Betis – À la découverte de Diego Lainez, « la Pulga » mexicaine

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Crédits Photos : Archivo Esto

Nouvelle pépite acquise par le Betis cet hiver, Diego Lainez sera sûrement l’un des joueurs à suivre en cette seconde partie de saison. Véritable sensation du football mexicain, zoom sur cet attaquant déjà comparé à Messi et qui, à seulement 18 ans, pourrait bien affoler les pelouses de Liga.

Il faut toujours de belles histoires dans le football. Celles qui font la beauté d’une grande compétition. Diego Lainez arrive en Espagne et en Liga au Bétis avec un conte de fée déjà écrit. C’est l’histoire d’un gamin qui, à seulement 18 ans et 7 mois, est devenu l’un des plus jeunes joueurs de son pays à avoir fait son entrée dans le championnat espagnol derrière Carlos Vela et Giovanni dos Santos. Talent précoce, le jeune attaquant impressionne déjà par sa maturité au point d’être une star montante dans son pays natal, le Mexique. Cinquième plus jeune joueur mexicain à porter le maillot national pour la première fois le 7 septembre 2018 contre l’Uruguay en match amical en jouant une grosse vingtaine minute, Diego Lainez attise les curiosités. D’autant que les superlatifs ne manquent pas à son égard. Au Mexique, certains n’hésitent pas à le surnommer le « Messi Mexicain ». S’il est trop tôt pour tirer de telles conclusions, ce joueur est-il vraiment la star de demain du football mexicain ?

Rapide ascension 

Né le 9 juin 2000 à Villahermosa, la capitale de l’état de Tabasco, au Mexique, Diego Lainez cède très tôt aux sirènes du ballon rond. C’est à l’âge de quatre ans qu’il a effectué ses premières passes accompagné de son père dans le club des Lagartos de Tabasco. Très vite, il attire l’œil des clubs professionnels et débute sa carrière dans le club de Pachuca où joue déjà son frère, Mauro Lainez. Jeune ambitieux, Diego n’a pourtant qu’un seul rêve en tête, rejoindre le Club America, son club de cœur. A seulement douze ans, il quitte Villahermosa pour rejoindre Mexico à plus de huit-cent kilomètres de sa ville natale pour rejoindre l’académie de CF América en 2012.

Crédits Photos : Imago7

C’est dans ce grand club pourvoyeur de talents que Lainez a fait ses premiers pas en tant que footballeur professionnel repéré et encouragé par Ricardo La Volpe, le 1er mars 2017 à l’âge de 16 ans contre l’équipe du Santos Laguna. Au terme de cette première saison, le Mexicain a été huit fois titulaire sur onze rencontres disputées et a cumulé plus de six-cent minutes de jeu pour 2 passes décisives. Lors de sa deuxième saison chez les pro, Diego Lainez continue d’impressionner malgré un changement d’entraîneur, La Volpe cédant sa place à Miguel Herrera. L’attaquant a pu jouer 22 matches, dont dix en tant que titulaire et a cumulé plus de mille minutes de jeu. Devenu titulaire indiscutable, au début de la saison 2018/2019, lors d’une rencontre face à son ancien club le Pachuca, il a inscrit ses premiers buts avec le Club America, le 4 août 2018, une performance historique car il est devenu le plus jeune joueur à inscrire un doublé avec ce club en Liga MX.

« Diego Lainez a le mental, le caractère et en plus la technique. Parfois le poids du maillot est trop lourd mais cela ne l’a pas freiné lorsque je l’ai mis dans ce match de coupe contre Santos Laguna. Dans un match qui s’est avéré difficile contre LEÓn, il a su apporter cette clarté et ce talent malgré la difficulté du match et à partir de là il a continué à grandir. » Ricardo La Volpe

Son ascension avec les équipes nationales du Mexique ont été également fulgurantes et c’est notamment lors du mondial U17 et du Tournoi de Toulon en 2018 que l’attaquant a fait parler son talent. Ses premiers pas sous le maillot mexicain ont laissé de très belles traces et les observateurs en étaient certains, celui qui était déjà appelé en équipe nationale chez les U15 est promis à un avenir glorieux. Décisif, il a participé à la totalité des matches du mondial avec le Mexique et a marqué à deux reprises. Lors du Tournoi de Toulon, Lainez a été élu meilleur joueur de la compétition malgré un échec en finale face à l’Angleterre. Le jeune mexicain a pris du galon et a inauguré plus tard ses premières caps avec la sélection d’El Tri lors notamment d’une rencontre amical, un « derby » extrêmement électrique face aux Etats-Unis.

Petite taille, énorme grinta

Pourtant méconnu du grand public, le petit diamant mexicain a explosé aux yeux des supporters internationaux pendant ce match en tenant tête à Matt Miazga, défenseur central nantais, 26 centimètres de plus que lui. Un petit héros par la taille est né doté d’une énorme grinta à l’image du football de son pays.

1m67 seulement pour 58kg. Des joueurs comme Messi, Roberto Carlos ou encore Maradona vous le diront, les plus petits sont les plus dangereux. Doté de grandes facultés balle au pied, Diego Lainez est un véritable cauchemar pour ses adversaires. Son agilité et sa dextérité lui permettent de manier le ballon comme il l’entend. Sa capacité à conserver la balle proche de son pied lors de ses courses infernales le rend imprévisible. Avec beaucoup de touches de balle et une cadence rythmée, il élimine ses adversaires directs même dans des situations compliquées. Joueur polyvalent, Diego Lainez, ailier gauche peut aussi évoluer à droite et même en tant que n°10.

L’Espagne pour progresser

Son pied gauche et sa vista font de lui une arme fatale pour ses coéquipiers. Toutefois, comme beaucoup de joueurs à l’aise balle au pied, Diego Lainez peut se montrer égoïste et oublier ses coéquipiers dans les zones décisives. S’il énerve ses adversaires avec son style, le jeune joueur est capable de garder son sang froid et sait ne pas réagir aux provocations de ses adversaires. A seulement 18 ans, Diego Lainez devra être régulier et encore progresser, notamment se montrer plus précis dans le dernier geste et dans le domaine aérien. Défensivement, le joueur a également de gros efforts à fournir.

Dribbleur hors pair et qui adore les petits espaces, Lainez devrait bien s’acclimater en Espagne et pourrait bien être la nouvelle pièce maîtresse offensive du Bétis. Un joueur à ne pas lâcher des yeux.

Soledad Arque-Vazquez
@solearquev

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