestor Araujo s’est imposé comme un vrai taulier. Un temps associé à Aidoo, le Ghanéen a montré de très belles choses au début avant d’avoir des trous d’air, au point de voir Murillo débarquer cet hiver pour former la paire avec Nestor. Murillo a pour le moment était excellent depuis son arrivée, et tout le monde à Vigo espère qu’il restera à ce niveau. Le constat est que le Celta a encaissé autant de buts que Valencia (avant son match contre l’Atletico), et seulement un de plus que Villarreal et la Real Sociedad, des équipes avec qui le Celta ambitionnerait normalement de se battre pour l’Europe.

Le véritable problème est donc en attaque. Le départ de Maxi Gomez, qui en deux saisons avait tout de même inscrit 30 buts avec le Celta, n’a pas été compensé. Aspas est orphelin de son compère d’attaque et à un rendement moindre. Santi Mina est quand à lui catastrophique avec seulement 2 buts et pire dans le jeu est totalement à la rue. Le Celta est dans le top 3 des pires attaques de la Liga avec 19 buts marqués. Qu’espérer en marquant si peu?

Photo by Icon Sport – Iago ASPAS – Municipal de Balaídos – Vigo (Espagne)

Le Celta est fort contre les forts, et faible contre les faibles. Les 4 victoires depuis le début de la Liga ont été glanés contre Valence, l’Athletic, Villarreal et Séville. Un beau tableau de chasse. Mais dans le même temps, Mallorca, Osasuna et l’Espanyol sont tout 3 venus à Balaidos pour y partager les points. En se faisant à chaque fois ultra dominé par un Celta pas assez tueur pour glaner les 3 points de la victoire. On s’aperçoit que le Celta a plus de facilité à marquer en transition qu’à manoeuvrer un bloc bas comme quand une équipe du bas de classement se présente à Vigo. Pourtant l’équipe cherche encore et toujours à mettre en place un jeu de possession souvent mal maîtrisé.

À l’heure d’aller défier le Real Madrid, le véritable défi du Celta n’est pas sur la pelouse du Santiago Bernabeu. On risque fortement de les voir réaliser un bon match et on ne sera pas déçu de les voir s’incliner si cela arrive ni surpris de les voir obtenir un résultat. Le vrai défi sera dans une semaine avec la réception de Leganes, un adversaire direct pour le maintien. La victoire sera impérative pour espérer se maintenir et éviter un gâchis.

Damien Dusfrene

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