Xabi Alonso, l’étoffe d’un futur grand entraîneur ?

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Façonné par une multitude de cultures footballistiques lors de sa carrière de joueur, Xabi Alonso se lance dans une aventure d’entraineur qui s’annonce prometteuse. Avant de diriger une équipe première, probablement à moyen terme, il exerce ses méthodes auprès de l’équipe réserve de la Real Sociedad, club où il a débuté en tant que joueur professionnel.

Sa façon de traverser la ballon d’un naturel et d’une aisance implacable est à en faire pâlir n’importe quel amateur de ballon rond. Coups d’oeil multiples, réception du ballon, le bras gauche comme rampe de lancement et le pied droit comme moyen d’expression. Xabi Alonso a démontré toute sa classe ballon au pied et sans, pendant quinze années, marquées d’inspirations en tout genre et de passes impossibles rendues possibles.

Une carrière de joueur riche en expériences et en rencontres

Passé par l’Angleterre, l’Espagne ou l’Allemagne (dommage qu’il n’ait pas foulé les pelouses italiennes, pays du Regista), titré des deux titres majeurs pour une sélection européenne, vainqueur de LaLiga devant le grand Barça, de la Ligue des Champions lors du match du siècle… La carrière de joueur de Xabi Alonso ne manque pas de succès, elle tutoie même les sommets.

Associé dans un doble pivote aux cotés de Gerrard ou Mascherano à Liverpool, seul en pointe basse d’un milieu à trois ou d’un milieu à deux associé à Khedira, à Madrid, il n’a cessé de performer. Lors de sa dernière aventure, de l’autre côté du Rhin, il occupa le rôle primordial donné au six organisateur par Guardiola ou à quelques reprises, libéro dans une défense à trois.

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Son premier entraîneur dans le football professionnel, Raynald Denouiex, chantre d’un football trop souvent négligé dans l’Hexagone et ancien manager de la Real Sociedad rendit hommage à son joueur en des termes élogieux : « Tu m’avais vite tapé dans l’oeil, parce que pour moi, comme je l’ai lu récemment, le foot, c’est le ballon dans les pieds et le jeu dans la tête. Tu en es l’exemple parfait. Pour moi le foot, c’est toi. »

Véritable relais pour ses entraineurs sur le terrain, on ne doute pas un seul instant de ses connaissances sur le plan tactique, ni même, de ses idées qui défendent un football protagoniste. Toutefois, il ne devra pas négliger la partie « management », essentielle pour une adhésion totale de ses troupes. Il semble, d’ailleurs, au fait de l’importance de l’aspect managériale dans le métier d’entraineur. Dans une interview donné à L’Equipe magazine, il ne tarit pas d’éloge sur l’actuel coach de Liverpool, Jurgen Klopp : « L’entraineur doit être à la fois un bon connaisseur du jeu et un expert en management. Celui qui a les deux, aujourd’hui… je vois Jürgen Klopp. (…) Il réussit à ne pas être tant que ça derrière eux (ndlr : ses joueurs) tout en obtenant d’eux des niveaux de préparation très hauts et très naturels. »

Des idées déjà remarquées et une envie de ne pas bruler les étapes

Inspiré par Jurgen Klopp mais aussi par Benitez, Aragones, Del Bosque, Mourinho, Guardiola ou encore Ancelotti. Le Basque a connu, au travers des championnats et équipes dans lesquels il a évolué, une liste d’entraineurs prestigieuse, puits de savoir et riche en spécificités : La lecture des rencontres de Mourinho, la dimension paternaliste d’Ancelotti, l’implantation d’un style de Guardiola ou d’Aragones… Xabi Alonso a eu la carrière de joueur que beaucoup d’entraîneurs auraient rêvé avoir. En côtoyant les entraineurs les plus influents de la dernière décennie, combiné à son intelligence sur le pré, l’ancien milieu de terrain au toucher de velours à toutes les armes à sa disposition pour être un entraineur à succès.

Rapidement diplômé, il décrocha son premier poste au centre de formation du Real Madrid (Comme son compère Raul, légende du club Merengue) qui constituera, à terme, un atout non négligeable au moment de prendre les rênes d’une équipe première. Chargé des U13 de la Casa Blanca lors de la saison 2018-2019, il termine champion avec un total de 22 victoires, 1 nul et aucune défaite. Sa première expérience sur un banc « est très positive » estime l’intéressé. Toutefois, nous ne connaissons pas la réelle emprise qu’a eu l’ancien milieu des Reds sur son équipe, en comparaison à son prédécesseur par exemple. Mais selon le quotidien Marca, les dirigeants du Real Madrid ont été séduits par les progrès réalisés par les joueurs de cette section de La Fabrica, motivation première dans le football de jeunes.

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Dans une interview donnée au site Coache’s Voice, il explique être adepte, avec son équipe de jeunes du Real Madrid, du 4-3-3 ou du 3-2-2-3, deux systèmes aux allures Guadiolesques qui permettent aux joueurs « de ne pas connaitre qu’une seule situation mais plusieurs, pour réagir à différents stimuli. » Au delà des systèmes, ces paroles auraient pu être attribué à son entraineur au Bayern. Assurément, Xabi Alonso se veut, d’après ses dires, être un descendant de Pep Guardiola dans l’idéologie.

Depuis le début de la saison, Xabi Alonso est rentré chez lui à Donostia, plus connu sous le nom francisé de San-Sebastian pour y diriger l’équipe réserve de la Real Sociedad, vingt années après l’avoir quitté en tant que joueur. A la mi-saison, les Txuri-urdin pointent à la cinquième place de Segunda B (troisième division espagnole) en s’inclinant notamment face au rival honni, l’Athletic Bilbao juste avant la trêve (0-2) suite à un manque criant d’ efficacité dans la surface adverse.

La pression relative qui règne à San-Sebastian est certainement le meilleur moyen de grandir et s’affirmer en tant que coach dans un club et un environnement qu’il connait. Ainsi, cela ressemble à un choix opportun avant de pouvoir s’atteler aux exigences d’une équipe première. Lui qui « ne prétend pas faire les choses au même rythme » que Zidane, préfère prendre son temps avant de viser plus grand.

Hadrien Hubert 

 

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