Pablo Machin à l’Espanyol : Le mariage parfait, sur le papier ?

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Peu après le début de la trêve internationale, une première tête est tombée en Liga. David Gallego, entraîneur de l’Espanyol était destitué après une nouvelle défaite frustrante en Liga face à Mallorca. Pour relancer l’Espanyol et lui permettre de retrouver les hauteurs du classement comme en fin de saison dernière ? Pablo Machin, au chômage depuis son éviction de Séville. Présentation des travaux qui attendent l’ancien de Girona à Barcelone.

Repéré au plus haut niveau après sa montée en Liga et une première saison de très bonne facture avec Girona, Pablo a vécu une grosse désillusion après son licenciement de Séville. Encore assez inexpérimenté, Machin est un dogmatique qui a une méthode qui a fait ses preuves et à laquelle il est très attaché. En signant à l’Espanyol, Pablo doit prouver que son style peut être viable ailleurs qu’à Girona où l’effectif était taillé pour celle-ci et surtout, il trouve un club qui peut lui permettre de travailler dans un écosystème bien plus calme qu’à Séville. Cependant après une dizaine de jours de travail, les catalans sont déjà attendus au tournant. Etat des lieux.

Entraîneur charismatique, Pablo Machin avait enfoncé plusieurs portes lors de sa première saison en Liga. Après avoir sauvé Girona de la descente en Segunda B, le natif de Soria a échoué plusieurs fois à faire monter le club avant de décrocher ce ticket tant convoité. Dans un club assez inexpérimenté à ce niveau et dans un stade avec des tribunes tubulaires pour être aux normes, Machin a régalé. En 17-18 à la tête des catalans, il va s’offrir le Real, mettre en échec par deux fois l’Atleti et s’offrir une place en première partie de tableau. Le 532 modulable en 3421 ou en 3512 fait des ravages.

La Machín de Pablo

Crédits : SUSA / Icon Sport

Alors qu’on espérait voir Pablo prolonger d’une petite saison son aventure à Girona pour valider cette première impression excellente, l’entraîneur fait le grand saut et rejoint Séville à l’été 2018. Le club est à la peine, Berizzo et Montella se sont cassés les dents la saison d’avant. Machin va réussir à avoir des bons résultats durant la première partie de saison puis tout s’écroule et il fut licencié. La marche était trop haute et l’environnement andalou pas adapté à une méthode aussi exigeante et longue à inculquer.

Sevilla – Et comment la Machin s’est enrayée

Pablo Machin n’a pas une recette secrète qui bouleverse le football espagnol. En revanche sa défense à 3 ainsi que sa volonté de verticaliser rapidement tout en s’appuyant sur des pistons vitaux pour la réussite du club font de lui un ovni dans ce monde rempli de 433 ou 442. La défense à 3 n’est pas dans le référentiel de base des footballeurs, cela nécessite un apprentissage assez long. La méthode de Machin exige aussi des joueurs en soutien de l’attaquant qui combine un rôle associatif mais aussi une capacité à faire parler la poudre. À Séville il disposait de tout cela mais un grain de sable a fait basculer le club dans une spirale négative. À l’Espanyol, Machin dispose d’un effectif qui semble adapter à sa méthode mais plusieurs joueurs devront élever leur niveau.

Pedrosa, Melendo, Roca, Calero : au rapport !

L’Espanyol, sans disposer d’une équipe de haut tableau a un effectif cohérent et plutôt intéressant. Bien sûr Borja Iglesias, Hermoso ou encore Rosales sont partis cet été mais dans l’absolu, la compétitivité du groupe n’a pas été amoindrie et des jeunes poussent avec ardeur pour avoir voix au chapitre. Le choix de nommer Machin fait sens parce que les forces des Pericos collent avec les besoins vitaux de sa philosophie. Les catalans disposent de milieux de terrain intelligents, de joueurs de soutiens capable de faire plusieurs choses et surtout ont des pistons de qualité. La profondeur du banc  n’est pas incroyable, mais les principaux besoins sont là. Malgré cela, les leaders techniques sont plutôt mal en point cette saison et sont proches de la crise de confiance.

Le premier sur cette liste n’est autre que Marc Roca. La sentinelle au style particulier a été une des satisfactions la saison dernière, surtout en fin de saison quand Victor Sanchez lui a permis d’être plus libre. Mais cette saison, Roca est en perdition. Proche d’un départ au Bayern, le milieu n’a jamais vraiment manifesté son envie de quitter le club mais ce non-transfert l’a logiquement affecté. Cette saison, entre le 442, le 433 ou le 4231, Marc a joué mais s’est rarement montré à son avantage. Dans le double pivot garant de l’équilibre du bloc voulu par Machin, l’ibère disposera de plus de liberté que dans un rôle de sentinelle classique. Cependant, il devra être plus rassurant à la perte de balle et dans les taches défensives, Victor Sanchez n’étant plus en état de le couvrir.

Fernando Calero était le gros recrutement de l’Espanyol. Orphelin de Mario Hermoso, la direction Perica avait jeté son dévolu sur le jeune central de Valladolid, auteur d’une première saison très intéressante en Liga avec son club formateur. Bon dans les interventions, intéressant à la relance et joueur de caractère avec le ballon, il semblait parfait pour faire oublier l’ancien du Real parti pour l’Atleti. Sauf que voilà, dans le néant du début de saison des Pericos, Fernando s’est noyé jusqu’à toucher le fond en étant expulsé face à son ancien club. Sous Machin, Calero découvrira la défense à 3, ce qui peut lui permettre de faire à nouveau admirer sa qualité de relance tout en le sécurisant plus que dans une défense à 2 où chaque erreur se paye cash.

Oscar Melendo : D’un but face au Barça à facteur X de l’Espanyol, l’envol d’une perruche

Lui est encore jeune mais est déjà un taulier dans l’effectif des Pericos. Oscar Melendo, milieu de poche capable de faire la pluie et le beau temps devant, a beaucoup à gagner de ce changement d’entraîneur. Rarement mis dans les bonnes conditions par Quique Sanchez Flores, l’ancien du Barça avait acquis un statut d’indiscutable sous Rubi. Protagoniste, capable d’enchaîner les performances de haut niveau tout en ayant une incidence directe sur le niveau de son équipe, on pensait Melendo capable de se maintenir tout en haut de l’affiche. Sauf que sous Gallego, le catalan a reculé dans la hiérarchie au point de regoûter au banc. Dans un rôle assez libre à la Borja Garcia ou Pablo Sarabia, l’offensif va retrouver un écosystème favorable pour retrouver de la continuité et des performances.

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Adria Pedrosa est encore une promesse tout en étant déjà très attendu. Encore très jeune à ce niveau, le latéral gauche qui a grappillé quelques minutes la saison dernières avec succès a été catapulté titulaire en puissance cette saison. Petite mobylette très rapide tout en étant souvent juste techniquement, il fait partie de ces latéraux formés pour l’attaque comme Cucurella ou Pedraza. Comme eux, Adria a été testé plusieurs fois en tant qu’ailier pour lui permettre de pouvoir se libérer offensivement en se déchargement des taches défensives. Dans ce rôle de piston tant apprécié par Pablo Machin, Adria a tout pour exploser comme Mojica ou Pablo Maffeo sous les ordres du natif de Soria avant lui.

3 matchs pour lancer la Machin

19e au classement avant sa prise de fonction, Pablo Machin sait qu’il doit très vite lancer une série de bons résultats. L’Espanyol n’a pas vocation à jouer le haut du classement, mais voir le club se stabiliser dans la zone Europe est souhaité par les dirigeants chinois et Rufete. Les investissements sont cohérents avec cet objectif et Rubi a permis au club de retrouver l’Europe, maintenant il faut pérenniser cela. Pour ses débuts, l’ancien de Girona va affronter 3 équipes abordables avant de tomber face à des adversaires bien plus coriaces. Pour la 9e journée de Liga, c’est Villarreal, ensuite c’est Ludogorets en Ligue Europa puis Levante en Liga. Cette semaine sera déterminante puisqu’ensuite, c’est l’Athletic, Getafe, l’Atletico ou encore Valence au menu des Pericos.

A chaque poste, Pablo Machin dispose de joueurs de grand classe capables de donner vie à son projet de jeu. Derrière, en plus de très bon latéraux comme Sébastien Corchia ou Pedrosa, l’ancien de Girona va retrouver Bernardo qu’il a connu en catalogne. Au milieu, en plus de Roca, des joueurs comme Sergi Darder, Granero ou encore Pol Lozano sont présents dans l’effectif. Iturraspe qui soigne une blessure depuis son arrivée pourrait rapidement être de nouveau disponible. Devant, encore pléthore de choix, Mathias Vargas, Melendo, Pablo Piatti, Campuzano, Calleri, Facundo Ferreyra ou encore Wu Lei apportent polyvalence et profondeur au nouvel entraîneur des Pericos. Le matériel à disposition est bon et semble adapté au projet de jeu de son entraîneur.

Même si Machin a eu le droit à la trêve internationale pour mettre en place sa philosophie, pas mal de joueurs clés étaient absents pour cause de match international comme Vargas ou encore Wu Lei. Ferreyra et Caleri ont aussi soigné quelques bobos. Dans un club moins exigeant que Seville mais capable de performer, Pablo Machin doit continuer d’apprendre et de faire évoluer sa méthode. Cette nomination doit lui permettre de retrouver sa côte de Girona et donc de relancer le bateau Espanyol qui ne mérite pas d’être en fond de classement. Même si tout semble favorable à la réussite du natif de Soria sur le papier, les matchs diront si Pablo Machin était le choix adéquat par la suite. Réponse très rapidement.

Benjamin Bruchet 

@BenjaminB_13

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