Liga / Real Madrid – Betis : Un Betis rachitique prive un Real sans idée de la tête de la Liga

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Real Madrid coach Zinedine Zidane during the Liga match between Real Madrid and Real Betis at Estadio Santiago Bernabeu on November 2, 2019 in Madrid, Spain. (Photo by Pressinphoto/Icon Sport) - Stade Santiago-Bernabeu - Madrid (Espagne)

Disposant d’une occasion en or de devenir leader après la victoire de Levante face au Barca, le Real Madrid affrontait hier soir un Betis moribond au Santiago Bernabeu. Après la gifle infligée à Leganés mercredi, les hommes de Zidane voulaient enchaîner avec une troisième victoire de rang pour se situer au sommet de la Liga. Mais c’était sans compter sur un Betis très défensif et un Real qui est de nouveau tombé dans ses travers, face à la pire défense de Liga.

Les semaines se suivent et se ressemblent pour le Real Madrid. Après un bon match mercredi, on croyait enfin que Zidane avait trouvé son onze et que la saison des Merengues était lancée. Puis, la rencontre suivante est mauvaise et décevante, et tout est remis en question. Un pas en avant et deux en arrière. Un manque de régularité chronique qui inquiète et agace. Face au Betis, les Madrilènes ont bien commencé avant de sombrer au fil des minutes face à un bloc très défensif. Cette rencontre sentait le piège à plein nez et le Real a sauté à pied joint dedans. Retour sur une nouvelle contre-performance d’un Real Madrid qui a fait de l’irrégularité son maître mot.

Un début tonitruant signé Hazard

Pour affronter les hommes de Rubi, Zidane procède à deux changements dans son onze Modric et Ferland Mendy intègrent le onze au détriment de la nouvelle coqueluche Fede Valverde et de Marcelo. Du côté du Betis, Rubi sort avec 5 défenseurs et Marc Bartra au milieu de terrain. Il place un bloc bas et accumule beaucoup de monde dans l’axe. Bien que décevant lors de ses dernières apparitions, la présence du Croate peut s’expliquer par l’envie d’avoir un peu plus de créativité face au bloc bas très défensif du Betis. Alors que le Real rentre souvent apathique sur le terrain, hier ce ne fut pas le cas. Les Madrilènes commencent le match sur un très bon rythme et pressent haut les Beticos. Ils pensent même voir récompenser leur bon début de match par un golazo de Hazard qui sera finalement annulé par la VAR pour hors-jeu. Le Belge et Benzema sont en feu en ce début de match et toutes les offensives Madrilènes passent par eux. Hazard semble plus en jambe que d’habitude et n’hésite pas aller affronter son vis-à-vis. Mais l’ouverture du score se résiste, le faute à un manque d’efficacité récurrent et à un grand Joel Robles.

Eden Hazard durant le match [Photo d’Icon Sport]

Après une demi-heure sérieuse, comme à l’accoutumée, le Real baisse le rythme et le Betis en profite pour timidement sortir de son camp via les prises de balles de Canales et Fekir et se procure quelques occasions bien stoppées par un Thibaut Courtois en phase ascendante. Le Real aurait pu marquer avant le mi-temps sur une remise magistrale de la poitrine de Benzema pour Sergio Ramos qui frappe mais trouve Robles sur son chemin. Même chose pour le Betis qui, sur une erreur de Varane a bien failli tromper Courtois de loin par l’intermédiaire de Loren. La première mi-temps se conclut sur un 0-0 décevant. Ce genre match on les connaît du côté de Bernabeu, et on sent le piège du Betis se refermer inexorablement sur le Real.

Un assaut final peu maîtrisé

En deuxième mi-temps on s’attendait à ce que le Real parte à l’assaut mais ce ne fut pas tout de suite le cas. Le Real avait le ballon mais ne trouvait pas la faille. La faute à un collectif qui ne mettait pas de mouvements, pas de vitesse et pas de profondeur, ce qui a facilité la tâche du Betis. Le Real a tout de même des situations comme cette occasion énorme lors d’un face à face de Ferland Mendy, très discret et pataud hier soir, face à Robles. Bien lancé par Toni Kroos, le Français accélère et se retrouve face au but mais manque de lucidité et loupe la meilleure occasion du match pour les Madrilènes. Les minutes s’égrènent et le Real ne trouve toujours pas la solution. Zidane décide alors de faire des changements. Rodrygo, auteur d’un bon match, sort et Vinicius entre.

Joel face à Vinicius [Photo d’Icon Sport]

Le Brésilien fait parler sa vitesse pour déborder, mais rien n’y fait, à droite Vinicius n’est pas à l’aise et le Real n’y arrive pas. Comme un symbole de l’impuissance Madrilène, Ramos se déplace aux avants postes comme il a l’habitude de le faire lorsque le Real est mené et joue presque comme un avant-centre dès la 65ème minute. Faute d’un plan de jeu clair, le Real multiplie les centres comme à son habitude et compte sur ses individualités pour faire la différence. Dans les dix dernières minutes, Zidane fait entrer Jovic à la place de Benzema mais là encore c’est un coup dans l’eau. Vinicius dispose de deux occasions en fin de match mais Robles fait deux beaux arrêts et prive les Madrilènes des trois points et de la tête de la Liga. Bilan : le Real a été incapable de marquer un but à la pire défense de Liga. De son côté le Betis n’a rien proposé et a été très décevant. Mais ce point pris les satisfait et sauve la tête de Rubi.

Une gestion du match catastrophique

Malgré une prestation correcte mais décevante au final, ce match nul est clairement pour Zidane. Attentiste et incapable de changer le cours des événements, le Français devant l’impuissance de son équipe n’a rien changé ni tenté devant un scénario que l’on a déjà vu et revu au cours des dernières années. Il n’a même pas eu recours à son troisième changement et s’est contenté de faire du poste pour poste comme il a l’habitude de le faire sans rien tenter de spécial. On est en droit d’attendre plus de sa part surtout face à la pire défense de Liga. L’entraîneur Français a une marge de progression énorme à faire lorsqu’il faut changer le match depuis le banc des remplaçants.

Sur le banc, des joueurs comme Valverde, Isco ou encore Marcelo auraient pu faire basculer le match face au bloc bas du Betis. On aurait pu imaginer que Zidane passe à une défense à trois et sorte un Modric exténué pour Valverde ou Isco et fasse entrer un Marcelo qui serait resté aux avants postes pour un Mendy qui n’a pas été bon hier soir. En manque de créativité, l’absence de tels joueurs sur la fin de match est totalement incompréhensible. Sans véritable plan A, ni plan B ni plan C, le Real est une équipe faible qui peut rater son match face à n’importe quelle équipe et ne gagne ses matchs uniquement parce qu’elle a de meilleurs joueurs.

Les déclarations de fin de match de Zidane pointent vers un seul et même coupable : « Au niveau du jeu, de l’intensité et de l’attitude on a été parfait. Il nous a juste manqué de mettre la balle au fond, si vous ne le faites pas c’est compliqué ». La finition, voilà l’ennemi numéro 1 du Real si on en croit ZZ. Un problème qui ne date pas d’hier mais déjà de la saison dernière et qui n’a toujours pas été résolu. Il semble croire que ses joueurs feront la différence tout seuls et il se trompe lourdement. Sur un match ou deux matchs cela peut arriver, mais c’est le collectif et l’animation globale de l’équipe qui te permet de gagner un championnat. Et cette tâche lui incombe, c’est également à lui de mettre en place des systèmes et des animations autres que des centres dans la boîte pour que le Real crée des différences et marque. En attendant, le Real Madrid a encore déçu face à la pire défense de Liga et n’arrive toujours pas à enchaîner trois victoires de suite. Le Barca reste leader en attendant le match de Grenade ce soir et les Merengues ont encore une fois laissé passer une occasion en or. Une constante ces dernière années.

Miguel Hernandez

@Mig19Hernandez

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