Sergi Darder, figure du nouvel Espanyol

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Débarqué à la fin de l’été dernier en Catalogne, Sergi Darder a connu une première saison compliquée, à l’image de son club. Ne trouvant pas sa place dans un collectif faiblard, pas forcément mis à son poste, le Majorquin n’a pu montrer que rarement tout son potentiel. L’arrivée de Rubi, coach aux idéaux en adéquation avec le profil de l’ancien Lyonnais, semble cependant avoir changé la donne.

Girona, 22 avril dernier. Après six mois en demi-teinte, Sergi Darder délivre ses deux premières passes décisives de la saison pour Gerard Moreno, dans un match très important pour l’Espanyol. Dans la semaine, l’entraîneur du club Quique Sanchez Flores avait été limogé, et remplacé par l’entraîneur de la réserve, David Gallego. Cette victoire a permis au club catalan d’écarter tout risque de descente. La fin de saison du milieu relayeur, au sein d’une équipe davantage tournée vers l’offensive sera plus enthousiasmante que ses premiers mois timides. Il faut dire que la philosophie de QSF, tout autant que la dynamique de l’Espanyol, n’était pas faite pour mettre en avant ses qualités. Le projet de jeu défensif, et de contre-attaque rapide, n’était pas propice au jeu d’un milieu créatif, qui aime multiplier les touches de balles. Symbole de l’incohérence de son utilisation, Darder a même joué un bon nombre de matchs en tant qu’ailier, poste qui ne correspond en rien à son profil.

Rubi-Darder, gagnant-gagnant

L’arrivée de David Gallego a donc redonné un coup de boost à la saison du Majorquin, également passeur face à Malaga (4-1). Dans le sillage d’un très bon Gerard Moreno, les Catalans finissent la saison avec cinq victoires en six matchs. Toutefois, la direction du club veut entamer un nouveau cycle avec un nouvel homme fort pour mener le projet. Après avoir fait des miracles à Huesca, Rubi est le nouvel homme fort de l’Espanyol. Entraîneur aux principes ambitieux, adepte du jeu de position, il compte transformer le jeu de l’Espanyol, bousculant totalement la proposition de jeu de l’équipe. Cela s’est vu dès les premiers matchs de préparation : un bloc équipe plus haut, une possession plus importante, une multiplication des offensives… L’Espanyol n’a, déjà, plus rien à voir avec l’équipe soporifique de la saison dernière.

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Ce changement de philosophie est une aubaine pour Darder. Dans un style qui lui convient à merveille, il peut multiplier les touches de balle, organiser le jeu, impacter le rythme : devenir le métronome de son équipe. Le jeu passe par lui. Ainsi, il est le réel meneur de tout l’aspect offensif du nouvel Espanyol. La liberté que lui accorde Rubi, associé au changement d’identité de jeu, et au passage à un système en 4-3-3 idéal pour ses qualités, libère totalement l’ancien lyonnais. Son placement entre les lignes, son sens de la passe et, fait inédit, du but s’en retrouve mis en valeur. Avec trois buts et deux passes, il a été le joueur le plus décisif de la préparation.

Crédits : MundoDeportivo

Si l’arrivée de Rubi a changé Darder, la présence de du milieu relayeur dans l’effectif perico offre une possibilité immense à Rubi de mettre en place sa philosophie. En effet, Darder est un joueur unique par son profil au sein du club catalan : si ce dernier dispose de joueurs de qualités comme Piatti, Melendo, Baptistao ou encore Diego Lopez, aucun n’a la qualité créative du milieu espagnol, ni sa capacité à dicter le rythme du match. Il est donc l’atout principal de Rubi dans la mise en place de sa proposition de jeu, c’est lui qui lui en offre la possibilité.

Le « Darderismo », symbole d’un club en demande d’ambition

Au-delà de ses bonnes performances sur le terrain, l’ancien lyonnais a également marqué la pré-saison de l’Espanyol par une déclaration. « On veut gagner la Liga, a-t-il déclaré avant d’ajouter. On sait qu’il y a 99,9% de chances que ce soit impossible, mais on veut avoir des objectifs ambitieux. On se rendra peut-être compte que nous ne sommes qu’une équipe normale, mais pour l’instant on pense que nous sommes les meilleurs. ». Une sortie raillée par les supporteurs et médias adverses, mais fortement appréciée chez les supporters pericos qui y voient un signe fort d’ambition. Il faut dire que cette attitude tranche avec le défaitisme du club l’an passé, et notamment de son entraîneur, Quique Sanchez Flores qui assurait ne pouvoir faire mieux que de se battre pour le maintien.

Ce sursaut d’ambition plaît donc fortement à toute la sphère gravitant autour de l’Espanyol qui a lancé le Darderismo. Un slogan initié par les supporteurs, et aussitôt repris par le club, et les médias locaux traitant de l’actualité du club catalan ; qui tend à devenir la nouvelle identité perica pour la saison à venir : plus d’ambitions, plus de jeu, plus de plaisir.

Crédits : El Pais

En quête de régularité

Mais à l’image de son club justement, Sergi Darder a encore une grosse marge de progression. A bientôt 25 ans, il manque de la régularité à l’ancien Lyonnais pour s’installer comme l’un des meilleurs milieux de terrain de son championnat. En effet, il n’a pas réalisé une saison pleine dans le jeu depuis son départ de Malaga, et enchaîne les bonnes périodes (comme ses six mois de grande qualité lors de sa première saison lyonnaise) aux passes plus compliquées (comme l’année suivante). De plus, il a tendance également à disparaître à certains moments des matchs, influant moins sur le jeu, devant plus discret. A lui désormais de gagner en régularité, pour sa réussite personnelle, et pour faire franchir un palier à l’Espanyol.

CARRENCOTTE Dylan

@Centro_Camp

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