Real Madrid – Sergio Ramos : un personnage légendaire créé entre frasques et performances titanesques

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Le 30 mars dernier, Sergio Ramos fêtait ses 33 ans. L’impression qu’il est là depuis toujours et que les années n’ont pas d’effets sur lui et son style inégalable. Pourtant, sa carrière est plus proche de la fin que du début. Adulé pour son leadership et ses performances, décrié pour son comportement parfois excessif, « SR4 » ne laisse personne indifférent. Furia Liga lui rend aujourd’hui hommage.

Sergio Ramos, c’est l’histoire d’un jeune madrilène d’adoption originaire d’Andalousie qui a conquis la capitale, l’Espagne puis le Monde. Dès ses débuts professionnels à Séville, il impressionne et s’attire les regards des plus grands clubs. En 2005, à 19 ans, il rejoint le Grand Real Madrid. Montant du transfert : 27M. Le ton est donné, l’Histoire d’amour peut commencer.

Sergio Ramos, une carrière légendaire, tout simplement

À son arrivée, Ramos se démarque par sa polyvalence qui l’amène à évoluer à différents postes : latéral, défenseur central et même milieu défensif. Son apport offensif retient également l’attention. En 2007 et 2008, il remporte ses premiers trophées avec le club madrilène en glanant deux Liga consécutives. Les années passent, les entraîneurs changent mais l’Andalou demeure toujours indispensable. Infatigable, il arpente son couloir droit avec personnalité. Rigoureux défensivement, déroutant offensivement, le personnage détonne.

Pourtant lors de la saison 2011-2012, José Mourinho décide de le repositionner en défense centrale. Ce changement tactique marque alors un tournant dans la carrière de l’Espagnol. Indiscutable et indiscuté en tant que latéral droit, changer de poste au pic de sa carrière, représentait un risque non négligeable. Mais, le numéro 4 va se révéler encore plus performant à son nouveau poste, faisant étalage de toutes ses qualités. Science du placement, interceptions, relances, duels physiques, c’était comme si le défenseur était né pour ce rôle. Il devient à nouveau, à un autre poste, une référence mondiale. Il veut marquer l’histoire et il s’en donne les moyens.

Un changement de dimension à l’aube de ses 30 ans 

Malgré un statut confirmé au sein du gratin mondial, tant en club comme en sélection, le joueur doit faire face à l’hégémonie barcelonaise notamment sous l’ère Guardiola. Parallèlement, la recherche infructueuse année après année de la « Decima » mine le club. La défaite ne fait pas partie de son vocabulaire et c’est dans ces échecs qu’il puise sa force et sa détermination.

Loin d’être résigné, « Churu » ne sait pas qu’à l’aube de ses 30 ans, ses plus beaux accomplissements sont à venir. En 2014, il soulève enfin la « Decima » tant attendue avec le Real Madrid. Héros de la soirée, il arrache les prolongations à la 92:48 de la rencontre d’un coup de tête mémorable. Le vent semble avoir tourné et le destin prêt à s’offrir à lui. Dès lors, les années défilent et les trophées s’accumulent en guise de reconnaissance. Dans la peau de capitaine, il soulève 3 fois d’affilés la Ligue des Champions.

À chaque fois, il marque de son empreinte la compétition par ses prestations de haute volée et ses buts victorieux. Être maître de son destin, telle est la volonté de Sergio. 5ème joueur avec le plus de rencontres sous le maillot merengue, 3ème joueur le plus titré, plus de 100 buts en carrière, rien ne peut empêcher le natif de Camas d’assouvir sa quête. Rigueur, sacrifices et acharnements ont fait de lui le joueur complet qu’il est devenu : un physique élégant à la technique raffinée qui sait se montrer rugueux quand il le faut.

Sergio Ramos, un leader tout terrain 

Au-delà de ses caractéristiques footbalistiques, Sergio Ramos se démarque par sa personnalité qui fait de lui un acteur majeur du football espagnol et mondial. À son arrivée au Real Madrid, il choisit à 19 ans de porter le numéro 4 du légendaire Fernando Hierro. Cette haute estime de soi lui a permis de s’imposer dans un vestiaire de galactiques exigeant où il s’est montré d’entrée sûr de lui et décomplexé. À 23 ans, il faisait déjà parti des vices-capitaines du prestigieux club madrilène.

Désormais capitaine du Réal Madrid, il a su prendre le relais, suite au départ de Casillas, en incarnant à merveille les valeurs du « Madridismo » : abnégation, solidarité et succès. Comme en atteste ses nombreux buts dans le temps réglementaire plus communément appelé « la minute Sergio Ramos », il n’abandonne jamais , joue avec son corazon et ses cojones, forçant l’admiration de tous. Toujours à la recherche du succès, il dévoue sa vie à la tunique merengue tel un torero dans une arène, sport qu’il affectionne tout particulièrement par ailleurs.

Crédits : ABC

Sergio Ramos, ne se cache pas, il assume les responsabilités, dans les bons comme dans les mauvais moments. Depuis le départ de Cristiano Ronaldo, c’est lui qui endosse la responsabilité de tirer les penalties pour son équipe. Ses rares absences se remarquent sur le terrain mais il n’est jamais très loin, un lien indéfectible l’unissant à son équipe.
Récemment, il a publié sur ses réseaux sociaux, un communiqué reprenant un par un les problèmes actuels le concernant ou visant son club. Il sait ce que représente le brassard merengue et les exigences qui vont avec. Il ne joue pas de rôle, si ce n’est le sien. Son unique but est de défendre l’interêt du Real Madrid car il symbolise le Real Madrid.

Une institution en Espagne

Le leadership de Sergio Ramos ne se limite pas qu’au terrain. Avec sa solide expérience au sein de la Maison Blanche, il a acquis une légitimité qui s’exporte au-delà des terrains. Sa voix est très importante dans les prises de décisions de son club et de sa sélection. Même s’il nie une telle influence, son avis a pesé pour le maintien de Lopetegui ou le retour de Zidane, tout comme son opposition au recrutement d’un entraineur comme Mourinho ou Conte, qu’il jugeait trop éloigné des valeurs madrilènes. Chacune de ses déclarations n’est pas anodine mais bien calculée, de sorte qu’il incarne le seul contre-pouvoir face à son président Florentino Perez.

Rayonnant avec le Real Madrid, Sergio Ramos l’est tout autant en sélection. Il honore sa première cap avec l’Espagne en 2005, à tout juste 19 ans, un an après avoir soulevé l’Euro avec les U19. Comme en club, il s’affirme rapidement comme un titulaire indiscutable et à 20 ans, il dispute sa première Coupe du Monde. Mais c’est lors des compétitions internationales suivantes qu’il fait l’Histoire de la Roja en réalisant le triplé Euro 2008-CDM 2010-Euro 2012. Toujours maître de son destin, il est nommé à chaque fois dans l’équipe-type de la compétition. Avec 163 sélections au compteur, il n’est qu’à 4 longueurs seulement du recordman Iker Casillas. Nul doute qu’il fera tomber ce record tôt ou tard.

En sélection, en tant que capitaine, il représente politiquement l’Espagne unifiée face aux catalans présumés indépendantistes comme Piqué. Proche du roi, il plaide pour une Espagne rassemblée qu’il souhaite fédérer autour de la Roja. « Chuqui » n’est pas n’importe qui et il suffira de constater le vide qu’il laissera lorsqu’il partira pour qu’on se rende compte à quel point son influence fut grande.

Des frasques qui émaillent sa carrière mais renforcent sa réputation 

Référence mondiale à son poste, palmarès bien garni, capitaine en club et en sélection, Sergio Ramos devrait avoir tout pour faire l’unanimité. Pourtant, les polémiques à son sujet sont légions. On lui reproche notamment, un comportement anti-sportif récurrent sur le terrain, entre fautes vicieuses (Salah, Karius) et tacles violents délibérés (Messi). On ne peut donner difficilement tort à ses détracteurs quand on sait que l’Espagnol détient le triste record du plus grand nombre d’avertissements en Liga et en Ligue des Champions.

Récemment, il s’est fait remarquer pour avoir reçu volontairement un carton jaune afin de ne pas être suspendu en cas de potentiel 1/4 de final. Au-delà de ça, certains aspects de sa personnalité qui font sa force nuisent à son jeu. En effet, sa trop grande confiance en lui entraîne des sauts de concentration et lui font commettre des fautes inutiles. Comme si, il estimait n’être fait que pour les joutes de prestige et non pas pour les oppositions de moindre importance. Heureusement, son ambition le rappelle à l’ordre et lui fait reprendre sa marche en avant.

Ramos, défenseur légendaire ou pas alors ? 

« Mythe et légende ». Ces mots viennent du Président du Real Madrid, Florentino Perez, pour qualifier son capitaine. Les termes employés sont forts mais témoignent de la dimension prise année après année par Sergio Ramos. Il est devenu une figure emblématique du plus grand club de l’Histoire de son sport et un des principaux artisans de l’âge d’or de la sélection de son pays. Alors que sa carrière n’est pas encore terminée et que d’autres couronnements viendront l’agrémenter, on peut d’or et déjà prendre du recul sur ce qu’il a accompli.

Cette semaine, Luis Figo, lauréat en 2000, a déclaré que Ramos méritait un Ballon d’Or pour l’ensemble de son oeuvre, son meilleur classement étant jusque-là une 6ème place en 2017.Handicapé par son poste de défenseur qui réduit injustement ses chances, il est vrai qu’une telle récompense viendrait couronner une destinée d’efforts et de sacrifices. À regarder de plus près, très peu de défenseurs peuvent se targuer de faire mieux que lui, tant sur le plan footballistique qu’au niveau du palmarès. Beckenbaeur, Maldini, Baresi, Bobby Moore, chacun possède ses atouts mais objectivement, ranger Sergio Ramos parmi ses grands noms ne seraient pas immérité.

En tout cas les supporters ne peuvent que le remercier pour toutes les émotions vécues jusqu’ici, et encore joyeux anniversaire !

Melvil Chirouze 

@iamxmelvil

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