Ligue des Champions / Tactique / FC Barcelone 2 – 1 Inter Milan : Duel de coachs

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(Photo by Pressinphoto/Icon Sport) - Luis SUAREZ - Camp Nou - Barcelone (Espagne)

Par le désir et la fouge d’un Suarez aussi affreux que merveilleux, le Barça a réagi à temps face à un Inter Milan qui a lui aussi émerveillé mais qui a pourtant fini par être totalement submergé par l’ouragan catalan. À la baguette de cette rencontre, deux entraîneurs aux visions bien différentes. Si le travail d’Antonio Conte a permis de donner une leçon aux Blaugrana, Valverde malgré son pragmatisme et une première période catastrophique, a su surprendre grâce à ses choix et un Vidal déterminant. Voici les éléments à retenir d’une rencontre où finalement rien n’était joué d’avance grâce à ces deux hommes.

Deux poids, deux mesures. Le 4-3-3 déséquilibré d’Ernesto Valverde pour débuter cette rencontre face à un 3-5-2 d’Antonio Conte bien trop fort pour être contourné. Un scénario et une tactique si bien ficelés par l’Italien, que l’Espagnol même avec la titularisation surprise de Leo Messi s’est retrouvé dépassé. Mais bien que l’Argentin souffre encore de sa pré-saison et manque de rythme, il est capable de faire la différence et sonner la révolte. Repositionné en 4-2-3-1 avec une entrée gagnante d’Arturo Vidal, le Barça fini par l’emporter 2-1 dans son enceinte du Camp Nou qui est passée de l’anxiété à l’euphorie.

La révolution Conte

En plus de deux mois à la tête de l’Inter, Conte a mis en place une tactique et des variantes, dont n’ose même pas rêver Ernesto Valverde. En pleine souffrance, les hommes du coach espagnol peu aidés par leur nouveau trident d’attaquants déséquilibré, ont été aspirés et asphyxiés par la tornade italienne. Là où les Catalans devaient surtout apporter de la largeur et de la profondeur face à l’Inter, la présence de Sergi Roberto à droite et Semedo sur le côté gauche a rendu notamment les choses impossibles. Grâce notamment à une sortie de balle extraordinaire, l’équipe italienne s’est facilement débarrassée du pressing adverse. Prenant souvent leurs adversaires de face ou de dos, notamment par le biais d’une bonne circulation du ballon, les hommes de Conte ont fini par casser à plusieurs reprises la transition défensive de Barcelone. Aux manettes de la révolte italienne, deux hommes Lautaro Martínez et Alexis Sánchez.

Photo by Icon Sport – Lautaro MARTINEZ – Camp Nou – Barcelone (Espagne)

En marquant parfaitement les deux défenseurs adverses dans une situation d’égalité numérique apparente, Lautaro et Alexis ont réussi à percer la vigilance de Piqué et de Lenglet à travers une série d’actions essentielles au bon fonctionnement du plan établi par leur coach. Attirant Suarez, Messi, Griezmann notamment très proches de Handanovic et fixant les deux centraux avec leurs deux attaquants, l’Inter a réussi à totalement prendre le dessus sur leurs adversaires, moins inspirés et limités en attaque.

Une animation offensive catalane complexe à l’image de Griezmann et Suarez

Cette saison, le Barça fait face à un énorme dilemme. Bien que sur la pente descendante, Suarez reste toujours maître devant les cages, mais continue d’obscurcir le champ de vision d’un Antoine Griezmann bien trop perdu sur le terrain. Si l’un a su générer des frissons et des supériorités constantes, l’autre a été incapable de les transformer. À eux deux aucun débordement n’a été possible, et si Suarez restera à jamais El Pistolero, le premier à faire les frais d’un mariage imparfait sera Griezmann. Bloquant les mouvements de leurs milieux de terrain, bien trop retranchés, les attaquants blaugrana ont généré un tel déséquilibre que leurs adversaires ont eu la tâche facile.

Barcelona’s Ousmane Dembele (left) and Arturo Vidal (right) challenge Inter Milan’s Nicolo Barelle for the ball ..Photo by Icon Sport – Nicolo BARELLA – Arturo VIDAL – Ousmane DEMBELE – Camp Nou – Barcelone (Espagne)

Si la gestion du coach en première période pose question, c’est parce que l’animation offensive et collective du côté catalan restent toujours inexistantes. Sans ailier de métier pour provoquer sur la largeur, l’Inter a pu se complaire à l’intérieur du jeu. Des mauvais calculs, jusqu’à la seconde période où Valverde a subitement décidé de rabattre les cartes.

Vidal pour sauver Valverde

C’est au milieu de terrain que le coach du Barça a trouvé les solutions. Bien que sauvé une nouvelle fois par les individualités, les changements opérés par le coach à l’entame de la seconde période ont été salvateurs. Avec l’entrée d’Arturo Vidal, l’équipe culé passant ainsi à un 4-2-3-1 dans lequel De Jong et Arthur ont joué ensemble dans un double pivot a posé la première pierre de sa révolution. Profitant de l’épuisement physique et mental de son rival, le faisant basculer d’un côté à l’autre et mettant fin à toute transition, le Barça grâce au positionnement de Vidal et au repositionnement de De Jong face au jeu s’est finalement réapproprié cette rencontre. Apparaissant derrière son pivot, le Chilien a ouvert la voie à Messi à droite, élargissant et divisant ainsi les efforts de l’Inter. Un scénario qui, radicalement opposé à la première période, a donné à Luis Suarez assez de temps, d’espace et de chances de peser.

Grâce à des efforts de tous les instants, c’est sans nul doute la plus importante victoire du Barça dans un groupe dans lequel il y aura une bataille jusqu’au dernier jour.

Soledad Arque-Vazquez

@solearquev

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