Granada 2-0 Barça : Quand les vieux démons resurgissent

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Partido de la LaLiga Santander entre el Granada y el Barcelona. En la imagen, los jugadores del Barça decepcionados. Photo by Icon Sport - Frenkie DE JONG - Marc Andre TER STEGEN - Estadio Nuevo Los Carmenes - Grenade (Espagne)

Encore une fois auteur d’une performance indigeste à l’extérieur le Barça ne parvient pas à prendre son rythme de croisière dans ce championnat. Entre faiblesse collective et faillites individuelles les Catalans n’ont jamais été en mesure de mettre en danger Granada sur la durée, permettant au promu de gérer son avantage au score acquis très rapidement. Une situation qui pose de plus en plus question sur l’entraîneur Ernesto Valverde, principale cible des critiques, mais aussi sur les joueurs. 

Au coup d’envoi, le Barça compose avec une équipe remaniée. Enersto Valverde a notamment décidé de lancer Busquets et Messi sur le banc. Devant, c’est Carles Perez et Griezmann qui sont en soutien de Luis Suarez. Semedo et Junior sont sur les côtés, Rakitic et Sergi Roberto sont devant de Jong. De son côté, Granada aligne un onze connu, le 4-2-3-1 habituel est reconduit et c’est Azeez qui est la pointe la plus offensive du milieu. Rapidement cependant, les errements du Barça vont une nouvelle sauter aux yeux.

Barça – Pire défense de Liga 

Avec 9 buts encaissés depuis le début du championnat, le champion d’Espagne affiche la pire défense de Liga aux côté du Betis. Ce qui était la force des Catalans la saison dernière avec un duo Piqué – Lenglet intraitable semble s’être lentement mais surement envolée depuis mai dernier et la lourde défaite contre Liverpool. Pourtant individuellement le niveau n’a que très peu changé dans ce secteur à la différence d’un Semedo qui semble en dedans en cette rentrée. Mais que s’est-il passé ?

Facilement et presque naïvement on pourrait dire que les adversaires du Barça ont tout simplement plus de réalisme. Après tout bon nombre de match la saison dernière ont offert le visage d’un Barça sans maîtrise du ballon, ne gérant pas au mieux la possession défensive, mais sauvé par des prestations individuelles stratosphériques. Ce qui est certain, c’est que les Catalans n’impressionnent plus grand monde, surtout à l’extérieur. Les partenaires de Messi n’ont plus l’avantage psychologique au coup d’envoi et cela s’est encore vu lors de cette journée.

Mais le niveau des adversaire bien qu’étant un critère important n’explique pas tout. Hier soir le premier but encaissé par le Barça résulte en partie d’une erreur individuelle, celle de Junior Firpo. Mais lancé dans le bain après la blessure de Jordi Alba, le jeune joueur qui n’avait joué que 9 petites minutes jusque là ne peut pas être le coupable principal. Sorti par Ernesto Valverde à la mi-temps la confiance que le joueur n’avait pas au début de la rencontre, il est fort probable qu’il ne l’est pas retrouvée ensuite.

Ernesto Valverde – Responsable numéro 1?

Cette gestion à la limite de la sanction punitive pour beaucoup de jeunes (Carles Alenã peut en témoigner) n’est que la preuve de l’impuissance de Valverde. Demander a des jeunes joueurs d’exister dans un collectif inexistant qui donne déjà du fil à retordre à des joueurs expérimentés, qui font parties des meilleurs du monde, est une hérésie. Si le Barça du Camp Nou a parfois séduit en ce début de saison par un nouveau milieu et la fraîcheur apportée par les canteranos Ansu Fati et Carles Perez, le collectif lui ne semble encore une fois tenir que par la grâce d’un Arthur et d’un De Jong dont la complicité footballistique éclaire le jeu blaugrana. Une chance offerte par le coach qui a bien vu le potentiel dont il disposait.

Photo by Icon Sport – Ernesto VALVERDE

Mais la question principale reste : quel est le plan ? Si encaisser un but aussi rapidement peut changer un plan de jeu, il y a des faits de jeu récurrents dans ce Barça qui posent questions et problèmes dans l’entêtement de Valverde : le duo Semedo – Sergi Roberto sur le côté droit qui n’a jamais montré de complicité, le manque de triangulation à l’approche de la surface, le rôle donné aux ailiers ou en tout cas aux joueurs censés écarter le jeu. L’attentisme de l’équipe en première période, le manque de rapidité d’exécution et le placement plus que douteux de Sergi Roberto et Rakitic au moment de relancer l’équipe sous la forte intensité des joueurs de Granada, n’a fait que renvoyer les supporteurs aux bons souvenirs des matchs de le saison dernière.

Granada – Plan parfait 

Marquer un but rapidement au Barça peut être le commencement d’un long chemin de croix au Camp Nou, mais le faire à domicile lorsqu’on est une équipe cohérente peut vous offrir une victoire de prestige. Sur la pelouse de Los Carmenes, l’équipe qui a semblé la plus au point est celle qui a remporté les 3 points. Avec un Barça dont le rythme de sénateur en première période n’a jamais inquiété les locaux, les joueurs de Diego Martinez ont parfaitement coulissé et maîtrisé le jeu sans ballon pour empêcher les Catalans de trouver les passes faciles pour ses attaquants, une jeu d’enfant avec si peu de rapidité en face. Avec un Angel Montoro impérial au milieu et une défense parfaitement en place le promu a fait un match plein.

Si les entrées de Léo Messi et Ansu Fati ont un tout petit peu changé la dynamique, le peu de projection des latéraux et le manque d’appropriation de ce système et de son placement par Griezmann n’ont pas permis aux Catalans de se montrer dangereux. Un problème de plus à régler pour Valverde. Mis sous l’éteignoir le Français ne brille pas, même si son intelligence de jeu et de déplacement reste un atout. Dans cette optique couplée à celle de la faiblesse de plus en plus marquée des latéraux offensivement et le manque de jeu efficace sur les ailes, Ernesto Valverde va devoir faire des choix et rapidement si on croit la presse catalane. Jusque la soutenu, le vent semble avoir tourné dans les coulisses du Barça. Une situation inédite pour le coach jusque là porté aux nues par ses cadres et sa direction.

Tracy RODRIGO 

@tracy_rdg 

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