Liga / Tactique / Real Madrid 1 – 1 Valladolid : les Madrilènes renouent avec le vide

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Crédit: Footify.fr

Le Real a été accroché par Valladolid au terme d’un match rappelant les moments les plus insipides du premier mandat de Zidane. Analyse des causes de la prestation merengue. 

Dans le football, on aime bien la notion de « nouveau départ ». Ainsi, le retour de Zidane devait en constituer un. La pré-saison ratée, c’était le match contre le Celta qui constituait lui aussi un nouveau départ. Nouveau départ pour Bale aussi, puis James, hier. Toujours est-il que malgré cette rhétorique optimiste, c’est de continuité dont a été frappé le Real hier.

À bâbord toute

Le onze aligné par Zidane laissait présager d’une différence fondamentale par rapport au déplacement à Balaídos. Avec James et Isco alignés, le Real ne se contenterait pas d’attendre l’adversaire en bloc médian comme contre le Celta ; cette fois, il aurait le contrôle. Impensable en jouant à domicile de procéder autrement. Isco commençait en tant qu’ailier gauche, mais après trois minutes, le schéma rigide du tableau noir volait en éclat, permettant à l’Espagnol de se mouvoir avec la liberté dont il est friand. Là commencerait à se mettre en place une dynamique asymétrique qui handicaperait le Real.

On le sait, le côté gauche madrilène est celui qui génère le plus de jeu depuis des années. Dès la sortie de balle prise en charge par Ramos, le jeu s’oriente plus volontiers de ce coté. Hier encore, Marcelo, Kroos et Isco ont joint leur football, permettant à l’équipe de progresser et de s’installer en camp adverse. Les mouvements intérieurs d’Isco apportaient une variété par rapport à ceux de Kroos et Marcelo. Des triangles pouvaient éventuellement se former. Lorsque les trois compères décidaient de combiner, l’équipe de Chamartín parvenait quelques fois à accélérer le jeu aux abords de la surface de Masip. Le manque de profondeur était parfois compensé par Benzema et ses habituels appels intérieur-extérieur.

L’activité du Français représentait néanmoins un problème. S’il ne se démarquait pas, l’équipe peinait à avancer. Présent à l’intérieur du jeu, rares étaient les fois où Isco passait dans le dos de Marcelo. Mais si Benzema se démarquait, bien que l’équipe progresse dans les derniers mètres, il y avait un joueur en moins dans la surface à l’heure de recevoir le ballon. Ce dilemme vieux de un an reste d’actualité aujourd’hui.

Snobisme de droite

Alors que les attaques étaient élaborées sur la gauche, le côté droit procédait d’une toute autre manière. Expéditifs, les joueurs peuplant cette zone ne gardaient que très peu de temps le ballon dans les pieds. Habituellement, la présence de Modric permet d’avoir un point d’appui à l’intérieur du jeu pour Bale et Carvajal. Le Croate absent, c’est à James qu’incombait cette tâche d’intermédiaire. Malheureusement pour lui, le Colombien a été systématiquement sauté dans la construction. Soit Bale prenait les choses en main et s’en allait défier ses adversaires, soit Carvajal se transformait en machine à centres caricaturale. Avec le temps, le latéral espagnol s’est même mis à recevoir le ballon dans la zone de James.

Souffrant du manque de continuité dans les actions élaborées à proximité de sa zone et étant systématiquement snobé par ses coéquipiers (il a été le Madrilène avec le moins de ballons touchés durant les minutes qu’il a disputées), James a vécu un match gris. Le Real aussi, lui qui a tardé 36 minutes à produire un tir dangereux dans le jeu. La partie ressemblait furieusement à celles que l’on a vu à répétition du côté du Bernabéu ces dernières années. Tant que le Real ne pourra pas compter sur un joueur qui déborde ainsi que des milieux soit qui s’associent, soit qui apportent de la profondeur sans ballon – ou alors une menace constante près de la surface comme James peut le faire, à condition que le jeu à droite se développe un peu -, le scénario risque de se répéter. À l’exception de City et Liverpool, toutes les grandes équipes d’Europe forcées à joueur en camp adverse font face aux même problèmes.

Seul bon point de cette possession stérile en camp adverse, le Real ne souffrait pas en défense. Cela contrastait avec la pré-saison, où l’équipe subissait des contres systématiques malgré la maîtrise du ballon. Du côté de Valladolid, il y avait peu à dire. L’équipe de Sergio González subissait sans souffrir et attendait sa chance en contre. L’association Unal-Guardiola était parfaite pour l’occasion. Le joueur turc cherchait d’ailleurs à exploiter l’espace dans le dos de Carvajal, avec un succès des plus réduits.

Crédits : elespañol.com

Isco n’est pas toujours bon, mais…

Lorsque Zidane opérait des changements en seconde période, le Real changeait de visage. Car il est un homme dont la mise au banc transforme le statut de l’équipe : Isco. Indépendamment de son rendement (il n’a pas fait un grand match hier par exemple), la seule présence de l’Andalou permet au Real de comporter un minimum vital de cohérence. Son activité entre les lignes rend possible le tranquille tissage d’une toile sur attaque placée. Actuellement, il est « l’homme-système » du Real, celui permet de joindre les parties du tout. Ainsi, l’équipe merengue évite une déstructuration synonyme de grosses gouttes de sueur lors de chaque perte de balle.

Isco remplacé par Jovic, l’équipe de la capitale ne contrôlait plus les débats avec certitude. Vinicius, capable de perdre le ballon en le faisant rebondir sur son pied d’appui lors d’un crochet, ou encore de rater une passe plein axe dans son propre camp 30 secondes après l’épisode du crochet exemplifiait bien cela. Esseulé au milieu, Kroos ne pouvait plus exercer sa mainmise sur le match. Le Real finissait par concéder l’égalisation, sans trop savoir comment il en était arrivé là.

On dirait bien qu’il va y avoir besoin d’un nouveau départ et que celui-ci devra rimer en « ar ». Hazard ? Neymar ?

Elias Baillif (Elias_B09)

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