Real Madrid – Décevant en club, brillant avec la Colombie, quel avenir pour James Rodriguez ?

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Le Colombien, révélation de la Coupe du Monde 2014, est de retour au Real Madrid suite à un prêt au Bayern Munich et voit son avenir devenir flou. Pourtant très talentueux, James Rodriguez ne semble pas trouver de club pour s’épanouir. Loin d’être isolée, sa situation amène à s’interroger sur la place des numéros 10 dans le football actuel.

Quand le monde du football découvre James Rodriguez c’est lors de la Coupe du Monde 2014. Auparavant il est passé par Porto et vient de faire une bonne première saison de Ligue 1 avec Monaco en inscrivant neuf buts et en délivrant 12 passes décisives. On voit alors en lui un milieu offensif très prometteur. C’est lors du Mondial 2014 qu’il va crever l’écran. Leader offensif de la Colombie, ses matchs sont des exhibitions qu’il ponctue de golazos comme celui face à l’Uruguay qui est resté dans toutes les mémoires. Il finit meilleur buteur de la compétition et porte sa sélection jusqu’en quarts de finale ou celle-ci s’inclinera face au Brésil.

A 23 ans, James vient de se révéler et semble être prêt a devenir l’un des tout meilleurs joueurs du monde. Cet été-là, il signe au Real Madrid pour 80 M€ sur un caprice de Florentino Perez qui est sous le charme du Colombien. Mais tout ne va pas se passer comme prévu et aujourd’hui James à beaucoup déçu est à un point crucial de sa carrière. À 27 ans, cette Copa America est une bonne occasion pour lui de se montrer pour prouver que ce Mondial 2014 n’aura pas été qu’un feu de paille.

Une première saison de feu et puis la chute

Malgré le fait qu’il ne joue pas à son poste de prédilection, les 6 premiers mois de James Rodriguez au Real sous les ordres d’Ancelotti sont époustouflants. Puis en février 2015 il se blesse et le début de son cauchemar à Madrid peut commencer. Il finit tout de même la saison avec 17 buts et 18 passes décisives et dans le onze de l’année de Liga. Ancelotti est remercié et c’est Rafa Benitez qui devient le coach du Real à l’été 2015. James qui se remet de sa blessure de février préfère profiter de ses vacances au lieu de revenir s’entraîner plut tôt avec l’équipe. Si le joueur est dans son droit, Benitez apprécie moyennement l’attitude du Colombien. Cette friction entre les deux hommes est le point de départ de 6 mois de calvaire pour le milieu offensif. A l’inverse d’Ancelotti, le coach espagnol estime qu’il ne peut pas jouer avec Kroos, Modric et James dans son onze titulaire car cela déséquilibre trop l’équipe. Il préfère aligner Casemiro pour contrebalancer le manque de travail défensif de la BBC.

Forcément cette décision enlève du temps de jeu à James Rodriguez qui lorsqu’il rentre ne brille pas. La relation entre les deux hommes se détériorent à chaque fois et ils s’envoient des messages par presse interposée. Le Colombien accuse Benitez de ne pas lui laisser sa chance pour montrer ce qu’il vaut et le coach espagnol lui reproche de ne pas s’entraîner assez dur, de ne pas faire les efforts pour mériter sa place et d’avoir une hygiène de vie impropre d’un footballeur professionnel. Le conflit est total entre les deux hommes et la relation inexistante. L’ancien de Liverpool est limogé en janvier 2016 et Zinédine Zidane reprend l’équipe.

L’éclaircie Zinédine Zidane un trompe l’oeil

Pour James l’arrivée du Français est un rayon de soleil. En conférence de presse ZZ va louer le talent du Colombien et expliquer qu’il va compter pour lui. Pourtant il ne va pas faire de James un titulaire indiscutable. Pire, il va même lui préférer Isco dans la rotation, son concurrent direct, qui montre une meilleure attitude. Rodriguez semble ailleurs et ne se montre pas aussi impliqué que ses coéquipiers. De plus, le système en 433 de Zidane le met face à une concurrence d’une difficulté extraordinaire. Les postes offensifs sont intouchables et au milieu il doit lutter avec Kroos, Modric et Casemiro. C’est trop pour lui, qui dans le même temps, est en instance de divorce.

La saison 2016 s’achève et James vient de perdre une saison de sa carrière à ne presque pas jouer. Pour la saison suivante Zidane lui dit qu’il compte sur lui mais qu’il ne lui garantit pas une place de titulaire. James accepte de rester et il fera partie de cette fameuse « Unidad B » qui sera si importante dans la conquête du titre de Liga. Le Colombien n’a pas les minutes qu’il souhaite et se retrouve même en tribune lors de la finale de la Ligue des Champions face à la Juventus. Pour lui la coupe est pleine. Au total il aura joué 33 matchs pour 11 buts et 13 passes décisives. Malgré des statistiques très intéressantes, avec cette nouvelle saison dans la peau d’un remplaçant, il ne souhaite pas rester au Real, si ce n’est pas pour être titulaire. Zidane lui annonce qu’il ne compte pas sur lui pour la saison prochaine et il voit son compte de fée au Real Madrid se terminer. Il est donc cédé pendant 2 ans au Bayern Munich où il retrouve quelques couleurs sans pour autant être le joueur qu’il a été. En 81 matchs joués il marque 17 buts et délivre 17 passes décisives avec les Bavarois. De retour au Real aujourd’hui, son avenir est vague. A 27 ans il est à un moment charnière de sa carrière. Va-t-il rester au Real ? Être a nouveau prêté ? Etre vendu ? Toutes les options semblent ouvertes. Mais pourquoi avec son talent James peine-t-il autant à s’imposer ?

Loin de son poste James Rodriguez déçoit

James à du talent et ça se voit sur ses prises de balles et sa vision de jeu. Mais le Real n’était pas le bon club pour lui car son poste n’existe pas chez les madrilènes. Sa situation rappelle aussi celle d’Isco. Tous deux sont des joueurs de grands talents mais jouent dans un club où leur poste de prédilection n’existe pas. C’est là le plus gros problème de James Rodriguez. Que ce soit au Bayern ou au Real il à quasiment toujours évolué en tant que relayeur ou sur un côté. Ses prestations n’étaient pas catastrophiques mais elles n’étaient pas à la hauteur de son talent. En jouant plus bas ou sur un côté James est bridé car non seulement il est gaucher, mais il doit fournir des efforts défensifs tout en animant l’attaque. Il n’y a guère qu’avec l’équipe nationale de Colombie qu’il a la chance d’évoluer à son poste naturel et ses prestations sont généralement bien meilleures que lorsqu’il évolue ailleurs sur le terrain.

Crédit: Footify.fr

Ces meneurs de jeu semblent aujourd’hui dépassés par le football moderne au point de passer pour anachroniques. En effet, depuis maintenant plusieurs années presque aucune grosse écurie ne joue avec un véritable numéro 10 derrière un attaquant. Aussi, lorsqu’on a un talent comme James que faire ? Argument supplémentaire selon certains, les plus grosse « déceptions » de ces dernières années sont des numéros 10 qui n’ont pas su s’adapter à l’évolution du football. Prenons en exemple les Isco, James Rodriguez, Thiago Alcantara, Mesut Özil ou encore Dybala. Ce sont tous des meneurs de jeu qui n’ont pas su prendre le virage du football moderne et de qui on attend beaucoup.

Les numéros 10 ont-ils vraiment disparu ?

S’il a longtemps été le poste de référence dans le football (on ne compte plus les 10 mythiques qui ont existé dans le football), au fil des ans on se rend compte qu’il est de moins en moins utilisé et qu’il disparaît petit à petit . Dans le football moderne, les entraîneurs privilégient des systèmes de jeu sans numéro 10 traditionnel. Peu importe le système, le numéro 10 a aujourd’hui cédé sa place aux ailiers et aux milieux relayeurs qui sont les nouveaux postes primordiaux. Il suffit d’observer qui sont les grand noms du football aujourd’hui : Ronaldo, Mbappe, Hazard, Salah, Mané,  etc. Mais on constate aussi qu’il y’a de moins en moins de joueurs qui correspondent à ce profil de jeu. En effet, le pressing intensif demandé aujourd’hui par les entraîneurs ne correspond plus au style du numéro 10 d’antan qui défendait très peu et dont la seule mission était d’organiser l’équipe lorsqu’elle attaquait. Dans le football moderne qui se veut beaucoup plus intense et rapide le n°10 n’est plus nécessaire.

Pour exister dans ce football plus vertical, rapide et intensif les numéros 10 ont dû évoluer et apprendre à jouer à d’autres postes. Le cas le plus célèbre est peut-être celui d’Andrea Pirlo. Numéro 10 de métier, le champion du monde italien a été repositionné devant la défense dans un rôle de Regista. Il est ainsi devenu une référence mondiale à ce poste. C’est également le cas de Pjanic qui joue devant le défense où de Modric qui est devenu relayeur au Real Madrid. Dans ces exemples, malgré leur position plus reculée sur le terrain, ces joueurs sont les véritables moteurs de leurs équipes. Certains numéros 10 sont également présents dans des positions plus offensives. Si l’on prend Messi, Neymar, David Silva ou encore Bernardo Silva, qui sont les meneurs de jeu de leurs équipes respectives, ils évoluent en tant qu’ailiers. Ainsi donc, ces numéros 10 ont dû s’adapter aux nouvelles exigences et aux nouveaux tendances du football moderne.

Pour James Rodriguez, cette Copa America est une sorte de dernière chance pour ne pas se perdre totalement. Selon les rumeurs , Naples ou encore Manchester United suivraient le milieu offensif mais ne seraient pas prêts à faire des folies pour lui. Au Colombien de prouver qu’il en vaut la peine. Arrivé à un moment charnière de sa carrière, James n’a plus qu’une solution : évoluer ou disparaître.

Miguel Hernandez

@Mig19Hernandez

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