Alléluia ! Le Real Madrid a enfin une équipe féminine !

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C’est arrivé au moment où l’on s’y attendait le moins : le Real Madrid se dotera d’une section féminine à partir de 2020. Pour 500.000€, le club merengue a racheté le CD Tacón, promu en Liga Iberdrola. Une pratique commune en Espagne. A présent, la Casa Blanca a une saison pour bâtir un modèle économique viable, sur le modèle du FC Barcelone.

Sont-ce les résultats de la Roja pendant le Mondial et les cartons d’audience ? Sont-ce des pressions de LaLiga ou de la Fédération ? Ou est-ce tout simplement l’air du temps ? Quoi qu’il en soit, le Real Madrid arrive dans le football féminin. A partir de 2020, la Casa Blanca prendra la place du CD Tacón, nouvel arrivant en Liga Iberdrola. Dans le communiqué officiel, le Real Madrid précise que le club exclusivement féminin utilisera dès la saison 2019-2020 des installations de Valdebebas.

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Racheter un club féminin, une pratique commune

L’entrée en scène du Real Madrid a suscité de la joie parmi tous les acteurs du football féminin espagnol mais il y a eu une critique récurrente : les Merengues ont acheté leur place en Liga Iberdrola. Pourtant, la pratique est commune en Espagne. L’Atlético, l’Athletic, le Barça, Valencia, Levante, le Betis, Séville, Málaga : tous ces clubs ont absorbé une entité distincte. Dans la mesure où le Tacón y trouve également son compte, pourquoi s’en plaindre ? Le Real Madrid bénéficie de l’expertise de ce club 100% féminin présidée par Ana Rosell, une des personnalités les plus influentes du football espagnol selon un récent sondage. L’objectif numéro 1 sera donc de se maintenir pour lancer cette nouvelle ère.

En quête d’un modèle économique viable

L’arrivée du Real Madrid répond à une véritable attente des joueuses. Peu importe le club, peu importe les rivalités, la présence merengue était réclamée pour donner un coup de boost au football féminin espagnol. Il suffit de voir la une de Marca et les articles qui ont suivi cette annonce pour constater l’engouement.

Florentino Pérez fait rarement les choses juste pour beurrer les bocadillos. S’il implique la Casa Blanca dans le football féminin c’est pour le dominer à l’échelle mondiale. Ce qui signifie du sonnant et du trébuchant : un retour sur investissement et des trophées. A l’heure actuelle, le modèle à suivre est celui du FC Barcelone qui, grâce à un contrat avec Stanley, dispose d’un budget situé entre 3 et 3.5M€ et elle est la seule section blaugrana à ne pas avoir de dettes.

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Pour la saison 2020-2021, le budget devrait être fixé aux alentours de 2M€, soit 0.5% du budget total du club. Adidas a des projets avec la section nouvellement formée. Le Real Madrid bénéficie de l’expertise du CD Tacón en matière de formation des joueuses et du maillage créé depuis la naissance du club en 2014. Bâtir une Fábrica pour le football féminin serait une nouvelle formidable pour la pratique en Espagne et accélérerait aussi les efforts fournis par les autres clubs de Liga Iberdrola.

Galactiques au féminin ?

Qui dit Real Madrid dit stars. Si le CD Tacón assurera une étiquette madrilène au club, il est d’ores et déjà établi que Florentino Pérez veut des noms. Verónica Boquete a fait le tour des media et on peut déjà parier que l’ancienne capitaine de la Roja sera, soit dès cette saison (le championnat US se termine en octobre), soit en 2020, une Merengue avec le numéro 21 dans le dos et le brassard. La 1re d’une longue liste ? En termes de salaire, les gros clubs de Liga Iberdrola sont encore très loin de ce que peut proposer l’Olympique Lyonnais. La joueuse la mieux payée du championnat est la Néerlandaise Lieke Martens qui évolue au Barça et émarge à 100.000€ par an. Rien à voir avec les 400.000€ de Dzsenifer Marozsan et les 350.000€ de Wendie Renard à l’OL.

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L’arrivée du Real Madrid en Liga Iberdrola constitue donc un point d’inflexion pour le football féminin espagnol. L’exposition s’en trouvera renforcée, LaLiga développera les coups marketing et sur le plan sportif, la concurrence augmentera en s’accompagnant potentiellement de signatures d’envergure. Il manquait cette présence merengue pour entrer dans une nouvelle dimension. Il a fallu attendre très longtemps mais nous y sommes enfin. En clubs comme en sélection, l’Espagne entre avec fracas dans le grand monde.

François Miguel Boudet
@fmboudet

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