LDC / Atletico 1-0 Leverkusen : Une victoire sur le fil et une animation décevante

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Atletico de Madrid head coach Diego Pablo Simeone during the UEFA Champions League - Group D match between Atletico Madrid and Bayer Leverkusen at Wanda Metropolitano on October 22, 2019 in Madrid, Spain. (Photo by Pressinphoto/Icon Sport) - Diego SIMEONE - Estadio Wanda Metropolitano - Madrid (Espagne)

Avec la réception de Leverkusen pour la troisième journée de C1, l’Atletico se devait de montrer un autre visage qu’en championnat pour rassurer ses fans et mettre la pression sur la Juve dans ce groupe D. Cependant, les soixante premières minutes ont été très compliquées. Les hommes de Simeone semblaient impuissants, et les débats tournaient plutôt à l’avantage du Bayer. Sans pour autant être dangereux, les Bavarois ont subi le réalisme clinique des Colchoneros par l’intermédiaire de Morata, à la réception d’un centre de Lodi à la 78ème minute (1-0). Rétrospective.

Les Matelassiers n’ont pas rassuré lors de cette troisième journée de phase de groupe de Ligue des Champions. Laissant le ballon à son adversaire avec un pressing peu intense et du déchet technique, l’Atleti engrange pourtant les trois points. Et par la même occasion, a presque éliminé les Allemands, toujours sans point au terme de la phase aller.

Des choix forts mais peu d’évolutions en première période

Simeone est touché par les critiques ces dernières semaines, notamment sur le manque de prise de risques et la perte sèche d’efficacité. La complémentarité du duo Costa-Morata fait encore débat, le duo étant présent dans la surface mais nettement moins dans le jeu. De fait, l’Atleti n’arrive pas à développer le jeu souhaité et retombe systématiquement dans ses travers. Piqué, le Cholo décide d’aligner Correa à la place de Morata. Un changement de style puisque l’Argentin est un chien fou, qui court et avale les espaces. Un choix intéressant au vu du profil de Diego Costa et qui semble permettre la mise en place d’une organisation offensive cohérente. Du moins sur le papier.

Sans Joao Felix et avec un Thomas Partey moins inspiré qu’à son habitude, la construction devient difficile. Le Ghanéen reste malgré tout la pierre angulaire des Colchoneros et énormément de ballons transitent par ses pieds, les Madrilènes le cherchant constamment pour lancer leurs offensives. Cependant, l’Atleti laisse le cuir aux joueurs de Leverkusen et joue long à chaque récupération. Lors des quelques possessions, le jeu est brouillon et sans danger, comme trop souvent. Le collectif est défaillant, trop peu de mouvements sont déclenchés, du déchet technique apparaît dans les transmissions et un manque d’idées se fait ressentir dans les vingt derniers mètres. A l’image de ce relais entre Koke et Costa, en milieu de première période, où le capitaine fait le mauvais choix dans la surface.

Alvaro Morata, attendant son heure de gloire sur le banc. Crédits : Pressinphoto/Icon Sport

De plus, le pressing n’est pas aussi intense qu’à l’accoutumée. Les joueurs du Bayer ont très souvent le temps de ressortir les ballons proprement, avec des combinaisons rapides dans les intervalles qui mettent en déséquilibre le bloc espagnol. Leverkusen appuie donc là où ça fait mal et garde la possession. Entre les lignes, Havertz échange avec ses ailiers Amiri et Bellarabi, et la bonne activité du double pivot allemand permet d’étouffer l’Atleti. Habitués à être acculés, les Colchoneros ne sont pas vraiment mis en danger mais n’arrivent pas non plus à profiter des contres.

Des carences individuelles

De plus en plus souvent, certains cadres faillissent côté Atletico. Koke et Saul, positionnés sur le papier en milieux excentrés mais très souvent trouvés dans le cœur du jeu, n’ont plus le même rendement que les saisons précédentes. Peut être bridés par les nouvelles consignes du Cholo ou tout simplement en perdition, les deux enfants du club ne sont plus à l’image de leur standing. Quand on connait la qualité de Saul dans les vingt-cinq mètres et qu’on ne le voit pas dans ces zones, ou bien celle de Koke par la passe et qu’il n’influe plus sur le jeu, on peut se poser quelques questions…

Par ailleurs, Angel Correa n’a pas fait parler sa grinta et sa vitesse, ni réussi à prouver qu’il mérite plus de temps de jeu et qu’il peut enfin enlever cette étiquette de bon joueur en sortie de banc. C’est bien simple, l’Argentin n’a absolument pas pesé sur la rencontre. Sans envie, sans appels en profondeur, Correa a été bougé dans des duels rugueux avec Tah. Logiquement sorti en début de seconde période, le numéro 10 a vu du banc ses concurrents directs se montrer plus prolifiques. Plus haut sur le terrain, l’Atléti affiche une meilleure maîtrise technique, à l’image d’un Thomas Lemar plus à l’aise dans ce secteur.

Thomas Partey, plaque tournante et réel accélérateur du jeu rojiblanco en ce début de saison, n’a pas réédité une prestation de haute volée. Pas aidé par la faiblesse de ses coéquipiers, il n’a pas réussi à faire des différences par ses passes ‘lasers’ qui cassent une ou plusieurs lignes et font si souvent mal à l’adversaire, puisqu’elles n’ont pas été assez précises. Qui dit transmissions mal assurées dit pertes de balles, et certaines ont pu mettre en danger l’équilibre colchonero. Impossible de le blâmer quand on sait la dimension qu’il a pris en ce début de saison. Mais force est de constater que quand il n’est pas au top, l’équipe est à la ramasse.

Un dénouement finalement heureux et quelques motifs d’espoir

Le tableau est clairement noirci par de mauvaises performances tactiques et techniques mais une fois de plus, la finalité reste tout de même les trois points, qui propulsent les Rojiblancos à la première place du groupe (avec le même nombre de points que la Juventus). Comme Simeone l’a répété en conférence de presse la semaine passée, le beau jeu n’est pas dans l’ADN du club. On devra donc se contenter de très peu, en attendant l’explosion et l’adaptation de Joao Felix. Les joueurs de l’Atletico ont finalement su faire la différence, avec leurs armes et dans leur style si caractéristique : dans les derniers instants, en jouant les quelques occasions avec un grand réalisme. Morata, forcément déçu de ne pas être aligné d’entrée, a sonné la révolte. Porté vers l’avant, jouant les coups à fonds et gênant la relance bavaroise, il envoie un message fort à son coach en délivrant son équipe d’un coup de casque rageur, seulement huit minutes après son entrée en jeu.

Crédits : Pressinphoto/Icon Sport)

Le passeur décisif et homme du match Renan Lodi a lui donné des motifs de satisfaction. Technique et offensif comme son homologue brésilien Filipe Luis les saisons précédentes, Lodi apporte un vrai plus au jeu colchonero. Probablement le seul homme dangereux en première période, il s’est parfaitement adapté à l’Europe et sa progression est vraiment intéressante. Cela pourrait peut être conforter le Cholo et ainsi mettre en place le plan de jeu aperçu en pré-saison avec des pistons extrêmement hauts, sur la même ligne que leurs attaquants.

On le sait, le point fort rojiblanco est l’aspect défensif, et la prestation du soir n’a pas dérogé à la règle. Avec une défense totalement inédite suite à la sortie sur blessure de Gimenez, on a pu observer une vraie solidité des quatre recrues estivales. Felipe, en patron, est monté en puissance tout au long du match, épaulant un Hermoso solide et bien plus à l’aise dans l’axe que sur un côté. Il est parti au combat et a remporté un bon nombre de duels.

 

Julien

@TorresismoATM

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