Tactique / Slavia Prague 1 – 2 FC Barcelone : Ter Stegen évite le naufrage d’un Barça précaire face à un Slavia d’enfer

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Photo by Icon Sport - Marc Andre TER STEGEN - Signal Iduna Park - Dortmund (Allemagne)

Alors que le FC Barcelone caracole en tête de son groupe, l’équipe catalane n’a pas de quoi se réjouir avec cette victoire précaire et imméritée face au Slavia Prague. En cette période d’Halloween le Barça se fait en effet plus que jamais peur. Désarmés, dépassés, en panne de créativité et en grande difficulté défensivement malgré un Ter Stegen encore magistral, les Catalans ont joué à la merci des Tchèques qui ont eux su imposer leur style. Voici les éléments tactiques à retenir d’une rencontre aussi surprenante pour les hôtes qu’alarmante pour les visiteurs.

Un leader au ralenti. Si le choc aurait pu, dû opposer David contre Goliath, les Blaugrana ont laissé leur puissance tactique et mentale aux vestiaires, laissant le champ libre à leurs adversaires d’affirmer leur supériorité. Privés de Clasico lors de la prochaine journée de championnat, les Catalans devaient pourtant mettre toutes les chances de leur côté. Vêtu de son plus beau onze, le Barça positionné en 4-3-3 a abandonné sa cape de héros des grands soirs, et ce malgré les prémices d’une belle entente entre Messi, Griezmann et Suarez. Face au 4-2-3-1 du Slavia Prague, offensivement et défensivement les Catalans n’ont pas tenu leur position après l’ouverture du score rapide du génie argentin, remportant cette rencontre au bout de l’angoisse après un but contre son camp des hôtes qui malgré cet incident se sont montrés plus inspirés.

Rôles inversés, le Slavia Prague leader technique

Dans un stade bondé, devant un public qui est devenu le troisième poumon des joueurs du Slavia, les Catalans ont affronté le pouvoir physique et tactique tchèque sans trêve ni distribution. Alors qu’au départ pourtant, grâce à un pressing incessant, le Barça a remporté tous les débats sur le plan offensif, l’équipe culé a finalement, au fur et à mesure que les minutes défilaient et que les champs s’élevaient dans le ciel tchèque, abandonné sa tentative d’étirer le bloc adverse, permettant ainsi à leur adversaire de jouer dans leur domaine. Les rôles désormais inversés, les joueurs tchèques ont pris les Catalans à leur propre jeu mais avec plus d’envie et de convictions.

Crédit photo : AFP

Relance au pied, pressing réfléchi, le Slavia a coulé lentement et sûrement leur adversaire grâce à un jeu posé. De la droite du milieu de terrain, Sevcik a notamment guidé ses coéquipiers dans la bataille contre Ter Stegen, seul contre tous. Étirant eux parfaitement le bloc catalan, les joueurs du Slavia ont été plus solide défensivement avec six joueurs prêts à étouffer la présence de Jordi Alba et à neutraliser Griezmann. Consciente du fait que même si Sergio Busquets, Frenkie de Jong et Arthur auraient pu les mettre à mal avec une passe en profondeur, l’équipe tchèque a insisté, poussé, rendant la vie presque impossible pour le trio de milieux de terrain du Barça.

Luis Suarez aux abois et une attaque catalane désordonnée

Les occasions n’ont plus été en faveur du Barça, qui sans rythme et sans contrôle a totalement perdu pied. Ne pas créer d’occasions est un gros problème pour les Catalans car toute l’équipe reste construite sur le principe de la possession du ballon, mais n’a pas été tout simplement assez structurée pour absorber la pression d’attaques constantes. Leurs adversaires ont réalisé que les Blaugrana obnubilés par leurs accélérations ne vont pas leur faire mal, ce qui leur a permis de pousser et de presser sans relâche, sur le même modèle que Liverpool à Anfield ou que la Roma à l’Olimpico. Il est toujours difficile de négocier un pressing, et Barcelone peut le gérer mieux que quasiment toutes les autres équipes quand il y a des options en attaques, ce qui n’a pas été le cas ce soir là une nouvelle fois.

Alors qu’en plus le problème de la baisse de mentalité est certain, Valverde a mis en place une attaque presque inexistante. Si les options de passes en attaque ne sont donc pratiquement pas disponibles, le jeu entre les lignes nécessaire face à un adversaire oppressant n’est pas permis quand Suarez permet au bloc adverse de vite se recomposer et de récupérer le ballon, mais également en ratant la plus petite et simple des actions. La science ne trouve aucune explication à la mutation, de prédateur à agneau boudeur, que l’attaquant uruguayen éprouve dans les déplacements en Ligue des Champions. Son manque de mobilité en attaque anéantit la capacité de son équipe à toucher son adversaires et à se sortir de son pressing. Alors que Griezmann s’est défendu avec assiduité, le Français n’a pu rien offrir de plus car constamment contraint de redescendre. Si Dembélé n’a pas pu faire davantage et s’est trouvé plusieurs fois en bout de course, avec Messi parfois trop seule, l’attaque catalane n’est pas arrivée à trouver la solution.

Ter Stegen sauveur d’une défense en grand danger

Noyé offensivement, le Barça compte aussi de grandes faiblesses défensives bien visibles lors de cette rencontre face aux Tchèques. Si Olayinka et Stanciu se sont chargés de couler Piqué et Lenglet, les espaces entre les centraux et Busquets a profité largement à leurs adversaires. Si les Catalans n’ont pas su se regrouper face aux assauts du Slavia, sans Ter Stegen implacable devant ses cages, le Barça aurait pu connaître un destin plus funeste. Avec Semedo, les deux joueurs ont été les seules bonnes satisfactions de cette défense aux abois. Le Portugais aura su étendre la portée de jeu du Barça à l’extérieur, en apportant un peu plus de profondeur au jeu catalan, en tirant parti des espaces, en attaquant et en prenant un bon nombre de bonnes décisions. De bonnes minutes malheureusement gâchées par ses coéquipiers, trop vite pris de court par leurs adversaires.

Si le Slavia pourra poursuivre dans cette compétition empli de fierté, pour le FC Barcelone l’heure est à la remise en question. Les Catalans devront se ressaisir s’ils ne veulent pas une troisième saison consécutive être la risée des grands clubs européens.

Soledad Arque-Vazquez

@solearquev

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