Tactique / Levante – Barça : Le Barça en quête d’intensité et de collectif

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(Photo by Pressinphoto/Icon Sport) - Lionel MESSI - Estadio Ciudad de Valencia - Valence (Espagne)

Face à un Levante pourtant annoncé revigoré et susceptible de créer la surprise, le Barça n’a pas su s’adapter et répondre à l’intensité adverse. Une situation loin d’être rare pour cette équipe qui ne parvient pas à mettre le répondant nécessaire à une telle rencontre à l’extérieur. Les problèmes sont plus présents que jamais chez les Catalans, dont la responsabilité de cette contre performance (et des précédentes) semble incomber à absolument toutes les personnes décisionnaires au sein du club. 

Aligné dans son habituel 4-3-3 le Barça victorieux face à Valladolid en milieu de semaine affichait quand même quelques modifications : Sergi Roberto a pris place en arrière droit laissant Nelson Semedo occuper lcelle d’un Jordi Alba douteux et sur le banc. Au milieu de Jong se situait en pointe basse en lieu et place de Sergio Busquets. Le Néerlandais était accompagné d’Arturo Vidal et Arthur. Devant retour du trio Griezmann, Suarez et Leo Messi. Du coté de Levante 4-4-2 avec Radoja et Melero au milieu, Campaña et Bardhi aux extrémités. En attaque confiance en Borja Mayoral et le vétéran Morales.

Quand la (fausse) solution devient un problème 

Il est la carte qu’Ernesto Valverde sort de son jeu à chaque fois que la rencontre à venir rime avec défi physique et intensité : Arturo Vidal. Comme si sa simple présence suffisait à insuffler cette intensité portée disparue bien trop souvent ces dernières années. Ce serait bien entendu beaucoup trop simple. L’intensité est un état collectif. L’envie de se dépasser, de faire les efforts pour ses coéquipiers elle doit être partagée par les onze joueurs présents sur la pelouse. Ce n’est pas le cas dans cette équipe. Arturo Vidal peut pourtant réussir parfois a amener ses coéquipiers avec lui dans un combat de tous les instants, mais cela reste ponctuel, désorganisé et dépendant de la situation au score.

Pire que cela la présence d’Arturo Vidal qui est censé répondre à une problématique en créer d’autres. Le Chilien en difficulté au moment de se retourner avec le ballon, ou d’anticiper les prises de balles pour faire avancer son équipe, apporte autant de problèmes qu’il n’en solutionne actuellement. Radoja et Melero n’ont eu que très peu de mal à contenir l’ancien du Bayern qui n’a pas réussi à prendre le dessus techniquement sur ses adversaires. Une constante également la saison dernière. Arturo Vidal est un formidable joueur mais dans ce Barça il ne semble être que le pansement de son entraîneur, mais un pansement sur une jambe qui a besoin de points de suture est forcement inutile.

Rythme de sénateur contre « jeunesse » fougueuse

La marche des empereurs. Les hommes de Valverde ont subi une déconnexion absolue. Il aura fallu sept minutes pour que le Barça abandonne toute idée de victoire. Comme s’il pesait ses efforts sur une balance de précision, le Barça s’est consacré à abaisser le rythme du jeu, et s’est contenté une fois de plus de la victoire au minimum qui au fil des minutes a été aussi trompeur que dangereux. À force de jouer avec le feu, l’équipe catalane a fini par se brûler. Laissant leurs adversaires les prendre de dos se réorganiser à leur guise, vite dépassés, les Catalans ont enchaîné les mauvaises décisions prises dans la précipitation.

(Photo by Pressinphoto/Icon Sport) – — – Estadio Ciudad de Valencia – Valence (Espagne)

Car en laissant une nouvelle fois le pressing et l’intensité au vestiaire, le Barça a laissé le plan adverse se dérouler au mieux. Dans leur 1-4-4-2, Levante se montre de plus en plus confiant, avec Radoja, Melero, Campaña et Mayoral  aux commandes de cette machine infernale. Générant trop peu voire aucun de danger, l’équipe catalane a laissé Levante accélérer dans un confort le plus total. Moins attentif, défensivement les Catalans ont encore beaucoup concédé. Perdant le ballon dans des zones dangereuses et ne permettant pas à la défense de se positionner comme elle aurait dû, Gerard Piqué a été à l’image de ses coéquipiers en proie aux doutes.

Collectif face à individualités éparpillées

Les Barcelonais ont encore montré qu’ils ont eu plus de doutes que de certitudes dans leur jeu. Si à domicile tout semble tourner rond, à l’extérieur l’équipe catalane souffre beaucoup trop et amène le jeu rarement là où il le voudrait. S’il est difficile de maîtriser une telle rencontre, c’est parce qu’aucun plan de match ne semble clair et défini. Incapable de tirer parti d’un jeu bien conçu de l’aile gauche avec Arthur, Griezmann, et Semedo, les deux derniers générant un 2vs1 contre Miramon, face à une machine collective mieux préparée, les Blaugrana ont été pris par surprise. Si le Barça se cherche lui encore collectivement, son rival du jour lui a trouvé ses marques.

Grâce à de bonnes situations offensives générées dans la transition défense/attaque, Levante a été bien organisée pour faire mal à son adversaire. Soutenu par Mayoral, Campaña a pu s’exprimer librement, tandis que Bardhi a parfaitement accompagné l’action de ses coéquipiers. Les prémices d’une belle connexion entre Messi et Griezmann, et l’implication sans faille de De Jong n’y ont rien changé, sans un véritable plan de jeu collectif et une prise de conscience des joueurs du faible niveau tactique proposé, le Barça ne parviendra pas à briller en dehors de son terrain et peut-être même à terme, se faire battre à la maison. Le constat est clair face à Levante, le FC Barcelone n’impressionne plus.

Soledad Arque-Vazquez & Tracy Rodrigo 

@solearquev & @tracy_rdg

 

 

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