Liga / Tactique / Villarreal 2 – 2 Real Madrid : Domination stérile et défense fébrile des Madrilènes.

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Bale Villarreal
Photo : David Ramos/Getty Images

Le Real Madrid rentre de l’Estadio de la Cerámica avec le point du nul (2-2). Dominateurs stériles les hommes de Zidane peuvent nourrir des regrets. Toujours la même rengaine. La défense madrilène montre de gros problèmes de concentration et de sérieux. Une souffrance défensive qui s’accompagne d’un manque de réalisme en attaque. Analyse d’une rencontre représentative des lacunes merengues.

Victime de nombreuses blessures, dont celles d’Hazard, James et Isco, le Real s’est déplacé à l’Estadio de la Cerámica avec un milieu de terrain amenuisé. L’occasion pour Zidane de remanier son équipe pour affronter Villarreal. Disposé en 4-4-2, le Real entame la rencontre avec en attaque un duo attendu et espéré : Benzema-Jovic. Derrière, Bale et Lucas viennent accompagner la doublette franco-serbe sur les ailes. Sur le papier et dans les faits ce choix tactique était judicieux. Nous sommes même passé à deux doigts de l’excellence. Mais c’était sans compter sur la défense (encore) catastrophique et l’éternel manque d’efficacité devant les buts. L’excellence s’est alors transformée en médiocrité, qui vient gâcher les efforts collectifs réalisés pendant la rencontre.

Du beau jeu collectif

Après le nul décevant au Bernabéu face à Valladolid, les Madrilènes devaient se montrer sous un meilleur jour à Villarreal. Pour se faire, Zidane opte pour la mise en place d’un 4-4-2. Laissant sur la touche ses titulaires emblématiques Modric et Marcelo, au profit des recrues estivales Mendy et Jovic. Pour apporter l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement de son schéma, Zidane choisit d’aligner sur les ailes Bale à gauche et Lucas Vázquez à droite.

Si le jeu madrilène se porte souvent sur la gauche, la dynamique s’est équilibrée hier avec 37% d’utilisation du côté droit et 35% pour le gauche. Une statistique expliquée par le bon état de forme de Carvajal, présent en défense -malgré quelques erreurs- et très actif lors des phases offensives. Si l’Espagnol a offert une bonne prestation, côté gauche la nouvelle doublure de Marcelo, Ferland Mendy, a lui aussi brillé. En confrontation directe avec l’excellent Chukwueze, le latéral Français a parfaitement tenu son rôle et relevé le défi avec brio. Solide défensivement, incisif en attaque, Mendy s’est adapté sans problème pour sa première titularisation, et a beaucoup apporté au côté gauche avec Bale.

Un Casemiro exceptionnel

En 4-4-2 et avec des latéraux en forme, le Real a occupé les largeurs et apporté de la pression sur les flancs. Ce système a permis à Casemiro d’évoluer plus librement dans l’axe. Auteur d’une masterclass, le Brésilien a brillé sur tous les plans et affiché son meilleur niveau. Véritable meneur de jeu hier, il a accompagné toutes les actions, joué proche de Benzema et été créateur de danger. Une nouvelle fois les Merengue étaient maîtres du jeu avec 67% de possession dès la 17e (56% sur l’ensemble du match). Une domination du cuir qui masque les lacunes madrilènes à évoluer sans lui. Mais les difficultés récurrentes à envoyer le ballon au fond des fillets rendent alors totalement stérile cette possession.

Mais une défense à la rue… 

Remaniée, l’équipe débute la rencontre en bombe et s’illustre dès la 5ème minute. Casemiro sert Bale qui offre un centre magnifique vers Benzema. La bonne entame de match du Real est rapidement gâchée par une perte de balle de Ramos qui offre l’ouverture du score à Villarreal (12e par Gerard Moreno). Véritable tendon d’Achille de l’équipe, la défense vient une nouvelle fois balayer la dynamique créée. Dominé, mais plus dangereux en première période, Villarreal a proposé de belles phases offensives et des attaques placées organisées. Flamboyant, Gerard Moreno a été le bourreau de la défense madrilène, provoquant le danger à quasiment chaque ballon.

Villarreal real madrid
Photo : JAVIER GANDUL/ AS

Le manque de concentration, d’implication et d’agressivité de Ramos et Varane desservent encore et toujours le Real. Une situation qui perdure depuis de longues semaines et semble s’empirer. Face à Villarreal, la charnière madrilène a pris l’eau à la moindre contre-attaque du sous-marin jaune. Sur les côtés, Mendy et Carvajal ont empêché le navire de totalement couler face à Toko-Ekambi et Chukwueze. Dans les cages, Courtois n’a rien pu faire sur les deux buts. Lâché par ses défenseurs, le Belge compte aujourd’hui la plus mauvaise stat’ de sa carrière en enchaînant 11 matches de championnat sans clean-shit (15 buts).

tableau stat Real
Statistiques défensives du Real par AS.COM

… et des attaques infructueuses

En attaque, si Benzema et Jovic ont échangé peu de ballons, le duo a pour autant assez bien fonctionné. Les deux avant-centres ont mis en place une dynamique intéressante, couvrant les espaces laissés par l’autre, sans jamais se gêner, ni se marcher dessus. Le Serbe s’est illustré par une talonnade exceptionnelle sur le premier but de Bale. Sa sortie à la 68e et le passage en 4-3-3 ont totalement perturbé l’équilibre de l’équipe, pourtant en phase de domination.

Très important au cours du match, l’esprit d’équipe et le collectif ont été une véritable force pour le Real sur les phases offensives. Pourtant, hier le point noir était encore une fois le manque d’efficacité. Les madrilènes se sont créé 17 occasions de but, dont 13 dans le jeu, ont centré 27 fois, pour seulement inscrire deux buts. Un bilan insatisfaisant, avec un refrain qui revient inlassablement : Le Real n’arrive pas à marquer. Depuis le début de la saison, le Real a tiré 51 fois au but pour en inscrire que six. Ironiquement, Gareth Bale est celui qui vient sauver Madrid de la défaite. Annoncé sur le départ cet été, le Gallois affiche son meilleur niveau depuis la reprise de La Liga. Une belle revanche, qui devrait inspirer et faire réfléchir certains de ses coéquipiers.

A Madrid, les matches se suivent et se ressemblent. Les mêmes problèmes sont montrés du doigt et refont toujours surface. De quoi donner du fil à retordre à Zidane, déjà très critiqué après seulement 3 matches. Tout n’est pas à jeter, mais le Français a du travail durant la trêve internationale !

Chloé Girardin

@ChloeWest_

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