Tactique / Seville 0-1 Valence : Comment Parejo a renvoyé Caparros dans les cordes

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Le Pijzuan était chauffé à blanc. Séville devait l’emporter pour y croire encore et surtout envoyer au tapis un Valence qu’on donnait mort à l’hiver. Au terme d’un match haché et d’une fin de match houleuse, c’est pourtant le club Ché qui sort grand vainqueur de cette confrontation. Retour sur un match où l’équipe la mieux préparé l’a logiquement emportée avec l’aide de @FootEnStats.

Au coup d’envoi, personne n’est vraiment favori. Malgré un retour en forme plus que notable du Valence, les hommes de Marcelino ne sont pas un rouleau compresseur qui asphyxie ses adversaires. Excellent en coupe mais dans le dur en Liga, les Blanquinegros n’avaient pourtant que la victoire dans la tête pour dépasser un adversaire direct au classement. De son côté, Seville en pleine zone de turbulences devait lui aussi l’emporter pour remettre du calme dans l’arrière boutique. Au coup de sifflet final, Parejo et les siens jubilent, Ben Yedder a la mine basse.

Parejo, maître du temps en première mi temps.

Sa saison ressemble à une odyssée grecque. À la cave en début de saison, Dani Parejo a toujours eu la confiance de son coach, depuis fin décembre il rayonne et est le poumon de Valence. Face à Séville, en première période il a ordonné son équipe et lui a donné vie à coup de passes lasers savamment dosées. Le club ché tient le ballon et semble bien mieux organisé. En face Séville est positionné en 442 quand les Andalous n’ont pas le ballon. Banega est excentré mais on le voit peu. Pour ne rien arrangé, quand Séville a le ballon il y a beaucoup de mouvements mais peu de situations créées et surtout un bloc totalement déstructuré à la perte.

Maître des transitions, Valence s’amuse. Amadou bouge beaucoup mais son apport lors des sorties de balle de Séville est décevant. Banega et Navas sont régulièrement activés mais sans grande réussite. Valence prend petit à petit la mesure de son adversaire et ne lui laisse que des miettes. Après plusieurs situations plus que chaudes notamment grâce à un Soler de gala, les hommes de Marcelino vont trouver la faille. Parejo lance parfaitement Gayà qui joue bien le coup. Banega étonnement bas va faucher violemment le latéral dans la surface. Le penalty est logiquement siffle et le capitaine Parejo le transforme en force. Valence est devant à la pause et c’est tout sauf une surprise.

Un collectif contre des individualités

Valence tient le match logiquement. Hormis Navas et Ben Yedder, Seville ne produit rien. Pire encore, collectivement les Andalous sont flous et n’ont pas l’air d’avoir de plan clair. Chacun fait son petit numéro mais il n’y a pas de continuité ni de circuit de passes qui se dégagent. Une impression a l’opposée de ce que dégage Valence.

Pourtant au retour des vestiaires, le match bascule légèrement de l’autre côté. C’est la conjoncture de deux choses qui va permettre de changement dans le match. Tout d’abord Séville va s’ajuster tactiquement. Malgré son match intéressant, Amadou est sorti et c’est Vazquez qui le replace. L’idée est simple pour Caparrós : préserver la sentinelle Gonalons tout en recentrant Banega, Vazquez étant sur le côté mais tourné vers la surface. Ce changement donne plus de cohérence à Séville et sortir bonifie grandement sa sortie de balle même si Gonalons est toujours fantomatique.

De son côté, Valence va jouer avec le frein à main totalement à l’inverse de sa première mi-temps. C’est une constante cette saison avec les hommes de Marcelino, incapable de mettre un deuxième but, Valence recule encore et toujours et s’en remet aux parades exceptionnelles de Neto. Parejo a beau aboyer sur ses coéquipiers, la sanction semble se rapprocher pour le club ché. Une situation qui semble ubuesque tant Valence semblait facile et dominateur en première mi-temps.

Le momentum Gameiro et la fin de match houleuse

Pourtant Valence continue d’être dangereux et Gameiro va même trouve la barre sur une frappe sèche aux alentours de la 70e. Ce sera la dernière grosse situation du Valence dans ce match. Après ce coup de canon qui aurai permis aux hommes de Marcelino de faire le break, ils ne vont plus que défendre et attendre le coup de sifflet final. Cette situation permet à Séville de se rapprocher toujours plus de la surface de Neto sans jamais vraiment réussir à le mettre réellement en danger. La fin de match est accrochée et après une situation litigieuse dans la surface, Seville voit un but lui être refusé.

Comme on le voit sur ce graphique de @FootEnStats, Seville a multiplié les petites situations sans jamais vraiment réussir à en créer une grosse. De son côté, Valence n’en a pas créé plus mais a bien été aidé par ce penalty. Le club ché continue sa marche en avant sans avoir grandement progressé dans le jeu. Toujours aussi solide, la pièce retombe cependant bien plus souvent du côté des hommes de Marcelino qu’en début de saison, et ça se remarque comptablement. Les deux derniers matchs de Séville ont été plus que décevant et l’accident industriel est encore envisageable pour les Andalous.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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