Liga / Dani Rodríguez, un chemin tortueux pour enfin découvrir la Liga à Majorque

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Crédits: ultimahora.es

Il y a 8 ans, Dani Rodríguez jouait en Tercera (D4 espagnole) ; aujourd’hui, il est un des éléments les plus importants du RCD Mallorca de Vicente Moreno. Le milieu de terrain galicien a su grimper les échelons du football espagnol à force de travail et persévérance.

À l’image de celle d’Enric Gallego, la trajectoire de Dani Rodríguez est spectaculaire et nous rappelle que rien n’est écrit dans le football. D’un côté les circonstances sont importantes : être dans le bon club au bon moment, tomber sur un entraîneur exceptionnel ou avoir les bons contacts sont des éléments décisifs dans une carrière. De l’autre côté, les facteurs travail et persévérance ont un poids énorme. Le talent ne suffit pas, de nombreux joueurs extrêmement talentueux ont disparu du paysage footballistique alors qu’on leur prédisait le meilleur. À l’inverse, des joueurs qu’on ne voyait pas pouvoir s’imposer dans l’élite y sont parvenus. C’est le cas de Dani Rodríguez qui arrive à 31 ans dans la plus haute catégorie du football espagnol après une carrière dans des divisions qui parfois frôlaient l’amateurisme.

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De la Tercera División à la Liga

Formé au Deportivo de La Coruña, le jeune Dani ne réussit pas à s’imposer dans la première équipe. Après un prêt au Betanzos C.F, en Tercera (D4), il quitte la Galice en 2011 pour rejoindre l’Unión Balompié Conquense dans la même catégorie. Après une saison seulement, le milieu offensif retourne dans sa région pour jouer sous le maillot du Racing Ferrol. Il y passe trois ans et devient un des cadres de l’équipe. C’est donc sans surprise qu’il est recruté par un autre Racing, celui de Santander. Dani Rodríguez entre dans une autre dimension. Certes, le club de Cantabrie n’est plus celui qu’il a pu être et évolue en Segunda B (D3) mais il est un des historiques du football espagnol avec une masse sociale surdimensionnée pour cette catégorie. Dani Rodríguez affirme que c’est à Santander qu’il a grandi comme professionnel. Jouer dans un club comme le Racing oblige à se responsabiliser et faire honneur à l’écusson.

Après une saison au Racing, il rejoint l’Albacete Balompié, pensionnaire de Segunda B. Sa première saison se conclut par une montée et c’est avec le club manchego qu’il découvre enfin la Segunda. Une des forces de ce joueur est qu’il s’est adapté très vite aux nouveaux contextes et s’est montré compétitif rapidement. Mais l’aventure se termine à la fin de la saison 2017-2018 malgré du temps de jeu et une saison plutôt réussie à titre personnel. Il est le premier achat du RCD Mallorca de Vicente Moreno, promu en Segunda. Le départ du Galicien génère une frustration et un sentiment de trahison chez de nombreux supporters manchegos qui n’oublieront pas de le lui rappeler lors de son retour au stade Carlos Belmonte. Dani répondra à la fin de la saison en célébrant la promotion aux dépens… d’Albacete.

Dani Rodriguez avec l’Albacete. Crédits: ultimahora.es

Un joueur complet et polyvalent

Actuellement utilisé dans une position excentrée par Vicente Moreno, Dani Rodríguez a évolué un peu partout au milieu de terrain tout au long de sa carrière. Que ce soit en tant que milieu défensif ou en ailier, en passant par le poste de milieu offensif, le Galicien est un joueur qui a toujours bien réalisé les tâches qu’exigeait le poste qu’on lui attribuait. Mais où est-il le plus à l’aise ? Le principal intéressé y répond.

« Je suis plus offensif, mais je n’évite pas le travail défensif. S’il faut défendre je défends parce que tout le monde doit défendre, mais c’est vrai que j’ai une attitude plutôt offensive ».

Il s’est par ailleurs défini par le poste de « 8 » et a ajouté : « J’aime aider dans les deux surfaces, que soit en attaque ou en défense. Avec la balle, j’essaye de ne pas la perdre et d’être vertical ».

Crédits: la Voz de Galicia

À Majorque, le statut de Dani Rodríguez n’a fait qu’augmenter depuis son arrivée. En début de saison ,il faisait partie des joueurs souvent remplacés à l’heure de jeu. Petit à petit, Vicente Moreno en a fait une des pièces fondamentales de son système. Un joueur comme Rodríguez offre à l’entraîneur l’assurance d’avoir un travailleur infatigable et un leader sur le terrain. Ses passages sur à peu près tous les postes du milieu l’ont rendu très complet, capable d’organiser une attaque tout comme de se projeter rapidement. Il est moins enfermé dans un style que son coéquipier Lago Junior qui occupe l’autre aile de l’attaque majorquine. Le Galicien est placé à droite mais il entre volontiers dans des zones plus axiales. De manière générale, il lit bien le jeu et interprète parfaitement les espaces à attaquer. A cela s’ajoute une puissance et une vitesse qui lui permettent de rendre effectif son sens du jeu.

Dani Rodríguez a encore beaucoup de football à offrir et le stade de Son Moix va se régaler une saison de plus avec le milieu galicien. Sa constance, son leadership naturel et l’intensité avec laquelle il vit les matchs ne peuvent que tirer le RCD Mallorca vers le haut. À 31 ans, il affronte cette nouvelle étape avec l’envie d’un jeune qui réalise son rêve. Pour le premier match de la saison contre Eibar, Rodríguez s’est déjà montré décisif en marquant le premier but de Majorque, celui qui inaugure son grand retour au sein de l’élite. Sans aucun doute, il sera essentiel pour l’objectif du maintien en Liga.

Pablo Sánchez
@pablosanch19

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