LDC / Bayer Leverkusen – Atletico Madrid : Une prestation inquiétante qui tombe mal

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06 November 2019, North Rhine-Westphalia, Leverkusen: Soccer: Champions League, Bayer Leverkusen - AtlÈtico Madrid, Group stage, Group D, Matchday 4, in the BayArena. Madrid coach Diego Simeone is sitting on the bench. Photo: Federico Gambarini/dpa Photo by Icon Sport - BayArena - Leverkusen (Allemagne)

Ce premier match de la phase retour des poules de la Champion’s League devait permettre à l’Atleti de lâcher les chevaux pour rassurer. Sauf que voilà, au terme d’un match globalement très décevant, les Colchoneros concèdent une défaite logique face à des Allemands pourtant loin d’être dans une excellente forme. Le Bayer reste en vie et l’Atleti va devoir jouer à fond ses deux derniers matchs de poule. Retour sur une rencontre fermée et éprouvante pour les Madrilènes. 

Pour ce match, deux schémas identiques se faisaient face. D’un côté, le 442 de l’Atleti se composait de trois milieux centraux, Koke occupait comme souvent un place sur une aile, avec Correa en détonateur. Devant, c’est de nouveau le duo Diego Costa-Morata qui était aligné, une association qui tarde à apporter satisfaction. Côté Allemand, le choix des hommes est sensiblement le même, avec deux buteurs en pointe, Bellarabi en homme de couloir et trois centraux alignés avec un Demirday qui quitte le coeur du jeu pour occuper un côté. Rapidement, les hommes de Peter Bosz vont impressionner.

Deux 442 mais des Allemands vifs et agressifs 

Les Madrilènes ont l’habitude de commencer le match de deux manières possibles. Soit en contrôlant le cuir et en essayant de dicter le rythme du match en profitant de l’aisance technique de Thomas Partey à la relance. Une idée qui n’aboutie pas toujours à une situation de but et qui protège moyennement Oblak mais qui permet cependant aux Madrilènes d’avoir une certaine solidité. L’autre, plus courante actuellement est de laisser un contrôle total du ballon à l’adversaire en attendant tranquillement autour de la surface une perte de balle. L’idée, qui s’appuie sur le Cholismo premier cru permet plusieurs choses : épuiser les adversaires, fermer les lignes de passes, de tirs et surtout ne subir que des situations forcées facilement gérable par Jan Oblak. Face au Bayer, l’Atleti va attendre mais va se faire secouer assez violemment.

Le Bayer Leverkusen, qui s’appuie sur des offensifs très vifs et assez instinctifs, va faire très vite mal à l’Atleti. Les Allemands ne tentent pas de mettre en place des longues séquences de possession molles qui n’aboutissent souvent à pas grand chose face au bloc adverse. Les hommes de Bosz sautent très vite des lignes en cas de récupération, les espaces derrières Arias et Lodi sont très bien occupés, Havertz notamment est servi assez régulièrement. Volland décoche coup sur coup deux très jolies frappes en première attention. Sans générer énormément de danger, les Allemands ont mis sur pied un plan qui semble fonctionner. L’Atleti est acculé, ne ressort pas un ballon proprement et surtout souffre. Les transition défensives n’ont pas le temps de se faire, le Bayer va trop vite et met le doute dans les têtes des Madrilènes.

Cependant, les frappes cadrées sont très peu nombreuses et l’Atleti ne réussi pas générer du danger. Le ballon revient dans les pieds des hommes du Cholo, les Allemands entrant dans une phase de récupération après 25 minutes à très haute intensité. Avoir fait étalage de leur capacité à presser intelligemment et à faire les bons choix sous pression, les hommes de Peter Bosz s’illustrent dans l’occupation du terrain. Ensuite, c’est l’excellente qualité des coups de pied arrêtés offensifs des Allemands qui est remarquée. A chaque fois, Oblak est dans l’embarras et un danger est créé. C’est sur cette phase que le premier but est marqué, Thomas Partey repoussant dans ses filets un ballon naviguant dans la surface de l’Atleti. A la pause, le Bayer est devant totalement logiquement et les productions collectives et individuelles des Madrilènes inquiètent.

Thomas Partey ligoté, un Atletico sans solution et asphyxié 

En deuxième mi-temps, le match est plus équilibré et vire même en faveur de l’Atleti. Cependant, la sortie de Lodi pour Lemar à la 52e minute met en difficulté les Madrilènes. Déjà loin d’être souverains sur les ailes, Simeone enlève son latéral et offre un boulevard à Bellarabi, l’un des meilleurs passeurs allemands. 3 minutes après ce changement et alors que l’Atleti est encore en train de se réorganiser, Volland est servi par l’ailier et après un contrôle sublime, ajuste Oblak d’une magnifique frappe dans la surface. L’enchaînement est de toute beauté et surtout, le Bayer fait un petit break. Marquer un but à l’Atleti est déjà un exploit notable, en marquer deux sans avoir concéder énormément de situation est un tour de force remarquable.

06 November 2019, North Rhine-Westphalia, Leverkusen: Soccer: Champions League, Bayer Leverkusen – Atletico Madrid, Group stage, Group D, Matchday 4. Leverkusens Kevin Volland (l) is happy about his 2:0 with Nadiem Amiri. Photo: Rolf Vennenbernd/dpa
Photo by Icon Sport – BayArena – Leverkusen (Allemagne)

Par la suite, le Bayer va se contenter de tenter de protéger sa surface, comme si ce but et cette débauche d’énergie ne pouvaient plus être renouvelés sur une plus longue période. Les Allemands entrent donc dans une phase d’attente, contestent moins de ballon mais bloquent les lignes de passes et surtout ceinturent Thomas Partey. Le Ghanéen, véritable cerveau de l’Atleti est marqué par un joueur ou deux joueurs suivant les phases de jeu. L’idée est qu’il ne puisse pas être trouvé, que ça soit à la relance ou lors des séquences de possession autour de la surface allemande. Thomas va réussir à toucher 70 ballons et décocher quelques très bonnes passes en profondeur mais l’Atleti a vraiment du mal à trouver de manière régulière et efficiente son milieu. Ce qui génère peu de situations et des ballons très mal ressortis.

Un fin de match presque suffisante pour arracher un nul 

L’entrée de Lemar est remarquée, l’apport de Correa est faible, Diego Costa affiche un niveau encore une fois très moyen. L’Atleti se rapproche des bois adverses, prend quelque peu confiance mais c’est globalement encore une fois assez faible dans le contenu. L’expulsion d’Amiri pour un tacle violent à la 84e minutes offre une occasion inespérée aux Madrilènes de revenir à la marque. Les occasions ne se succèdent pas mais quelques alertes sont à noter. Morata réduit la marque avant qu’il ne manque un deuxième but cette fois arrêtée par Hradecky. Le réflexe est excellent et l’Atleti ne réussira pas à effacer un 2-0. Cette défaite arrive mal, à deux semaines de l’enchaînement Barcelone/Juve qui devait permettre d’exposer les progrès de l’équipe.

Cette défaite met surtout un gros coup sur le certitudes défensives affichées par l’Atleti ces dernières semaines. La manière dont le Bayer a exploité l’espace dans le dos des latéraux, a dominé l’Atleti dans le domaine aérien et a surtout annihilé Thomas Partey est inquiétante à ce niveau de la saison. Les Madrilènes vont devoir très certainement jouer une finale face au Lokomotiv Moscou ce qui n’inaugure rien de bon pour la suite. Après des débuts intéressants puis une période assez morne, la saison des Madrilènes est dure à anticiper tant le club a du mal à enchaîner les bonnes performances. En plus de cela, les individualités ne réussissent pas à être forte au même moment, ce qui est assez pénalisant pour la suite. Pas grand chose de bon à retenir de ce match pour l’Atleti, qui aura été en dessous de tout dans de nombreux secteurs.

Benjamin Bruchet 

@BenjaminB_13

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