Cucurella, révolution et bénédiction pour Getafe

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Crédits : marca.com

Dans une formation madrilène réputée pour sa rigueur et son sens du sacrifice, les qualités individuelles de Marc Cucurella (21 ans) dénotent. L’ex-latéral du FC Barcelone s’est fondu avec aisance dans ce collectif travailleur, signant une passe décisive face à l’Athletic lors de la précédente journée, tout en offrant un nouvel équilibre offensif aux siens.

Au moment d’aborder le début de saison de Marc Cucurella, nos collègues de Marca n’y sont pas allés par quatre chemin en parlant de « revolución« . Si le football de José Bordalás repose sur des valeurs collectives réunissant des éléments travailleurs et généreux, le profil et les coups de butoirs de Marc Cucurella sont de nature à faire évoluer Getafe et donner un côté plus talentueux, imprévisible et varié à son secteur offensif.

Avant d’aborder le présent, revoyons le passé : outre sa solidité défensive bien connue, la réussite de Getafe passe par la force de ses attaquants. Jaime Mata (14 buts), Jorge Molina (14 buts) et Angel (8 buts) ont fait tout le boulot. D’autres chiffres sont encore plus éloquent sur la fabrication du jeu du Geta puisque les meilleurs passeurs sont aussi les buteurs, avec Molina (5 passes) et Mata (6 passes) en tête. Si Damian et Antunes se sont illustrés avec 3 passes chacun, on ne trouve que le seul Portillo (4) et A. N’Diaye (2) comme éléments offensifs ayant délivré des dernières passes. Oubliez  Arambarri (2), Olivera (1) et Maksimovic (0) dont ce n’est pas le rôle de faire briller les hommes de devant et, en ce sens, Gaku a manqué.

Les 49 ballons de Cucurella face à l’ATH.

Avec Cucurella, le club hérite d’un joueur aussi enjoué par l’idée du pressing que par celles de donner des ballons à ses partenaires, d’arpenter le couloir ou de squatter l’intérieur (et même de finir en soutien de la pointe). Pour sa première saison complète l’an passé, sous les couleurs d’Eibar, Cucurella a fait parler sa fougue, ses courses, son volume, son jeu direct, sa faculté à multiplier les centres (le Real Madrid s’en souvient). Face à Bilbao le week-end passé, c’est dans cet exercice qu’il a servi Mata, et on a pu voir qu’il était capable de démarrer des actions depuis son camp ou balle au pied dans les trente derniers mètres adverses. Cela paraît anodin mais c’est un profil que n’avait pas Getafe jusque là. Les premières salves de statistiques confirment le rôle que prend Cucurella, surtout face à une formation d’un niveau similaire telle que l’Athletic : le jeu a penché à gauche (40%), il est le joueur ayant le plus taclé et ayant touché le plus de ballon (49), à l’exception des défenseurs ! Et, à l’inverse de la recrue atypique Enric Gallego (45 ballons), il a affiché une importante efficacité dans l’utilisation du cuir comme l’atteste sa passe décisive.

L’effet domino : Fajr dans l’axe ?

C’est par ce type de transfert qu’une équipe peut avancer sans chambouler totalement son ADN. Après avoir longuement flirté avec la Ligue des Champions, Getafe retrouvera la Ligue Europa. Pour s’y préparer, le club azulón a choisi la continuité en signant des garçons d’un niveau/standing identique à ses titulaires, ou presque. Un moyen de mettre le collectif en avant, de ne pas survivre sur une ou deux individualités.  Le retour de Fajr et la signature d’éléments modestes tels que Raúl García (latéral gauche) le prouve. Ainsi, avec Cucurella sur son flanc gauche, Getafe replace Fajr aux côtés d’Arambarri.

Le duo n’a pas très bien fonctionné face à l’Atlético de Madrid (à 10 contre 11), mais il dénote d’une envie de tenir davantage le cuir. La blessure de Maksimovic et le retour de Bergara peuvent amener le Marocain à tenter l’expérience plus longtemps, d’autant qu’il ne semble plus avoir les jambes pour travailler autant dans son couloir. Il fut en effet fautif sur le but de Raúl Garcia (le Basque cette fois). Il faudra encore faire des progrès, puis-qu’après deux rencontres la possession des hommes du Coliseum est seulement de 46%. Ne nous trompons pas de débat pour autant : l’arrivée de Cucurella ne doit pas transformer Getafe en enfant de l’Ajax mais donner à son équipe une alternative à son courageux football. Il en faudra car la saison sera plus longue que la précédente.

Cara Hierra

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