Avant le Barça, la Real Sociedad regarde enfin vers le haut avec tranquilité

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Crédits : Iconsport

C’est un vieux serpent de mer depuis le début du 21e siècle. La Real Sociedad a souvent des effectifs très sexy, avec des joueurs toujours plus intéressants les uns que les autres mais jamais elle ne réussit à performer sur l’intégralité d’une saison. Cependant la donne semble enfin évoluer. Imanol Alguacil, le technicien des basques, répond parfaitement au besoin du club et a apporté stabilité et surtout des résultats. Avant de défier le Barça, les pensionnaires d’Anoeta avancent des certitudes et une identité propre.

Derrière un Athletic marqué par une identité très forte, la Real Sociedad est l’autre club majeur au Pays Basque. A la différence des Leones connus surtout pour leur jeu défensif et rugueux, la Real a souvent existé avec des artistes et offert un jeu léché aux différents observateurs. Cependant depuis le début du 21e siècle, le club n’a connu qu’un podium en 2001-2002, a connu la Segunda et tarde à se stabiliser dans le haut de tableau. Depuis 2010, les basques ont connu autant de classement final en dessous de la 10e place que de qualification en Europe (3). Habitué à ne jamais réussir à confirmer les attentes autour du club, les Txuri-urdinak semblent pourtant enfin gagner en consistance. Retour sur la bonne période du club, actuellement 4e de Liga.

Imanol Alguacil, un sheriff aux idées bien arrêtées 

Habitué à performer avec le Sanse, l’équipe B des Basques, le légendaire gardien a mis du temps à imposer son style pour devenir autre chose qu’une solution temporaire. Sa première apparition sur le banc de la Real survient en fin de saison 2017-2018. Le temps de remplacer Eusebio, de battre notamment l’Atleti et de s’effacer pour laisser la place à Asier Garitano. Cependant le club est une nouvelle fois dans une situation compliquée et à l’hiver 2019, l’ancien portier est rappelé au chevet de son club, cette fois avec un contrat en dur.

Son premier passage affichait un bon bilan, en 9 journées, Imanol avait accroché 5 victoires, 1 nul et 3 défaites. Lors de son retour, juste après noël 2018, il s’offre le Real Madrid pour la reprise de la Liga. Un succès de prestige qui permet au portier de gagner en reconnaissance sans pour autant faire taire les critiques. La Real Sociedad performe avec un savant mélange de jeunesse mais aussi de joueurs d’expériences comme William José. Le club joue très bien et opère une jolie remontée au classement. Cependant, le jeu jugé trop risqué imprimé par le natif d’Orio est régulièrement remis en question.

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A San Sebatian, le jouer beau et les joueurs soyeux, on connait mais cela n’a jamais permis au club de se stabiliser dans le haut de tableau. La Real Sociedad n’a jamais eu le même entraineur sur plus de trois exercices de suite. L’étiquette d’équipe déception colle au club, on pense alors dans l’écosystème du club qu’un changement de radical de mentalité doit permettre aux Txuri-urdinak de s’installer durablement dans le haut de tableau. Alors voir un entraineur, prôné un pressing constant, un bloc haut et une variation entre possession et séquences très verticales performer, ça surprend. Surtout que les joueurs sont responsabilisés et les prises de risques constantes, de la relance à la conclusion.

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Imanol Alguacil n’a jamais pris en compte cette volonté de changer de paradigme. Pour lui le beau jeu est totalement adapté à la philosophie du club, qui traverse les entraineurs et les effectifs. La Real Sociedad a toujours bien joué, ou en tout cas essayé avec des effectifs très qualitatif même si pas toujours bien construit. A l’aube de fêter le premier anniversaire de sa nomination et d’affronter une nouvelle fois le Barça, l’ancien portier peut être fier de ce qu’il a construit dans son club de coeur.

Un effectif bouleversé pour gagner en compétitivité 

L’été 2018 avait été plutôt calme, avec le seul Mikel Merino en arrivé notable. La Real Sociedad dispose d’une académie moins reconnue que celle du voisin Athletic mais tout aussi performante. Encore une fois, le type de joueur que produit la Real montre bien que le club est fait pour produire un jeu offensif et porté vers l’avant. Cet été, la Real a fait marcher la planche à billet pour faire venir, notamment, Portu, Martin Odegaard, Sagnan ou encore Nacho Monreal.

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Pour illustrer cette révolution, entre le Barça-Real Sociedad d’avril 2019 et celui qui se jouera pour le compte de 17e journée, c’est la moitié du onze titulaire qui a été modifié du côté basque. Des arrivés qui ont vraiment permis tout d’abord de valider les idées de jeu du mister Alguacil mais surtout de faire un bond qualitatif notable. Remplacé Juanmi par Portu, faire entrer Odegaard au milieu, garder William José devant tout en ayant Isak sur le banc ou mettre Nacho Monreal sur la gauche de la défense, ça fait du bien à n’importe quelle équipe.

Ces investissements massifs le tout sans compter beaucoup de départs importants a logiquement porté ses fruits au classement. Après un départ assez calamiteux dans le jeu qui a fait ressurgir durant quelques temps les fameux fantômes des saisons déceptions, la Real s’est très bien reprise. Actuellement 4e au classement, le club a la 4e meilleure attaque du championnat avec 26 buts en 16 journées.

Un savant mélange entre collectif et individualité 

C’est surement le dosage le plus compliqué à trouver pour les entraineurs, à savoir quelle liberté accorder aux joueurs entre les attaques collectives travaillées à l’entrainement et les initiatives individuelles de chacun. On l’a vu ses dernières saisons, à Villarreal en ce moment ou l’année passée au Betis, si on se base trop sur les performances individuelles, on peut entrer dans une spirale inquiétante en cas de baisse de  forme de certains et si on limite trop les prises de risques, on se retrouve avec un jeu stéréotypé et inoffensif.

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Actuellement ce qui est remarquable du côté de la Real Sociedad c’est que chacun des joueurs peut faire des différences, les fait mais qu’aucun est vitale pour la réussite du club. Imanol Alguacil a du jongler avec les blessures, les absences ou les méforme sans jamais avoir à se renier ou changer son style de jeu. L’équipe reste flexible tactiquement et capable d’appliquer son idée du jeu même en cas d’absence d’un joueur majeur comme Martin Odegaard, le dépositaire du jeu basque.

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La blessure d’Asier Illarramendi a par exemple été parfaitement digéré par le club qui a pu s’appuyer sans sourciller sur Zubeldia ou Guevara en fonction des besoins. Bien sûr, Imanol a un onze assez strict en tête et quand tout le monde est au top, il n’est pas du genre à faire un turn over quand il n’est pas jugé comme nécessaire. Cependant quand il faut, il n’hésite pas à responsabiliser ses seconds couteaux comme Aihen Munez, Guevara ou Sangalli qui performent à chaque fois qu’on fait appel à eux.

Avant d’affronter le Barça et après avoir notamment perdu face au Real, les Basques peuvent s’appuyer sur une flopée d’individualités capable de changer le court des matchs seul mais aussi sur un jeu collectif qui est parfaitement accepté par les joueurs. Chacun est conscient que c’est grâce à ce style de jeu qu’ils sont meilleurs et c’est parce que ce style est parfaitement adapté à leurs qualité que le club est aussi haut au classement. Sans coupe d’Europe, avec un effectif très riche en qualité et quantité et avec un entraineur qui comprend parfaitement le club à la barre, la Real Sociedad a un coup à jouer cette saison, avant d’enfin réussir à s’éterniser dans la zone Europe ?

Benjamin Chahine 

@BenjaminB_13

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