Tactique / Liga – Séville 2-4 Barça : comment le Barça de Messi a gagné la bataille tactique face au FC Séville de Pablo Machin

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Dans une cadence effrénée imposée par les hommes de Pablo Machin au Sanchez Pizjuan, le Barça d’abord déconnecté défensivement s’en est remis à son éternel génie pour renverser une rencontre au départ loin d’être gagnée. Voici ce qu’il faut retenir de ce duel remporté par un extraterrestre venu une nouvelle fois danser sur la planète football.

Capable d’enfiler un costume de héros et de leader, Messi est également celui qui va camoufler les après-midis moins brillants de son équipe. Ce fut le cas à Séville, où le score final pourtant sans appel ne reflète pas la performance réelle effectuée par les Catalans. Une nouvelle démonstration magistrale de la Pulga a sauvé le Barça très vite pris à la gorge par une équipe andalouse désireuse de créer l’exploit face au leader du championnat. Mais voilà, malgré des largesses défensives catalanes et un Valverde toujours aussi peu convaincant tactiquement -au contraire d’un Pablo Machin plus intelligent en première période- Leo Messi, mué en étoile filante, a éclairci un ciel quelque peu assombri.

Le plan pourtant parfait de Pablo Machin

56 secondes. C’est le temps qu’il aura fallu aux Andalous pour avertir les Blaugrana que l’après-midi ne serait pas si tranquille sur leur pelouse. En première période, les Catalans ont dû se frotter à un véritable casse tête. Très vite, les Blanquirrojos se sont montrés très agressif et ont joué vers l’avant avec une vitesse d’exécution surprenante. Pablo Machin avait tout prévu en première période et son plan a parfaitement fonctionné. Alors que l’attaque du Barça était basée sur des prouesses individuelles à l’image de la Pulga, les joueurs de Séville s’infiltraient en masse dans la moitié de terrain adverse. Les Andalous attaquaient l’espace laissé par les défenseurs catalans, Promes et Jesus Navas rendant impossible les mouvements de Jordi Alba, Ben Yedder et Sarabia quant à eux libres de s’exprimer et de combiner. Pablo Machin a su s’adapter parfaitement passant d’un 4-4-2 avec un bloc moyen-bas, Wober-Promes et Mercado-Navas pour réguler et faire se projeter le jeu, à un 3-4-3 avec Promes et Sarabia pour générer la supériorité contre Semedo et Jordi Alba. L’occupation des espaces dans les transitions a été également efficace, avec Promes et Sarabia capables de créer le jeu et de punir la défense catalane.

Le Barça en panne …

Coupé en deux blocs, le Barça dépourvu d’animation offensive et collective peine à résister. Si les deux équipes souffrent sur les transitions défensives, seul le Barça a commis le plus d’erreurs individuelles, Umtiti de retour peut-être trop tôt. Offensivement, les inspirations géniales de Leo Messi ont sauvé l’attaque du Barça dépourvue de créatifs capables de créer le danger. Luis Suarez a été incapable de garantir une quelconque qualité lors de mouvements courts notamment dans des situations où il fallait se montrer agressif, Coutinho est quant à lui resté invisible. Tactiquement, Valverde continue lui d’inquiéter dans ses choix. Positionné milieu relayeur avec Rakitic, Vidal n’a pas convaincu. Incapable de tenir le ballon, le Chilien a souvent été placé trop haut sur le terrain. Incapable de créer de l’espace avec un jeu de passe correct, c’est de nouveau un Barça bien morne dans le jeu qui a affronté des Andalous souvent plus inspirés.

… Messi pour relancer la machine

Après avoir épuisé toutes ses ressources pour se relever, le génie argentin a permis à son équipe de mieux appréhender la seconde période d’une rencontre étouffante et très compliquée techniquement. En seconde période les rôles ont été quelques peu inversés. A la surprise générale et malgré un Barça plus que moyen, le duel tactique a penché en faveur du tacticien catalan Ernesto Valverde. Repositionné en 4-3-2-1, l’équipe catalane se montre un peu plus convaincante. Exit Semedo et Vidal, Sergi Roberto et Dembélé ont fait leur entrée en jeu pour défaire le tissu conçu par Pablo Machin. Malgré une réponse immédiate du coach de l’équipe andalouse avec l’entrée de Franco Vazquez, Séville n’a pas résisté longtemps. Quelques minutes ont suffit à Dembélé pour déséquilibrer la défense adverse, le Français offrant plus de possibilité à ses coéquipiers et Messi, que Coutinho sur tout le mois dernier.

Devenu trop timide, à force de se contenter d’attendre et de subir, Séville a été puni par un Messi des grands jours. Replacé arrière gauche, Promes apportait notamment moins de profondeur au jeu andalou, laissant Ben Yedder et Sarabia bien trop seuls. Revigorée grâce à son patron sud-américain, le Barça est allé de l’avant et n’a laissé aucune chance à son adversaire. À l’instar de Rakitic capable de remonter tout le terrain, l’équipe azulgrana a appréhendé avec panache la dernière ligne droite de cette rencontre dictée par les inspirations incroyables de Leo Messi. L’Argentin a mis fin à ce duel compliqué allant jusqu’à redonner confiance à Suarez auteur du but de la victoire.

Le monstre qui fait cauchemarder tant d’équipes réveille les passions, les augmentent, mais surtout arrive de façon surnaturelle à maintenir à lui seul son équipe au sommet. Le Barça de Valverde a perdu ce match, mais Messi l’a gagné, presqu’à lui tout seul, un classique pour lui.

Soledad Arque-Vazquez

@solearquev

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