Barça – Gerard Piqué : Blaugrana ascendant Red Devils

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crédits : themirroir

Personnage haut en couleur Gerard Piqué Bernabéu balaye d’un revers de main tous les préjugés sur les footballeurs. Son discours n’est jamais construit de poncifs, son opinion est clairement exprimée et rien ni personne ne l’empêche de défendre tant ses convictions personnelles que son club de cœur. Une aventure footballistique longue et parsemée de titres qui a connu une escale du côté de Manchester United, prochain adversaire du Barça en Ligue des Champions. Une parenthèse à l’image de la carrière du joueur : intense.

Tantôt footballeur, homme d’affaires pour son compte personnel ou son club, polémiste et défenseur en chef contre Péricos et Blancos les rivaux intimes du Barça, rien n’échappe au désormais tout jeune retraité de la Roja. Sa carrière aussi bien en club qu’en sélection reste jalonnée d’événements aussi bien joyeux que difficiles émotionnellement. Et par beaucoup d’aspects son pourtant court passage à Manchester United ne fait pas exception à la règle.

C’est à l’été 2004, à seulement 17 ans que Gerard Piqué décide de quitter sa Catalogne natale pour s’envoler vers l’Angleterre. 10 apparitions en 2 ans avec l’équipe première d’Alex Ferguson avant de filer en prêt à Saragosse. Un prêt d’un an en Aragon où le jeune Piqué fait l’expérience de l’enchaînement des matchs au haut niveau dans un championnat majeur avant de revenir sous les ordres de celui qu’il considérait à cette époque comme « son deuxième père ».

Manchester United – une escale formatrice

À l’heure où l’on parle énormément du traitement à adopter avec les jeunes du centre de formation catalan, Piqué lui ne regrette pas cette opportunité qui l’a poussé à quitter le cocon (à une période où la politique de non retour actuelle n’existait pas encore) comme il le confiait à The Players’ Tribune : « Je suis arrivée à Manchester United en petit garçon, j’en suis reparti en homme ». Une homme qui aujourd’hui revient sur ses terres d’apprentissages avec une carrière pleine et un statut d’idole en Catalogne. Une position que le manager écossais a permis en laissant son poulain rentrer au bercail à l’été 2008 : « Je serai toujours reconnaissant envers Sir Alex, qui était comme une second père pour moi, de m’avoir permis de retourner à Barcelone. Il voulait me faire rester, que je me batte pour une place mais il a compris ce que Barcelone signifiait pour moi ».

Se battre pour une place dans le Manchester United de l’époque était en plus de ça un vrai défi. Nemanja Vidic et Rio Ferdinand forme la meilleure défense centrale d’Europe à cet instant et s’apprêtent à s’installer sur le toit de l’Europe avec une troisième Ligue des Champions pour les Red Devils. De cette épopée qu’il vivra en grande partie sur le banc Gerard Piqué en garde pourtant un bon souvenir : « J’étais dans l’ombre de deux grands joueurs mais j’ai pu contribuer à la campagne de Ligue des Champions 2008. J’ai joué trois fois et marqué deux buts ». Bien que non convoqué ce jour là Gerard Piqué se souvient sans doute avec une double émotion de ce soir d’avril 2008 à Old Trafford où son club d’adoption a éliminé son club de cœur. La relance axiale et maladroite de Zambrotta, le golazo de Scholes qui a suivi envoyant les siens en finale mais provoquant la peine en Catalogne.

Manchester United – une seconde maison

Au moment du tirage au sort de cette double confrontation qui nous attend ce soir. Gerard Piqué n’a pas manqué de saluer sur Twitter le club qu’il n’a pas oublié. Anciens coéquipiers Ole Gunnar Solskjaer et Mickael Carrick seront sur le banc rival cette fois, une situation sur laquelle a réagi Geri en conférence de presse d’avant match : « J’avais 17 et lui (Olé Gunnar) faisait parti des vétérans. Il avait des pépins physiques mais sa qualité était perceptible jusqu’aux entraînements. Ça me réjouit de le voir faire du bon travail sur le banc d’Old Trafford ».

Bien que très profondément ancré blaugrana, Piqué garde une attache très forte envers ce club qui lui donné sa chance et l’a vu grandir : « Quand nous avons tiré au sort Manchester United ça m’a fait plaisir. J’ai une affection spécial (pour ce club) et j’espère que tout ira bien pour eux dans le futur, en dehors de cette double confrontation. C’est une rencontre très spéciale pour moi parce qu’ici je suis passé d’enfant à adulte et j’ai beaucoup appris tant sur qu’en dehors du terrain ».

crédits : dailystar.co.uk

Manchester United – déception et coup de pression 

Si aujourd’hui les bons souvenirs occupent une grande partie de la mémoire du défenseur barcelonais, tout n’a pas été si rose du côté d’Old Trafford. Pour devenir un homme les mésaventures sont nécessaires et lui en a connu quelques unes. Souvent décrit comme accro à son téléphone portable par ses coéquipiers lors des fameuses vidéos Barça emojis, cette mauvais habitude l’a bien desservi lors de son passage dans le vestiaire mancunien.

La légende Roy Keane n’a que moyennement apprécié la négligence de son jeune coéquipier lui provoquant une peur dont il se souvient encore aujourd’hui : « Nous attendons que le coach viennent nous parler et je suis littéralement assis à côté de Roy Keane. Le vestiaire est si petit que nos jambes peuvent presque se toucher. Il y a un silence de mort. Tout à coup on peut entendre cette petite vibration. Très leger. Roy regarde dans la pièce. Je réalise que c’est mon téléphone. Roy ne trouve pas d’ou vient le bruit. Il examine la salle comme un maniaque, ses yeux brillent de partout (…) Il crit : à qui est ce téléphone. Silence. Il redemande une deuxième puis une troisième fois. Je réponds comme un petit garçon : je suis vraiment désolé c’est le mien. Roy a perdu la tête. Il est devenu fou devant tout le monde. Je me suis presque fait dessus mais c’était une bonne leçon ».

Une bonne leçon il en a aussi connu sur le terrain. Un match notamment, contre Bolton. Coupable d’une erreur grossière il permet à Nicolas Anelka de marquer et provoque la défaite de son équipe. Lui même parle du moment où il a perdu la confiance de Sir Alex. Un événement qui a sonné comme la fin de l’ère mancunienne dans la tête de Piqué, bien qu’encore soutenu par son coach qui voyait le potentiel en lui. Un match anodin qui est pourtant le point de départ du retour du joueur chez lui en Catalogne. Aujourd’hui il revient sur ses terres de jeunesses avec un tout autre statut. Mais pourtant devenu l’un des plus dignes représentants du Barça, il n’oublie pas que le Gerard Piqué actuel ne serait pas le même sans cette escale du côté du théâtre des rêves, quand l’enfant blaugrana n’était pas encore l’homme mancunien.

Tracy RODRIGO

@tracy_rdg

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