A mi-parcours, la Liga se cherche encore une locomotive intellectuelle et un nouveau souffle

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Crédits : Iconsport

Depuis maintenant plusieurs saisons, le niveau global de la Liga baisse ou en tout cas n’est plus au niveau des attentes. Pourtant, les résultats du championnat sur la scène européenne sont satisfaisants. Pour la première fois depuis trois saisons, ce n’est pas un club espagnol qui a remporté la Ligue Europa ou la Ligue des Champions. Un retour à la normale qui reflète un championnat qui a besoin d’un nouveau souffle, le Real du double Z ou le Barça de Valverde n’auront inspiré pas grand monde en Espagne d’un point de vu intellectuel. Retour sur les 19 premières journées de championnat sauce 19-20.

Le Barça et le Real ont beau truster la tête du championnat le tout en ayant creuser un jolie écart sur le troisième larron qui complète le podium, le rendu des deux ogres espagnols sur le terrain est souvent frustrant voir décevant. Bien sûr, les effectifs pléthoriques et la différence qualitative avec les autres équipes de Liga leurs confèrent un avantage conséquent avant même le coup d’envoi des matchs. Quelques équipes réussissent à faire jeu égal avec Madrilènes et Barcelonais, sauf que quand la différence ne parvient pas à se faire collectivement, les individualités font pencher irrémédiablement les rencontres du côté des puissants, assez régulièrement. Pourtant, le Sevilla FC peut rêver en une course au titre, tout comme l’Atleti, qui fait le yo-yo sur cette première partie de saison. Derrière tout ça, un manque flagrant d’un modèle pour insuffler de la nouveauté et donc de l’intérêt avec des clubs qui prennent moins de risque qu’avant sur les bancs.

Une Liga bien plus resserrée au classement

Après cette 19e journée, c’est l’Espagne qui dispose du plus petit écart entre premier et dernier pour les championnats à 20 équipes (coucou la Bundesliga). Au pays de Cervantes, 29 points séparent l’Espanyol du Barça, quand la Premier League dispose d’un écart de 47 points. En tête, c’est aussi en Liga que les écarts sont les plus faibles. Les deux premiers sont à égalité quand l’Angleterre a un fossé de 14 points entre premier et second. Derrière, c’est toute une grappe de clubs qui suit, avec Seville et Atleti tout deux à 4 points de la tête et ensuite une ribambelle de clubs qui se tiennent en 5 points.

A mi-parcours la saison dernière, le Barça avait déjà 5 points d’avance sur son dauphin qui avait lui même cinq points d’avance sur le troisième. Dans le même nombre de points, il y avait seulement deux formations l’année passée, il y en a quatre actuellement. Le Real Madrid, actuel co-leader du championnat avait 10 points de retard sur le Barça la saison dernière à même période. Les Catalans sont toujours en tête, mais ont trois points de moins que la saison dernière après 19 journées, le Real fait plus sept points lui par rapport à la cuvée 2018-2019.

Que dit ce tassement et même ce ralentissement de la Liga ? Beaucoup de choses, surtout que chacun peut tordre la réalité ou prendre l’angle qu’il souhaite pour argumenter sa pensée et son analyse. Une chose est sûre, ce championnat est morne, les têtes d’affiches ne rayonnent pas en terme de jeu, l’Atleti, la dernière révolution qui a gagné en Espagne se cherche un second souffle. Derrière, Seville ne chamboule pas grand monde, seuls Getafe et la Real Sociedad ont des identités très marquées et qui fonctionnent. Les noms sur les bancs des différents clubs ne font pas rêver mais certains mouvements laissent espérer une seconde partie de saison bien plus intéressante à suivre.

Mais elle arrive quand, cette prochaine révolution ? 

Ces derniers saisons, La Liga a été un hub d’innovation et de bouleversements. Pour certains le football est arrivé à un tel point que plus grand chose de révolutionnaire ne peut être créer, un fait discutable mais qui semble tout de même se confirmer sur le terrain. Cependant, reste que certains entraîneurs réussissent à transcender une équipe pour la porter à des hauteurs de jeu qui font d’elle un modèle à suivre ou alors à révulser. Actuellement le Liverpool de Klopp est surement l’une des plus belles équipes du football européen, certains vont s’en inspirer d’autres vont construire leur jeu pour contrecarrer ce style. Des choses qui se sont passés en Liga, avec l’avènement du Guardiolisme c’est le Cholismo qui a pris une place importante en Liga pour mettre à défaut le style du premier. Des révolutions qui ont permis l’avènement d’entraîneur comme Quique Setien qui vient d’être nommé au Barça et Bordalas, qui truste le haut du tableau avec Getafe. Sauf que le titre de l’Atleti a déjà 6 ans et que le niveau relatif de la Liga baisse.

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Pablo Machin aurait pu être l’un des pionniers d’un nouvel ère avec l’avènement de la défense à 3 comme base de beaucoup de choses en Liga, mais ses déconvenues à Seville puis l’Espanyol cette saison ont fait retomber la hype autour du natif de Soria. Actuellement, c’est encore Seville qui dispose d’un entraîneur intéressant mais qui manque encore de continuité. Après son licenciement avec la Roja et le Real, Julen Lopetegui a apporté de la stabilité et du jeu en andalousie. Cependant avant lui, des coachs comme Berizzo, Sampaoli ou encore Machin se sont cassés les dents et n’ont pas dépassé une saison à la tête des Palanguanas.

Dans l’autre championnat, celui pour le maintien, deux clubs tirent leur épingle du jeu actuellement. Le Rock’n’Roll à l’oeuvre en Navarre du côté d’Osasuna avec un 442 vertical avec un pressing tonitruant et surtout la débauche d’énergie matérialisée par Chimy Avila sur chaque ballon. L’important dans cette contrée de l’Euskal Herria c’est de suer, de tenter pour ne surtout jamais regretter. Un football qui colle parfaitement avec ce que demande El Sadar. L’autre attraction c’est le Levante de Paco Lopez qui marche sur une corde très fine entre jeu de qualité et cherche de résultat. L’équipe regorge de talents, veut jouer au foot mais tarde à trouver son style donc navigue entre les schémas et les utilisations du ballon. Granada et sa faculté d’adaptation ont été remarqué, le pressing d’Eibar est toujours de qualité mais l’effectif n’est plus magnifié par celui-ci, au contraire. Encore une fois, rien d’assez impactant pour générer une émulation importante et bouleverser profondément le championnat.

Beaucoup, beaucoup de déceptions

Derrière ces quelques satisfactions, c’est toute une Liga qui propose pas grand chose ou se contente d’un football simpliste sans vision à long terme avec l’idée de développer un certain style. Valence, Villarreal, le Betis ou encore le Celta, tous devraient être des outsiders crédibles capables de tenir le rythme et profiter du ralentissement des ogres. Pourtant ces subtops n’y arrivent pas, malgré des investissements conséquents. Pire Valence s’est même tiré une balle dans le pied dès de le début du championnat en licenciant Marcelino pour nommer un novice à la tête d’un des clubs plus importants d’Espagne. Bien sûr, la situation du club Ché est la plus acceptable, une 6e place c’est mieux que la 13e du Betis ou la 17e du Celta.

Alors qu’avant la Liga était connu pour sa richesse tactique et sa capacité à proposer des duels tactiques à tous les étages, elle perd petit à petit cette force en nommant les mêmes têtes régulièrement. Quand on voit les derniers choix du Celta depuis le départ de Berizzo et l’arrivée d’Oscar Garcia, c’est éloquent. La donne est identique du côté de Villarreal qui a tout pour être un prétendant régulier à l’Europe mais qui depuis le départ de Marcelino n’investie que sur des entraîneurs peu intéressants. A force de jouer petit bras, la Liga a perdu en qualité. Une situation pas irréversible mais qui commence à inquiéter, il serait dommage d’entrer dans une longue période de disette comme l’ont connu les Anglais avant de comprendre que le choix des techniciens étaient la base de beaucoup de choses. Les nominations succesifs de Machin puis Abelardo à l’Espanyol, de Quique Setien au Barça ou d’Oscar Garcia au Celta vont dans le bon sens cependant.

Benjamin Chahine

@BenjaminB_13

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